Noëlla Champagne

Charte des valeurs: Noëlla Champagne aux premières loges

La députée de Champlain, Noëlla Champagne, sera aux premières loges dès mercredi pour l'ouverture de la très attendue commission parlementaire sur le projet de loi 60, sur la charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l'État ainsi que d'égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d'accommodement. Mme Champagne a en effet été désignée membre de cette commission par son parti et y siégera pour toute la durée des travaux.
Au cours des prochaines semaines, ce sont tout près de 215 personnes ou groupes d'intérêts qui défileront devant les députés assignés à cette commission afin de présenter leur mémoire et d'échanger avec la commission sur la question de la laïcité de l'État, des accommodements religieux, de valeurs d'égalité et du port de signes qualifiés d'ostentatoires. En tout, plus de 250 mémoires ont été soumis à la commission, mais certains n'ont pas demandé à être entendus publiquement.
Pour Noëlla Champagne, il y aura deux mots d'ordre à respecter au cours de cet exercice, qui s'annonce long: respect et écoute. «Il ne faut pas tomber dans le piège du jugement. Si on juge au lieu d'échanger, on n'arrivera à rien. Les gens ont le droit de donner leur opinion, mais toujours dans le respect de l'opinion de l'autre», souligne-t-elle.
Celle qui, à l'instar de ses collègues du Parti québécois, se range derrière le projet de charte, s'attend tout de même que la commission parlementaire puisse mener à des modifications ou des bonifications du projet de loi.
«Ne rejetons rien! Ce serait malhabile de partir avec des idées préconçues. C'est un débat qui s'annonce émotif, car il est question de valeurs de société, mais c'est aussi, à mon avis, un débat qui devrait permettre au Québec de grandir», ajoute la députée de Champlain, qui avoue adorer son travail de députée pour y avoir l'opportunité de venir ajouter son grain de sel dans un débat aussi important.
La commission, qui sera présidée par son collègue Luc Ferland, sera suivie par douze députés provenant de tous les partis. À tour de rôle, les citoyens ou groupes d'intérêts ayant déposé des mémoires auront une heure pour comparaître. Dans ce temps, 20 minutes seront consacrées à la présentation du mémoire, 20 minutes aux échanges avec le parti au pouvoir et 20 minutes aux échanges avec les représentants des partis d'opposition.
Chaque député siégeant sur cette commission se doit d'avoir lu tous les mémoires qui seront présentés. «C'est un travail prenant, demandant au niveau de la concentration, mais ça fait partie du défi. Nous avons l'obligation d'entendre toute personne qui désire se faire entendre», rappelle Noëlla Champagne.
D'ici à la fin du mois de janvier, tous les mardis, mercredis et jeudis seront consacrés à la commission parlementaire. Par la suite, le calendrier n'a pas encore été arrêté, mais un total de plus ou moins 215 heures de comparutions est à prévoir d'ici la fin des travaux.