Pour Charles Hamelin, il s'agit d'une quatrième médaille olympique.

Chapeau à Hamelin et Bilodeau!

Charles Hamelin et Alexandre Bilodeau oeuvrent dans des disciplines différentes, mais lundi, les deux Québécois ont démontré la même force de caractère. C'était beau à voir!
Alexandre Bilodeau, 26 ans, est devenu le premier bosseur à défendre avec succès son titre olympique en remportant l'épreuve des bosses des Jeux de Sotchi.
Je connais Charles depuis plusieurs années. S'il n'est pas le meilleur technicien sur la glace, il figure sans contredit comme l'athlète le plus en forme de son sport et il l'a encore prouvé lors de la finale du 1500m.
Dans mon évaluation, je l'ai toujours considéré comme le favori, je suis donc étonné d'entendre certaines personnes parler d'une surprise dans son cas. À mon avis, on louange trop les Coréens, qui ne sont plus l'ombre d'eux-mêmes. Ils ne travaillent pas aussi bien que Charles et la route vers Pyeongchang s'annonce ardue pour eux.
D'ailleurs, je pense que Charles avait encore du gaz dans son réservoir: je ne suis pas certain qu'il a poussé la machine tant que ça. Ça prouve qu'il est un athlète d'exception!
Je suis d'autant plus heureux pour lui que cette prestation vient effacer l'immense déception de Vancouver 2010, quand il a terminé au pied du podium avec son frère sur la distance du 1000m. C'était pas chic. Mais il a beaucoup appris et à l'instar de Bilodeau en ski acrobatique, il se présente dans les grandes occasions et quand la pression est au rendez-vous.
En patinage de vitesse, trois aspects font foi de tout: la technique, le physique et la force mentale. Charles se hisse au sommet dans deux des trois catégories.
Au sein de notre équipe italienne, Arianna Fontana sur 500m et notre formation du relais féminin sont parvenues à se qualifier pour la prochaine étape. Dans ces deux cas, nous avons d'excellentes chances de médailles. Nous sommes particulièrement fiers de notre relais car on a réussi à distancer les Hollandaises, qui ont été disqualifiées.
Vous ne pouvez pas imaginer à quel point nos deux équipes se détestent! Il s'agit d'une véritable guerre psychologique et ça dure depuis des années. Les filles se battraient pour une médaille ou la 22e place contre les Pays-Bas que l'enjeu serait aussi important. C'est une question d'orgueil! Un poids énorme vient donc de tomber et la finale ne sera disputée que dans une semaine. Les filles seront plus relaxes en sachant qu'elles demeurent parmi les favorites.
On passe beaucoup de temps à l'aréna: quand ce n'est pas pour les courses, c'est pour les entraînements. J'ai vu depuis le début des Jeux l'ex-médaillé olympique Apolo Anton Ohno, qui est devenu analyste pour le réseau américain NBC. Steven Bradbury, l'Australien champion du 1000m en 2002 qui avait profité de la chute de quatre adversaires pour filer vers la victoire, commente aussi les activités à Sotchi pour une station de son pays. C'est bien de renouer avec eux!
Quand nous quittons les complexes sportifs, il y a toujours beaucoup d'animation dans le parc olympique. Ça ressemble à un festival d'été, un méga party auxquels sont conviés tous les athlètes et les spectateurs. À 15 degrés Celsius, c'est encore plus le fun!
Depuis le début des Jeux, on s'amuse aussi dans ce qu'on a appelé la «guerre des vélos». Puisqu'il faut marcher entre 300 et 400 mètres de notre site d'hébergement jusqu'à l'aréna, des athlètes ont commencé à jouer des tours en volant les bicyclettes mises à la disposition de tous pour se déplacer. Que voulez-vous, il y en a des plus paresseux que d'autres, même aux Jeux olympiques!
Propos recueillis par Louis-Simon Gauthier