«C'est clair que la région voit poindre un deuxième Gentilly. On mange notre volée.» - Noëlla Champagne

Champagne se défend d'être plus ouverte d'esprit que Drainville

Alors que plusieurs observateurs dénoncent le fait que le ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne Bernard Drainville, soit arrivé à la Commission sur la charte de la laïcité très campé sur ses positions, - le ministre a indiqué d'entrée de jeu qu'il n'était pas question que le gouvernement recule sur son projet d'interdire aux employés de l'État de porter des signes religieux - la députée de Champlain, Noëlla Champagne, assure que l'exercice n'est pas bidon pour autant, sinon elle n'y prendrait pas part.
Elle ajoute que le ministre ne restera pas sourd à certains arguments qui pourraient être répétitifs. «Il ne met pas toutes ses cartes sur la table, croit-elle. Est-ce que Bernard se montre trop campé ou trop rigide? s'interroge-t-elle, sans vraiment répondre à la question. Moi, je suis convaincue qu'en bout de piste, il faut avoir des règles claires et un projet de loi qui tienne la route.
Par contre, sur les signes ostentatoires, ça va prendre des arguments de taille pour faire des compromis. Suis-je sur la même longueur d'onde avec le ministre? Je réponds que je n'ai jamais eu de dissensions», assure-t-elle, en réponse à certains médias qui soutenaient qu'elle arrivait en commission avec l'esprit beaucoup plus ouvert que celui de son collègue.
«On est revenus déjà sur certains points, comme le port de signes ostentatoires chez des élus, se défend-elle. Je maintiens ce que j'ai dit: je suis en commission parlementaire dans une attitude d'écoute. J'ai toujours été respectueuse, je ne changerai pas. Est-ce que Bernard est trop rigide? s'interroge-t-elle à nouveau. Il doit écouter avant d'agir. Son attitude est la sienne. Mais s'il y a un homme de compromis et ouvert, c'est lui.
On ne veut pas perdre notre temps pour s'amuser à perdre notre temps. Quand on écoute le ministre comme il faut, on comprend que Bernard ne veut pas laisser d'ouverture maintenant. Il se retranche derrière un mutisme de bon aloi. S'il commence à "mettre du slack dans la poulie" maintenant, ça ne marchera pas. Je ne veux pas de ça moi non plus.»
La députée soutient toujours que si à la fin de la commission, il se trouvait suffisamment d'éléments qui la heurtent, elle réclamera une bonne discussion entre les membres de la commission et le ministre. «Je demeure confiante qu'il y aura une discussion saine, sinon je quitterais cette commission en courant.»
En terminant, Mme Champagnea voulu répondre aux critiques et s'est informée sur la façon dont on avait établi l'ordre des personnes qui se présentent devant la commission. «La liste a été établie par ordre d'arrivée des mémoires, point à la ligne. J'ai posé la question. On n'a pas pesé les positions pour ou contre la charte», a-t-elle conclu, alors que des commentateurs de la scène politique avaient prétendu le contraire.