La députée sortante de Champlain, Noëlla Champagne, s'est dit consciente que la bataille électorale commence d'abord dans chaque circonscription et a répété que l'actuelle campagne n'est pas référendaire.

Ce n'est pas Péladeau qui va mener le Québec, déclare la députée péquiste Noëlla Champagne

C'est une Noëlla Champagne en feu, «enragée» selon ses propres termes, qui rencontrait la presse, vendredi, pour parler des enjeux locaux de sa campagne électorale.
Visiblement très déçue elle aussi par la tournure référendaire qu'a pris la campagne électorale depuis l'arrivée du magnat de la presse Pierre Karl Péladeau au Parti québécois, la députée sortante a tenté de ramener l'élection sur les «vrais enjeux».
Toutefois, la passionnaria de Champlain n'a pu s'empêcher de confier qu'elle avait en elle «un sentiment de rage face aux moyens utilisés pour faire peur aux gens (avec l'indépendance)». Et les appels de personnes retraitées inquiètes pour leur pension qu'elle affirme avoir reçus à son bureau n'ont rien fait pour calmer les choses.
La députée s'est aussi lancée à la défense de sa chef, Pauline Marois, affirmant qu'elle était une femme déterminée capable de s'imposer, tout comme plusieurs autres ministres du cabinet devant une personnalité aussi forte que M. Péladeau.
«C'est sûr que c'est un chef d'entreprise. On n'en fera pas un second violon. Ce sera toujours un leader mais qui accepte d'entrer dans l'équipe de Pauline Marois. Son chef, c'est Pauline Marois. Elle ne lui a pas demandé d'être son toutou. Voyons-donc! Mais ce n'est pas lui qui va mener le Québec», a-t-elle martelé les yeux en feu.
La première rencontre de presse de la députée sortante portait sur l'emploi et l'économie régionale en difficulté. Mme Champagne a illustré la situation que traverse la région en rappelant que son bureau de comté était situé entre feu Aleris et... un salon funéraire. «Ça vous donne-tu une idée?» a-t-elle ironisé, en confiant qu'elle recevait encore à son bureau d'ex-travailleurs de la défunte usine toujours à la recherche d'emploi.
Elle a toutefois minimisé la responsabilité du dernier gouvernement péquiste dans cette situation en rappelant que le taux de chômage avait toujours été relativement élevé, «et ce, depuis les années 80».
Mais la candidate péquiste reste quand même optimiste quant à l'avenir. «Ce qui a toujours manqué au Québec depuis fort longtemps, c'est une véritable politique industrielle. Le gouvernement du Parti québécois a développé une telle politique. Nous devons relancer le secteur économique et faire face à la nouvelle donne mondiale. Nous avons l'obligation de moderniser nos entreprises, de mieux les équiper avec les technologies de pointe. Il faut les aider à grandir, à innover et à exporter. Notre politique repose sur trois axes: moderniser et verdir les entreprises manufacturières; favoriser l'émergence de nouveaux fleurons et appuyer l'innovation, de l'idée à la commercialisation».
La candidate péquiste dans Champlain s'est réjouie que des entreprises de cette circonscription aient pu profiter du Fonds de diversification économique mis sur pied après la fermeture de la centrale nucléaire. Elle a énuméré Marmen, ADF Diesel, Rosaire Tessier et Services mécanique industrielle.
«Ce n'est qu'un début, on nous a mentionné que des dizaines de projets sont en attente à cause de la campagne électorale, a-t-elle affirmé. Ce fonds est unique parce qu'il est consacré à la Mauricie, particulièrement le Grand Trois-Rivières et Bécancour. Seulement 25 millions $ sont actuellement investis et 649 emplois ont déjà été créés en moins de 18 mois.»
Mme Champagne a déploré le peu de retentissement qu'a eu la Politique nationale de la recherche et de l'innovation, dévoilée en octobre dernier et qui est en lien direct avec la Politique industrielle.
«Ici, à Trois-Rivières, le centre collégial de transfert de technologie du Cégep et le technocentre d'IDÉ de Trois-Rivières sont déjà forts actifs et prometteurs. Les maillages avec les entreprises doivent se renforcer et se multiplier et c'est précisément ce que vise notre politique, a-t-elle confié. Le gouvernement du Parti québécois mettra aussi en place une politique québécoise de l'entrepreneuriat. Nous savons que c'est un des défis en Mauricie que de susciter l'entrepreneuriat».
Andrew D'Amours en rigole
Pendant que Noëlla Champagne contient sa colère face au dérapage de la campagne électorale en campagne référendaire, son jeune adversaire caquiste Andrew D'Amours rigole franchement.
«Honnêtement, je suis abasourdi par les propos de Mme Champagne qui ne veut pas parler de séparation. Remarquez, c'est aussi ce que j'entends sur le terrain. Les gens ne veulent pas de référendum. C'est sans doute pour cela qu'elle ne veut pas en parler. Le problème, c'est qu'elle n'est pas dans le bon parti, souligne le jeune homme en réprimant un fou rire. Il faudrait qu'elle s'en rende compte. L'article numéro un de son parti, C'EST la souveraineté. Renie-t-elle ses convictions souverainistes? Il faudrait qu'elle le dise clairement.»
M. D'Amours soutient que ce qu'il constate sur le terrain, c'est que «les gens sont rendus un peu mêlés» et qu'ils ne savent plus s'ils auront un référendum ou non en votant pour le Parti québécois.
«Moi, je pense que les gens qui sont préoccupés surtout d'économie seraient mieux de voter pour le parti le plus crédible à ce moment-là. Et ce parti, c'est la Coalition avenir Québec. Alors qu'elle change de parti. C'est ahurissant qu'elle ne veuille plus parler de souveraineté alors que Pierre Karl Péladeau et son parti ne parlent que de ça. C'est vraiment ahurissant!»