Baie-Comeau devrait logiquement renverser les Cataractes à compter de vendredi soir, et ce même si Marvin Cüpper se dresse sur la route du Drakkar.

Cats-Drakkar: une série éprouvante et formatrice

Dans la longue et riche histoire de la LHJMQ, il y a un cimetière rempli d'équipes de pointe qui n'ont pas livré la marchandise le printemps venu, éclipsées par des clubs beaucoup moins talentueux, mais combien plus dédiés.
En Mauricie, ce genre de scénario s'est produit à plusieurs reprises ces quatre dernières décennies... bien souvent dans le mauvais sens pour le plus grand malheur des partisans de hockey junior d'ici!
C'est un fait: des surprises, il y en a presque à tous les ans en séries dans le junior. La pression qui vient avec l'étiquette de favoris n'est pas facile à gérer pour des jeunes hommes âgés entre 16 et 20 ans.
Ceci étant dit, il est impossible de prédire un tel dénouement dans la série Drakkar-Cataractes qui va s'ouvrir vendredi à Baie-Comeau. Bâti depuis trois ans pour offrir un premier championnat à la concession, le Drakkar dispose de toutes les ressources pour remplir son mandat.
Du talent, de la hargne, de l'expérience, un bon gardien, de la robustesse et beaucoup de profondeur, voilà tous les outils mis à la disposition d'Éric Veilleux par le directeur-gérant Steve Ahern. Ça en fait, du stock! Si cette équipe a trébuché à quelques reprises en deuxième moitié de saison face à des clubs beaucoup moins compétitifs, ça semble hautement improbable qu'elle s'enfarge quatre fois en 12 jours...
Surtout que les Cataractes comptent sur bien peu d'éléments pour faire basculer une série. Bon, il y a bien Marvin Cüpper, le joueur le plus dominant de toute la LHJMQ au cours des trois dernières semaines. Cüpperfield peut en faire baver au Drakkar, mais la dernière fois que j'ai vérifié, il n'avait pas encore le pouvoir de marquer des buts!
Face à la meilleure défensive du plateau, les Cataractes lancent dans la mêlée la deuxième pire attaque du circuit. C'est triste à écrire, mais les Shawiniganais ne disposent d'aucun attaquant susceptible de percer les trois premiers trios du Drakkar!
Attention, ça ne veut pas dire que les Cataractes ne compétitionneront pas. Ils l'ont fait toute la saison, même durant leur série noire de 11 échecs d'affilée en début de campagne. Mais quand les matchs seront sur la ligne, il y aura toujours un joueur du Drakkar prêt à faire la différence... Cüpper pourra voler un match, deux à la limite s'il continue à être aussi dominant, mais quand le rideau va tomber, les Cataractes seront derrière, il n'y aucun doute.
L'enjeu pour vos favoris se situe donc ailleurs. Il y a de la grosse et belle expérience en séries à aller chercher au cours des deux prochaines semaines. Le Drakkar est armé pour le jeu plus rude du printemps, il ne fera pas dans la dentelle.
Le rythme sur la surface de jeu sera décuplé, il sera intéressant pour Martin Mondou et Martin Bernard de valider quels jeunes joueurs de leur alignement carburent à ce genre de défi. C'est quand l'adversité est au maximum que la lecture sur le potentiel des hockeyeurs est la meilleure, non?
Rappelez-vous des séries de 2008. Les Olympiques de Gatineau avaient eu besoin de cinq matchs pour écarter les jeunes Cataractes d'Éric Veilleux de leur chemin, en route vers la troisième Coupe du Président de Benoît Groulx. Une série facile?
Pas du tout, les Olympiques avaient dû puiser au fond de leurs ressources pour maîtriser cette bande de jeunes loups qui, un an plus tard, a forcé la présentation d'un septième et ultime match en grande finale face aux Voltigeurs de Drummondville. Il n'y a rien, absolument rien de plus formateur que de livrer une bataille épique aux éventuels champions.
Le Drakkar en cinq