Alexis Deschênes

Candidature d'Alexis Deschênes: des péquistes de la Mauricie déçus

Déception et incrédulité. C'est ainsi qu'on peut résumer l'état d'esprit de péquistes de la région qui viennent d'apprendre que leur parti tente à nouveau de parachuter un candidat dans une circonscription aussi importante que Trois-Rivières.
<p>Guy Julien</p>
<p>Paule Brunelle</p>
Après l'auteure Djemila Benhabib, voilà que les hautes instances du PQ tâtent à nouveau le terrain pour un ex-journaliste de la colline parlementaire devenu avocat, Alexis Deschênes.
Le jeune homme a beau déclarer avec un certain aplomb qu'il est un gars de région et qu'il n'acceptera pas de se faire qualifier de candidat parachuté, puisque c'est l'exécutif trifluvien qui est venu le chercher, c'est bel et bien ainsi qu'il est perçu.
«Il n'est pas de la région pantoute. C'est assez spécial, observe l'ex-ministre et député de Trois-Rivières, Guy Julien. Il y avait pourtant deux noms qui circulaient soit Me François Rioux et l'ex-députée Paule Brunelle. Deux personnes de la région. Je ne suis pas à l'exécutif, mais j'écoute ce qu'on dit par exemple.»
Lorsqu'on demande à M. Julien si cela ne dénote pas un certain malaise chez les péquistes de la région, d'être incapables de susciter une bonne candidature locale, il répond à nouveau qu'il ne comprend pas, car à son avis, le moral des troupes tout comme le membership sont très bons, sans oublier l'embellie qui se dessine pour les péquistes, autant en ce qui a trait aux intentions de vote qu'à la popularité de Pauline Marois.
«Ça se peut qu'il ait été envoyé d'en haut mais ça ne pognera pas», prédit celui qui avait fait la même prédiction pour Mme Benhabib. Il concède toutefois à Alexis Deschênes d'être jeune, ce qui est un bon point en sa faveur. «Quand j'ai vu sa photo sur le journal, je me suis dit que je ne le connaissais pas, mais qu'au moins, il était jeune.»
L'ex-ministre ne peut s'empêcher de se demander si l'exécutif a vraiment cherché des candidats pour Trois-Rivières. Il en donne comme exemple son propre cas, assez étonnant. «Je m'interroge, parce que moi, quand je me suis présenté, c'est l'ex-maire Guy LeBlanc (un libéral) qui m'avait suggéré de le faire.»
Même déception du côté de l'ex-députée bloquiste de Trois-Rivières, Paule Brunelle, qui avait fait un passage très remarqué et manifestement apprécié des militants lors de la récente visite de Pauline Marois au Musée québécois de culture populaire, et à qui tous les espoirs étaient permis.
Interrogée sur son intérêt à une candidature au provincial, elle répond d'abord prudemment «qu'il revient à l'exécutif de décider de la candidature qu'il désire avoir.»
Mais lorsqu'on insiste, elle ajoute qu'il est un peu décevant que le parti n'arrête pas son choix sur des gens de la région. «On a quand même ici des gens capables de faire ce travail», observe-t-elle. Elle aussi n'a pu que constater à quel point les militants de la région lui avaient fait bon accueil il y a deux semaines, la pressant même de questions sur ses intentions.
«J'étais la bienvenue auprès des membres et de la population, admet-elle en riant. Mais c'est à l'exécutif de faire ses choix. Quand on arrive près d'une élection comme c'est le cas actuellement, pour pouvoir faire une investiture, il faut un mois pour vendre des cartes de membre. On n'a plus le temps. Ça ne peut se faire.»
Mme Brunelle répète qu'elle trouve dommage «qu'on n'ait jamais quelqu'un de la région». «Moi, les gens m'ont dit qu'ils avaient apprécié que je sois d'ici, qu'on ait les mêmes référents, que je sois préoccupée de la population et que je connaisse les enjeux. Ça m'a fait chaud au coeur cet accueil car j'ai vu que j'ai été appréciée et que les gens ne m'ont pas oubliée. Ça me réconforte beaucoup», a-t-elle conclu.
Rappelons que le choix du Parti québécois n'est pas encore arrêté dans Trois-Rivières et que d'autres personnes auraient été rencontrées, selon les dires d'Yves Rocheleau, président de l'Association péquiste de Trois-Rivières. Il n'a pas été possible de parler à Me Rioux.