Alain Vallée 

Campagne électorale: beaucoup d'attentes dans Mékinac

Les dix maires la MRC de Mékinac ont de nombreuses attentes dans le cadre de la campagne électorale et certaines datent... de plusieurs campagnes déjà.
Le préfet de la MRC de Mékinac, Alain Vallée, rappelle que le schéma de couverture de risques d'incendie cause bien des maux de tête aux maires ruraux, et ce, depuis son imposition par Québec.
«Tout ce qu'on exige comme normes, que ce soit pour le schéma de couverture de risques, la sécurité civile ou en matière d'environnement, ça coûte très cher aux petites municipalités. Ces exigences sont souvent basées sur les villes de Montréal ou de Québec, des choses auxquelles on n'est plus capables de répondre en région.
En plus, avant on avait la Commission de protection du territoire agricole du Québec et là on nous a rajouté le ministère de l'Environnement. On ne peut plus se virer de bord en campagne. On est toujours bloqués. Ça prend des études sur les grenouilles, des études sur les couleuvres...» ironise-t-il.
De deux choses l'une, soutient le préfet: ou Québec assouplit les règles ou il aide financièrement les petites municipalités à s'y conformer. «Tout ce qu'on veut, c'est qu'on ne nous enfarge plus dans notre développement.» Le préfet qui est aussi maire de Sainte-Thècle, donne l'exemple d'un barrage vieux de 40 ans sur le lac Jésuite qui vient de faire l'objet d'une inspection par les ingénieurs des cours d'eau. Ces derniers réclament que la Municipalité le refasse. «Rien que ça! Ça va coûter 300 000 $ ou 400 000 $. On n'a pas les moyens de faire ça!», tonne Alain Vallée.
Le préfet poursuit en rappelant que l'éternel dossier de la voirie municipale n'a toujours pas été réglé par Québec et qu'il commence à peser lourd dans les budgets municipaux. Depuis la réforme Ryan, dans les années 93, les municipalités reçoivent toujours le même montant pour l'entretien des routes transférées sous leur juridiction.
«Avec l'inflation, on n'est plus capables d'arriver, tranche le préfet. Ils doivent corriger ça. Mais ils ne font rien. Du côté de la forêt, les municipalités sont très impliquées aussi et on espère que ce qui vient d'être enfin adopté restera en place si jamais le gouvernement change. Même chose avec le Pacte rural Plus qui vient d'être annoncé. Il ne faudrait pas que ça disparaisse avec un gouvernement libéral, le nouveau volet 2 du programme forestier non plus. Déjà qu'à chaque année, on ne sait pas si ça va continuer ou non. On nous tient toujours sur le qui-vive.»
Enfin, le préfet ajoute qu'un des problèmes majeurs dans la MRC de Mékinac, toujours non résolu élection après élection, est l'accès au service Internet et à la téléphonie cellulaire. «Il faut que Québec et Ottawa finissent par s'entendre pour que ça devienne accessible à tout le monde, plaide-t-il. Je suis maire depuis sept ans, et ça fait sept ans qu'on en parle. Il faut que le cellulaire fonctionne sur toute la route de La Tuque. On vient d'avoir une réunion à ce sujet et on pense que ça va coûter entre 9 et 10 millions $. Il faut que ça bouge.»
Le maire se dit bien prêt à se lancer dans le développement touristique, mais il rappelle que de nos jours, tout le monde exige l'accès Internet, même au chalet. «C'est une exigence maintenant. Un terrain est plus susceptible d'être vendu si Internet entre dans le secteur. Même chose pour les développements de prestige. Si on veut faire une auberge de luxe sur le lac Mékinac, ça va prendre une tour de télécommunication pour que les services se rendent jusque-là. Mais les compagnies ne sont pas pressées parce qu'on est un petit marché. C'est ça nos principaux enjeux... avec le pacte fiscal Québec-municipalités, bien sûr», a-t-il conclu.