C'est en milieu d'après-midi lundi qu'a pris fin la Classique, sous les applaudissements de la foule à l'île Saint-Quentin de Trois-Rivières.

«Ça n'a pas été facile» pour la Classique

Alors que la Classique internationale de canots de la Mauricie soufflait ses 84 bougies cette année, les organisateurs espéraient connaître du succès autant sur l'eau qu'à l'extérieur en développant le côté spectacle et culturel pour attirer un maximum de spectateurs. Dame Nature a toutefois décidé de ramer à contresens.
Quelques centaines d'amateurs ont bravé la météo pour encourager les canotiers sur la promenade du Saint-Maurice.
C'est sous le signe d'une météo particulièrement capricieuse que s'est déroulée la course. Le mois de septembre est peut-être à peine amorcé, mais dimanche, on se serait cru en octobre. Sous la pluie, les canotiers ont dû s'élancer alors que le thermomètre affichait 11 degrés Celsius. Plusieurs en ont souffert, aux dires du directeur général de l'événement, Stéphane Boileau.
«Je suis surpris que tous les canotiers aient pris le départ (lundi). J'ai vu des athlètes qui n'étaient pas loin de l'hypothermie et d'autres m'ont dit qu'ils voyaient double. C'était dur pour eux de passer 12 heures à la pluie et au froid. On ne veut pas se plaindre, mais ce sont des conditions difficiles.»
Si la journée a été difficile pour les athlètes, elle l'a été tout autant pour le bilan financier de l'événement. Avec la pluie, peu de gens se sont entassés sur les différents sites de compétition afin d'assister au passage des embarcations. Il s'agit d'importantes pertes financières pour l'organisation.
«Le dimanche, c'est ma plus grosse journée pour (les sources de revenus). Ça fait énormément mal au niveau de l'achalandage. Avec la publicité et nos efforts, on pense qu'on aurait dû avoir plus de monde que l'an passé. Peut-être que nous aurions eu 15 000 personnes sur la promenade et 3000 à Grand-Mère. On ne pouvait pas demander à ces gens de sortir dans des conditions aussi épouvantables.»
Même lundi, à l'île Saint-Quentin, seulement quelques centaines de partisans sont venus accueillir les compétiteurs. Visiblement, plusieurs curieux avaient été refroidis par la météo de la veille, le mercure bas et les nuages qui planaient sur la Mauricie, même si les seules gouttes de pluie ont été aperçues après la course. 
C'est d'ailleurs ce qui déçoit le plus M. Boileau. Au cours de la dernière année, la Classique a investi beaucoup de temps et d'argent afin d'améliorer la notoriété de l'événement. Or, les conditions météorologiques de dimanche empêcheront d'évaluer cette évolution.
Davantage de sécurité
Pour sa 84e édition, la Classique avait mis le paquet afin d'améliorer la sécurité des canotiers sur la rivière Saint-Maurice en ajoutant des embarcations de sauvetage, mais aussi des patrouilleurs afin de ralentir les bateaux de plaisance. En 2018, ce n'est peut-être pas sur l'eau, mais plutôt sur la route que cet aspect devra être amélioré. La Classique considère que certains canotiers sont accompagnés de trop de ravitailleurs, ce qui a créé énormément de circulation, puisque ceux-ci se déplacent en voiture d'un portage à l'autre, parfois à haute vitesse. La Sûreté du Québec est d'ailleurs intervenue à plusieurs endroits lundi.
«Les équipes devront être plus économes, c'est un enjeu de sécurité. On va devoir resserrer les limites et ce ne sera que des ravitailleurs, point à la ligne. On ne peut plus permettre que papa, maman, grand-père et grand-mère se déplacent. Ils devront être avec le grand public.»
M. Boileau connaît déjà le prochain nerf de la guerre de la Classique. Il compte se tourner vers les trois paliers de gouvernement pour demander que davantage d'accès à la rivière soient créés, chose qui, à son avis, aurait dû être faite depuis la fin du flottage du bois en 1995. Avec l'installation d'écrans géants à certains endroits sur le parcours, les gens pourraient alors regarder la Classique d'un seul site, à l'aide de la webdiffusion, plutôt que de voyager d'un point à l'autre. Par exemple, le site du barrage de la Gabelle était rempli à craquer lundi, mais s'est vidé dès le passage des canotiers.
«On peut aménager des tours de bouées pour que les gens soient proches et aient un spectacle, mais il faut créer des sites pour cela, lance-t-il. Un moment donné, les spectateurs devront choisir un seul endroit. Si on veut amener la Classique plus loin, tout le monde va devoir y mettre du sien. On doit créer de beaux sites, avec des écrans géants et de la webdiffusion. Et il faut que le réseau cellulaire fonctionne partout. Mattawin, c'était mon site principal d'étape, et il n'y a pas de réseau!»