Arianna Fontana va tenter de récolter une quatrième médaille aujourd'hui lors du 1000m courte piste.

Ça jase de nous en Italie

Le président du comité olympique italien - notre Marcel Aubut à nous -, a donné carte blanche au président de la fédération pour me reconduire en tant qu'entraîneur de patinage de vitesse courte piste.
C'est un bel honneur, mais rien n'est encore signé! En fait, je n'ai pas encore pris de décision sur mon avenir. Il est encore très tôt: après les Jeux olympiques, nous prendrons tous part aux championnats mondiaux, à Montréal en mars.
Chose certaine, ça jase de nous dans les journaux italiens et heureusement, c'est du positif! Avec trois médailles, les journalistes et le public parlent déjà d'un grand succès en courte piste. C'est drôle comme les temps changent: il y a quelques mois à peine, quelques individus voulaient notre tête, soutenant que la préparation olympique de nos athlètes faisait défaut.
Il y a même un journaliste qui a avancé que nos deux relais peinaient à patiner avec les meilleurs au monde. Le gars s'est fié sur les chronos publiés sur le web dans le cadre d'une compétition, mais il a oublié d'appeler les entraîneurs. S'il l'avait fait, il aurait compris que nos jeunes avaient chuté pendant l'épreuve, ce qui expliquait les 15 secondes de retard...
Ce même journaliste est présent à Sotchi. Sans entrer dans les détails, disons qu'on a eu une bonne conversation avec lui! J'ai aussi constaté que certains de mes athlètes n'avaient pas du tout apprécié ses écrits...
Ceci-dit, tout baigne dans l'huile en ce moment. Après une longue journée qui s'est terminée au beau milieu de la nuit mardi, nous avons participé à deux séances d'entraînement en autant de jours. Je tiens d'ailleurs à vous dire que la glace à l'aréna principal est de bonne qualité.
Je sais que présentement, au Canada, plusieurs observateurs tentent d'expliquer les chutes de Charles Hamelin et d'autres patineurs, mais on ne doit pas imputer ces accidents au mauvais travail abattu par les techniciens ici.
Nous partageons l'Iceberg avec les adeptes du patinage artistique, comme c'est le cas aux Olympiques depuis la nuit des temps. Oui, la glace est un peu molle: la température idéale pour nous se situe autour de -8 degrés Celsius avec une couche de trois à quatre centimètres.
Pour le patinage artistique, on parle plutôt d'un -3 avec une couche de glace un peu plus épaisse. De leur côté, l'effet trampoline est important, la glace ne doit pas casser car ils perdent leur impulsion. Avant une finale féminine impliquant deux Russes dans le top-5, on doit s'attendre à ce que la patinoire soit configurée en mode «artistique»... et sachant que les Russes ont été très présents dans ces compétitions pendant les deux semaines des Jeux, c'était normal de voir la glace un peu plus molle! De toute façon, je n'ai pas vu Charles se plaindre dans les journaux ni à la télévision.
Grosse victoire
Après avoir assisté à la courte victoire des gars contre la Lettonie, j'ai regardé le match Canada contre États-Unis en hockey féminin, jeudi dans ma chambre avec mon adjoint. Je suis très heureux pour les filles. J'en ai côtoyé plusieurs quand je travaillais à Montréal et nous avons tous vécu, en direct à Vancouver dans l'amphithéâtre, la victoire aux dépens des Américaines.
Comme vous je suppose, j'étais très nerveux pendant la prolongation. Mais jamais autant que durant une finale de 500 m en patinage courte piste! On reprend d'ailleurs l'action aujourd'hui avec la présentation du 1000 m chez les femmes. Les gars patineront aussi au relais en finale B, notamment avec les Canadiens.
Si nous gagnons une quatrième médaille - Arianna Fontana pourrait boucler la boucle de brillante façon -, il va falloir trouver de nouvelles idées pour célébrer!
Propos recueillis par Louis-Simon Gauthier