Le candidat péquiste Alexis Deschênes a reçu la visite du ministre Bernard Drainville, jeudi soir à l'occasion d'un rassemblement partisan, où il a grandement été question de la charte des valeurs et d'indépendance du Québec.

Bernard Drainville est venu épauler Alexis Deschênes

Décidément, la campagne électorale d'Alexis Deschênes s'est amorcée sur les chapeaux de roue dans Trois-Rivières. Après une visite de la première ministre Pauline Marois, mercredi, le candidat péquiste a eu droit à un coup de pouce du ministre Bernard Drainville, jeudi soir à l'occasion d'un rassemblement partisan.
Bien évidemment, avec la présence du ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, le sujet de la charte de la laïcité a rapidement résonné aux quatre coins de la salle.
M. Drainville a d'ailleurs été très clair lorsqu'il s'est adressé à la centaine de militants réunis à la Rose d'Or. Sans un appui majoritaire de la population envers le PQ au prochain scrutin, il sera impossible d'adopter le projet de loi.
«On ne va pas s'excuser de se donner notre propre modèle de société. Le Parti québécois mène des combats que les autres n'ont pas le courage de mener. Si tu veux la charte, il faut voter pour Alexis. Si on veut se la donner, il va falloir que les gens votent pour un gouvernement du Parti québécois majoritaire», a scandé le ministre Drainville, ex-collègue journaliste de M. Deschênes sur la colline parlementaire.
Dans son envolée sur la laïcité, Bernard Drainville a rappelé l'importance de doter l'État d'une neutralité religieuse en plus de comparer la charte à une loi 101 des valeurs. «Il y a 40 ans, on a décidé que la langue française deviendrait notre ciment commun. Aujourd'hui, on est en train de décider quelles sont les valeurs qu'on veut se donner dans le Québec moderne», a-t-il déclaré devant un parterre qui regroupait notamment les ex-ministres Yves Duhaime, Denis Vaugeois et Rollande Cloutier.
«Quand il y a une demande d'accommodement, on ne peut pas juste dire oui. Il faut se demander si la demande est raisonnable. On est en train de se donner des règles qui vont encadrer ces demandes à l'avenir», a ajouté le ministre.
En vantant les mérites de la charte et l'appui qu'elle reçoit sur le terrain, le ministre Drainville n'a pas manqué de rappeler la position du Parti libéral du Québec sur la question. «M. Couillard a dit qu'il allait se battre jusqu'au bout pour empêcher l'adoption de la charte. Alors le 7 avril, il faut enlever au Parti libéral le pouvoir de bloquer la charte.»
L'indépendance au menu
Une fois le discours sur la laïcité terminé, c'est l'indépendance du Québec qui a refait surface. D'ailleurs, depuis qu'il a été désigné candidat dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes ne rate pas une occasion d'aborder ce sujet et de s'attaquer au gouvernement fédéral. Il rappelle entre autres l'inaction du fédéral dans le dossier de la pyrrhotite.
L'ex-journaliste ne s'en cache pas, c'est sa fibre indépendantiste qui l'a poussé à se lancer dans l'arène politique. «C'est la première raison pour laquelle je fais de la politique. Je pense que c'est important que les gens sachent qui je suis et quelles sont les valeurs auxquelles je crois. Je l'exprime car ce sont mes convictions profondes», a-t-il déclaré.
En plus de la question nationaliste, M. Deschênes a mentionné avoir espoir pour l'avenir de Trois-Rivières, notamment en raison du fonds de diversification économique. Il a également fait part de sa volonté de travailler sur une base régionale, de concert avec Bécancour et Shawinigan.
Bien heureux de voir la première ministre Marois et le ministre Drainville débarquer à Trois-Rivières coup sur coup pour l'épauler, Alexis Deschênes a profité de l'occasion pour souligner l'importance de cette circonscription aux yeux du PQ.
«On veut que les gens de Trois-Rivières sentent toute l'énergie que j'ai envie de mettre et que toute l'équipe a envie de mettre. L'attachement de Mme Marois envers Trois-Rivières, il est sincère. C'était présent avant la campagne. Oui, elle est venue hier et elle sera là après. Quant à M. Drainville, je l'ai connu dans mon ancienne vie (de journaliste) et il m'a offert de l'aide», explique-t-il.
Un souper avec Guy Julien
Ce vendredi, M. Deschênes visitera notamment l'entreprise Carnot Réfrigération ainsi que le Musée québécois de culture populaire avant de souper en compagnie de l'ex-député péquiste de Trois-Rivières, Guy Julien. Ce dernier avait d'ailleurs été plutôt virulent à l'endroit du nouveau venu du PQ dans Trois-Rivières au moment de l'annonce de sa candidature. M. Deschênes assure toutefois qu'il n'y a aucune animosité entre les deux hommes et que le souper servira à discuter de stratégie électorale.