Dans l'ordre habituel, on retrouve Yves-François Blanchet, ministre régional, Pauline Marois, première ministre du Québec, Alexis Deschênes, candidat péquiste dans Trois-Rivières, et Élaine Zakaïb, ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec.

Bécancour, le parent pauvre...

La première ministre du Québec, Pauline Marois, se réjouit que le Fonds de diversification économique ait permis de créer 649 emplois pour des investissements annoncés ou en voie de l'être de 25 millions de dollars, générant plus de 125 millions de dollars d'investissements. Mais avec seulement trois annonces pour Bécancour jusqu'à présent, elle reconnaît qu'il est plus difficile d'y faire émerger des projets.
«Si le blocage venait de ceux qui décident, ce serait très grave. Ce n'est pas le cas. Nous continuons à travailler fort. Les gens vont y arriver. Et nous accompagnons les entreprises quand elles ont besoin d'aide. Mais le fonds est là pour qu'il soit investi et pour créer des emplois», a-t-elle répondu au Nouvelliste tout en évoquant un entrepreneuriat moins développé dans cette région.
Présent à la conférence de presse tenue justement dans l'une des trois entreprises ayant bénéficié du fonds, soit Oriens Technologies, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a admis que le développement venait habituellement de l'extérieur, ce qui rendait le milieu peu proactif.
Par ailleurs, le premier magistrat ne cache pas qu'il a besoin de temps «et qu'on est en train de se préparer» pour susciter des projets. «C'est un problème structurel. On n'était pas prêt», admet celui qui veut protéger la part du fonds réservée à sa ville. «Je tiens à rappeler que la centrale nucléaire était à Bécancour», renchérit M. Dubois.
À ce sujet, la première ministre a rappelé comment sa fermeture fut «une décision courageuse, très difficile, mais nécessaire». «Les libéraux savaient que la réfection représentait des coûts astronomiques, mais ce fut payant de fermer Gentilly-2 pour les Québécois», a-t-elle affirmé.
Quand on lui fait remarquer que certaines personnes sont encore amères de cette décision, Mme Marois reconnaît qu'il s'agit d'un mauvais moment à passer pour ceux qui sont directement touchés par cette «phase de réajustement».
«On peut comprendre que certaines personnes aient des déceptions, mais les gens ont senti que nous avons été honnêtes et francs», soutient-elle.
À son avis, non seulement la fin du nucléaire entraîne-t-elle des économies de centaines de millions de dollars, mais «on a décidé en même temps d'appuyer dans la diversification et on s'est retroussé les manches en faisant confiance au milieu avec un fonds de 200 millions de dollars».
«On a le temps de dépasser le nombre d'emplois à Gentilly-2, soit 736. Ça amène la région à utiliser encore mieux tous les talents», a-t-elle laissé entendre tout en révélant un total de 76 projets approuvés, «mais pas encore publics».
Celle-ci a toutefois énuméré quelques-uns des projets déjà annoncés: la Fromagerie l'Ancêtre, de Bécancour, cinq emplois créés et 48 consolidés; Marmen, de Trois-Rivières, 100 emplois créés et 783 consolidés; Thermoform d'Amérique, de Nicolet, 21 emplois créés et 89 consolidés; Oriens Technologies, de Bécancour, 35 emplois créés; Automation Mauricie, de Trois-Rivières, 30 emplois créés et 45 consolidés.
«On a livré la marchandise. Et nous ne nous arrêterons pas là. C'est un début. On est en marche pour obtenir des résultats», a-t-elle clairement déclaré tout en faisant référence à l'idée d'être «maîtres et prospères chez nous».
Entourée de son équipe régionale pour la campagne électorale, la chef péquiste a dit présenter les candidats les plus solides dans Nicolet-Bécancour et Trois-Rivières.
«Yves-François Blanchet a tenu le fort, on a un plan pour créer des emplois et de la richesse, mais pour aller plus loin, on a besoin d'une majorité. Mon message, c'est qu'à 649 emplois, nous avons livré la marchandise et avec votre confiance, on est prêt à en faire beaucoup plus», a-t-elle insisté.
Outre les projets reliés au fonds de diversification économique, Mme Marois s'est plu à souligner qu'il y avait de grands projets «dans le pipeline» à Bécancour, tels que l'usine d'engrais d'IFFCO qui va créer 300 emplois.
Interrogée au sujet du fameux dossier de FerroAtlántica, elle a dit souhaiter qu'il soit annoncé le plus rapidement possible. Mais quant au choix de l'emplacement en sol québécois, «on ne voulait pas s'en mêler, c'est l'entreprise qui va décider», a-t-elle dit.
«Il y a des attentes ici et ailleurs. Il y a d'autres régions qui ont aussi vécu des problèmes, comme le Saguenay où ce fut la catastrophe en forêt, ou encore la Côte-Nord, où des projets ont ralenti», a expliqué Mme Marois.
Spectateur attentif au point de presse, le chef du Conseil de bande de Wôlinak, Denis Landry, a exprimé au Nouvelliste sa déception de ne pas avoir encore de siège au comité du fonds, d'autant plus, dit-il, «qu'on était d'accord avec la fermeture de Gentilly-2».