La construction d'une usine de production de cannabis thérapeutique est bien amorcée à Louiseville.

Bécancour dit oui au cannabis

Consultés par le biais d'un sondage maison, les citoyens de Bécancour sont d'accord avec la production de cannabis sur leur territoire dans une proportion de 67 %.
Devant ce résultat, et avec les usines de pot qui se rapprochent de Louiseville et Trois-Rivières, la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois, est d'avis que sa Ville devra se positionner.
«On n'a pas encore pris de position officielle. On ne fait pas de démarchage, mais on n'est pas fermé si un promoteur débarquait», a-t-elle confié tout en avouant qu'il sera difficile de prendre position avant les élections municipales. Au cours de l'été, Mme Dubois avait été contrainte de nier des rumeurs de projets impliquant sa Ville.
Pour son homologue de Bécancour, Jean-Guy Dubois, le coup de sonde mené en ligne pendant deux semaines auprès de 120 répondants avait pour objectif de bien comprendre que «comme Ville, on n'a pas à intervenir sur la moralité, mais sur nos règlements municipaux d'urbanisme». 
«Les règlements d'urbanisme le permettent. Maintenant, on voulait vérifier tout simplement l'acceptabilité sociale et on l'a fait, on l'a vérifiée, on s'est aperçu que pour les gens, ça ne représentait pas une menace telle quelle et que les gens ne diraient pas non. On n'est pas dans le gaz de schiste - vous ne passerez pas chez nous. Il y en a qui vont s'opposer pour des raisons morales. On constate que l'acceptation sociale est là, c'est ça qui est important», a-t-il commenté.
Sans se prononcer sur «le pour ou le contre», la Ville avait soumis cette question à sa Commission consultative en environnement, histoire d'évaluer si l'implantation d'une telle culture respectait les critères au plan environnemental.
«Dans l'optique où une demande nous arrivait, la Commission a fait connaître son point de vue et demande que soient considérées les normes relatives à la consommation de ressources, la gestion rationnelle des déchets, l'efficacité énergétique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre», a annoncé le premier magistrat.
Si, l'an passé, un promoteur s'était présenté à Bécancour pour tâter le terrain, des investisseurs de l'Ouest canadien ont fait de même récemment pour un projet de culture de cannabis en serre.
«Mais il n'y a aucune demande de permis faite par quiconque. Par contre, comme conseil municipal, on dit oui, notre urbanisme va dire oui, c'est permis de le faire, mais on se posait la question à savoir si c'est socialement accepté. La réponse, c'est oui. Il n'y a jamais l'unanimité, mais de façon générale, oui, les gens sont d'accord», renchérit Jean-Guy Dubois. 
Selon lui, le statu quo n'est pas une solution. «Quand on parle de production, on parle de lois fédérales. Quand il est question de distribution, ça, c'est une question d'ordre provincial, de la santé, et là, qu'il y ait un encadrement très serré, très précis, oui, évidemment», affirme-t-il.
Sur ce dernier sujet, le maire juge important que le gouvernement soutienne sa Ville. «Il y aura des coûts pour les municipalités. En d'autres termes, pour gérer tout ça, quand il y a une plainte qui arrive, elle arrive habituellement à la municipalité. Après ça, tout ce qui va encadrer le droit de cultiver dans un appartement ou dans une maison, il faut avoir l'outillage comme municipalité pour faire respecter la réglementation d'urbanisme», conclut M. Dubois.
Du côté de Trois-Rivières, on se souvient que l'entreprise Déméter Organi-K avait pris une option d'achat sur un terrain du parc industriel des Carrefours. En mars 2016, la Ville avait légiféré sur l'encadrement de l'établissement possible d'entreprises de production de cannabis médical sur son territoire. 
Selon Laurence Gagné, agente de communications pour Innovation et développement économique Trois-Rivières, l'entreprise est toujours en attente d'obtenir son permis de Santé Canada avant de pouvoir mener plus loin son projet. L'option d'achat est donc toujours en vigueur.
À Louiseville, le projet d'implantation d'une usine de pot thérapeutique progresse avec la construction de l'usine dans le parc industriel régional de la MRC de Maskinongé. Les travaux vont bon train pour ce projet de 4,4 millions de dollars même si Santé Canada n'a pas encore accordé son aval aux promoteurs.
L'identité de ces derniers a d'ailleurs suscité plusieurs questions lors de la dernière séance du conseil de Louiseville. Le maire Yvon Deshaies a rappelé aux citoyens que Louiseville ne met pas un sou dans ce projet privé et qu'il ne peut dévoiler le nom des promoteurs tant que le permis d'exploitation ne leur sera pas accordé.
Avec la collaboration de Paule Vermot-Desroches et de Martin Lafrenière