Baccalauréat obligatoire pour les infirmières: la proposition est rejetée

Les infirmières du Québec n'auront pas à décrocher obligatoirement un diplôme universitaire pour exercer leur profession dans les hôpitaux de la province - du moins, pas pour le moment.
La proposition formulée par l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) n'a pas rallié la majorité des membres du groupe de travail qui se penchait sur la question.
Devant l'absence de consensus, Québec dit donc non au baccalauréat obligatoire, a confirméen entrevue téléphonique le ministre de la Santé, Réjean Hébert, mercredi.
«Je pense que c'est tout à fait la conclusion. Le bac obligatoire est loin d'avoir un consensus. On va garder deux voies de formation pour les infirmières», a-t-il affirmé.
Une analyse sectorielle plus approfondie sera menée afin de déterminer quelles tâches devraient revenir aux titulaires d'un diplôme d'études collégiales (DEC) et lesquelles devraient plutôt être du ressort des infirmières bachelières.
«On n'a jamais fait cet exercice-là, de déterminer quelles sont les compétences requises pour une infirmière forméeau collégial et les compétences requises pour celles formées à l'université, et commentles programmes de formation devraient être modifiés,ajustés», a exposé le ministre Hébert.
L'OIIQ, qui était le principal porte-étendard de la proposition, a réagi avec une «profonde déception» et une «grande incompréhension» à la décisionde reporter l'implantation du baccalauréat comme norme d'entrée à la profession infirmière.
«Malgré que le président (du groupe de travail) dise que notre proposition est la meilleure, on fait fi de ça et on reporte en créant un nouveau comité», s'est désolée Lucie Tremblay, présidente et directrice générale de l'OIIQ, en entrevue téléphonique.
L'auteur du rapport, le docteur Pierre Durand, abonde effectivement dans le même sens que l'ordre et prévient qu'un rehaussement de la formation des infirmières de la relève au niveau universitaire lui apparaît comme «un incontournable».
«Les leaders de la profession du Québec devront convenir de ce qu'ils souhaitent pour l'avenir de leur profession», conclut le docteur Durand dans le document rendu public mercredi.
Les dissensions sur le sujet ont été si marquées pendant les consultations du groupe de travail que son président a fini par signer le rapport en son nom personnel.