Dans l'ordre habituel, on reconnaît Julie Dumont, directrice de Spect-Arts, Jean-François Aubin, membre du conseil d'administration et conseiller municipal du district Marie-de-l'Incarnation, et Catherine Perron, chargée de projet.

Avenir fragile pour l'église Sainte-Cécile

Dans la foulée du lancement de sa nouvelle saison estivale, la Corporation Spect-Arts se montre très préoccupée quant à l'avenir de l'église Sainte-Cécile dont elle est mandataire. D'importants travaux doivent être entrepris, sans compter les dépenses de fonctionnement qui ne cessent d'augmenter.
C'est dans ce climat d'incertitude que Spect-Arts souhaite ouvrir au public les portes de cet ancien lieu de culte en prévision d'une campagne majeure de financement qui aura lieu à l'automne prochain.
Ce n'est pas une sinécure de sauvegarder un édifice d'une telle dimension aux propriétés historiques indéniables. Uniquement en chauffage et en électricité, la facture s'élève à 25 000 $ annuellement, considérant que la fournaise au gaz, désuète, fonctionne à seulement 40 % de sa capacité.
«Le chauffage est un enjeu majeur qui a un impact sur tout le reste. Maintenir l'église accessible au public, ce n'est donc pas gagné à l'avance», précise Julie Dumont, directrice de Spect-Arts.
«Les coûts d'assurance et d'entretien sont très élevés et vont grandissants. Plusieurs travaux doivent être effectués, maisnous devons fonctionner par priorité.»
La directrice de la corporation ne cache pas ses appréhensions quant à l'avenir de cette bâtisse centenaire. «Comme directrice, j'ai une crainte. Je vois passer les chiffres et ça m'inquiète.»
L'épée de Damoclès balance donc sur les clochers de ce lieu de culte aménagé en plateforme culturelle et communautaire. «Il faut que ça bouge. Nous devons trouver des partenaires financiers qui vont pouvoir nous venir en aide», lance Mme Dumont non sans une pointe d'inquiétude.
Outre le remplacement de la fournaise, les parois des murs intérieurs cachent mal leur vieillissement, la peinture s'écaillant par larges galettes. Le toit accuse également plusieurs fuites d'eau qui, si elles ne sont pas régulièrement colmatées, risquent d'endommager les peintures et les sculptures d'ornement que l'on tente de conserver.
«Nous souhaiterions que notre campagne de financement nous rapporte entre 100 000 $ et 150 000 $, souligne Mme Dumont. Ce montant servirait uniquement à maintenir nos activités à flot et nous garder la tête hors de l'eau.»
«Ça reste un défi constant et fragile de maintenir ce lieu ouvert, constate Jean-François Aubin, administrateur de Spect-Arts et conseiller municipal du district Marie-de-l'Incarnation. Par exemple, l'hiver dernier ayant été plus froid, les coûts d'énergie ont explosé, au point où nos paiements mensuels ont été rehaussés. Le conseil d'administration a une préoccupation importante quant aux coûts de fonctionnement de l'église.»
Si le défi n'est pas insurmontable, les revenus générés par les activités de la corporation ne parviennent pas à boucler le budget. Et il y a loin de la coupe aux lèvres.
«Pour attirer davantage de groupes susceptibles de louer l'église, nous souhaiterions faire d'importants investissements afin de rendre l'acoustique plus polyvalente», renchérit M. Aubin. Car si les lieux conviennent au chant choral, par exemple, l'effet d'écho est tel que la cacophonie peut vite s'installer et brouiller l'harmonie.
«On ne peut pas accueillir des spectacles comportant des instruments électroniques, car le son est moins bon. Si on veut être en mesure d'avoir plus d'autofinancement, il faut élargir le spectre des activités que l'on peut tenir.»
Visite de l'église
Pour augmenter le sentiment d'appartenance de la population envers son église et mieux comprendre le passé des premiers quartiers, Spect-Arts invite la population à faire le tour du propriétaire dans une formule où des citoyens, et non des guides touristiques, accompagnent les visiteurs et relatent des données historiques et anecdotes enfouies dans les annales de ce bâtiment de style roman.
«Cette nouvelle formule est beaucoup plus personnelle. Les gens vont se plonger davantage dans la vie paroissiale et dans l'orchestration de l'architecture intérieure», détaille Catherine Perron, chargée de projet à Spect-Arts.
Jusqu'au 31 août, la population est donc invitée à découvrir ou à redécouvrir la mémoire collective de Trois-Rivières en sillonnant les rues des quartiers Sainte-Cécile et Saint-François-d'Assise, mais également à travers l'histoire de la «belle centenaire». Différents forfaits sont proposés à des prix variant entre 10 $ et 25 $ pour un adulte.
La réservation est obligatoire et la corporation tient à souligner que seul l'argent comptant est accepté. Notons que les résidents des premiers quartiers pourront explorer gratuitement l'église Sainte-Cécile le samedi 12 juillet à 13 h. Des détails supplémentaires sont disponibles sur le site Internet de Spect-Arts ou en composant le 819 386-7651.
Pour la saison 2014-2015, on espère attirer plus de 200 visiteurs dans ce bâtiment inauguré le 12 juillet 1914.