L'avenir du livre a fait l'objet d'une table ronde avec cinq experts réunis à l'UQTR, mercredi. Ce sont, de gauche à droite: Michel Châteauneuf, Lucie Lachapelle, Antoine Tanguay, Jacques Lemieux et Sébastien Dulude

Avenir du livre: des problèmes, mais pas d'alerte

À la veille de l'ouverture de la fête trifluvienne annuelle du livre, il était particulièrement pertinent de se poser des questions sur l'avenir de cet outil primordial bousculé tant par les tendances du marché comme par les avancées technologiques.
L'UQTR conviait la population mercredi midi, à sa cafétéria, à une table ronde sur le sujet. Animée par Patricia Powers, chargée de cours à l'UQTR, elle réunissait les participants suivants: Michel Châteauneuf, écrivain et enseignant au Collège Laflèche, Sébastien Dulude, écrivain et étudiant au doctorat en lettres à l'UQTR, Lucie Lachapelle, directrice au développement à la Coopsco Trois-Rivières, Jacques Lemieux, professeur associé au Département de lettres et communication sociale à l'UQTR et Antoine Duguay, président et directeur de l'édition chez Alto.
Si tous estiment que l'industrie du livre connaît des problèmes considérables, personne dans le groupe des invités n'a semblé profondément inquiet quant à l'avenir du livre, et ce, même dans sa version traditionnelle en papier. Par contre, tous admettent qu'il faut travailler à assurer une rencontre efficace entre le livre et ses lecteurs.
Dans la chaîne de la commercialisation du livre, on a pu apprendre que pour un livre qui coûterait 10 $, 4 $ vont à la librairie qui le vend, entre 1,50 $ et 2 $ vont au distributeur alors que l'éditeur empochera entre 3,50 $ et 4 $. Pour ce qui est de l'auteur, normalement, il va recueillir 10 % du montant mais un auteur présent a indiqué que parfois, on offrait aussi peu que 7,5 % à l'auteur.
Selon Lucie Lachapelle, l'option la plus viable pour les libraires à l'heure actuelle serait de segmenter le marché de façon à ce que les librairies se spécialisent pour offrir des produits spécifiques plutôt que de continuer d'être généralistes.
Il se dit beaucoup de choses sur les habitudes de lecture du grand public mais, selon Jacques Lemieux, le pourcentage de lecteurs a augmenté régulièrement jusqu'au début des années 2000 pour ensuite plafonner.
Seuls 7 % des Québécois ne lisent rien. Par contre 84 % des gens qui lisent, lisent au moins un livre de temps en temps. On constate par ailleurs que l'assiduité des lecteurs québécois a diminué: en l'an 2000, chaque lecteur lisait en moyenne une vingtaine de livres par année alors que ce nombre est passé à une quinzaine. De ce nombre, 3,5 sont des livres d'auteurs québécois. Jacques Lemieux en conclut que le problème de l'industrie en est moins un de lecteurs que de connexion entre les lecteurs potentiels et les auteurs.
Évidemment, il est impossible pour les petites librairies d'entrer en compétition avec les magasins à grande surface qui peuvent offrir les livres à des prix dérisoires. C'est pourquoi la politique du prix réglementé pour les livres apparaît à tous comme une option valable qui devra cependant se conjuguer à d'autres mesures pour être vraiment efficace.
Et ce n'est pas le livre numérique qui solutionnera tous les problèmes. «Le livre numérique n'est qu'un support, affirme Antoine Tanguay et ce n'est certainement pas une solution. Il faut donc éviter de tout diriger les investissements vers le numérique qui ne représente encore que 4 % du marché au Québec. Si on ne lit pas suffisamment, ça tient plus aux téléphones intelligents et aux jeux Angry Birds ou Candy Crush auxquels les gens consacrent beaucoup de temps qui pourrait être dévolu à la lecture.»
On retiendra de cette intéressante table ronde qu'il ne faut pas s'inquiéter outre mesure pour l'avenir du livre mais concentrer les efforts sur la médiation entre le livre et ses lecteurs pour en améliorer la diffusion.
À ce titre, la présentation d'un salon du livre est certes un pas dans la bonne direction et cette direction, à compter de 9 h jeudii, c'est le centre des congrès de l'hôtel Delta où se tient l'édition 2014 de l'événement trifluvien.
Le programme est chargé en cette première journée marquée par l'animation scolaire entre 9 h et 14 h 30. En activités hors les murs, ouvertes au grand public, Mathieu Bock-Côté (Exercices politiques) sera au Collège Laflèche à 12 h 15. De 17 h à 21 h, l'entrée au salon sera gratuite. Le public pourra entendre les Confessions d'écrivains de Mathieu Bock-Côté à 17 h au bistro littéraire Télé-Québec ou assister à l'ouverture officielle du Salon avec la remise des Prix illustration jeunesse et celui des Nouvelles voix de la littérature 2014. Ça se déroule à l'Espace Radio-Canada.
On procédera à un lancement collectif d'auteurs d'ici à 18 h au Confessionnal Sears décor. L'Espace Radio-Canada présentera la remise des prix du concours Le français à l'affiche, de même que les Prix Michelle-Roy et L'oreille enchantée à 18 h également. Notons aussi, au bistro littéraire Télé-Québec, les confidences d'écrivain de Francine Ruel (18 h 30) et de Marcel Leboeuf (19 h 15). Enfin, à 19 h 30, aura lieu le Combat des livres pour le Prix littéraire des collégiens 2014, à l'Espace jeunesse Marmen.
Vendredi, journée des aînés, notons la présentation des Folies de... Denise Bombardier, invitée d'honneur de la journée, à 16 h à l'Espace Radio-Canada, le spectacle littéraire Lèche ton livre à la Maison de la culture et la soirée de poésie du Festival international de poésie de Trois-Rivières. Samedi et dimanche feront la place belle aux invitées d'honneur Marie Laberge, samedi, et Perrine Leblanc dimanche de même qu'à la relève puisque dimanche sera la journée des nouvelles voix littéraires.