«Avant la politique, il y a la vie» (vidéo)

C'est confirmé, Danielle St-Amand ne sera pas candidate aux prochaines élections provinciales. La députée de Trois-Rivières, qui a revu ses médecins, affirme que ces derniers lui ont conseillé de prendre un repos de trois à six mois si elle veut se remettre complètement du léger incident neurologique (ICT) qui l'a affectée l'automne dernier et qui l'a laissée dans un état de fatigue chronique, avec un engourdissement persistant au visage.
Après cinq ans et demi, elle assure quitter sans plan de carrière précis mais ne ferme pas la porte à un retour.
Mme St-Amand est apparue un peu pâle, lundi, la voix éteinte, au point de presse donné dans son bureau de comté. Après quelques secondes de silence, comme si elle cherchait l'élan nécessaire pour passer à travers cette rencontre médiatique très courue, elle a refait le point sur son état de santé, sans doute pour faire taire les rumeurs persistantes suivant lesquelles il ne s'agirait que d'un prétexte pour quitter un navire en perdition.
Malgré un temps de repos à la période des Fêtes, l'engourdissement, les maux de tête et les nausées qui l'affectaient ont persisté, a-t-elle raconté. Mais c'est surtout un état de grande fatigue, obligeant son personnel de bureau à combler ses absences fréquentes, surtout en soirée, ainsi que l'arrivée imminente d'une campagne électorale exigeante qui l'ont forcée à prendre cette décision.
«Après quatre mois, il n'y avait aucun changement et je suis toujours sous investigation médicale. Prenant connaissance des résultats des examens la semaine dernière, les médecins ont conclu que mon état de santé ne me permettait pas d'entreprendre une campagne», a confié celle dont le matériel électoral (photo, local, équipe) était pourtant fin prêt.
«C'est une annonce extrêmement difficile pour moi. J'adore mes fonctions, que j'ai exercées avec passion. Je ne croyais pas que cette aventure allait se terminer de façon aussi abrupte.»
Encore pour mettre les choses au point, elle a rappelé qu'au moment de la victoire de Philippe Couillard à la direction du Parti libéral, elle s'était immédiatement ralliée au chef.
«Je l'avais déjà côtoyé alors que j'étais PDG de la Fondation du CHRTR et dès le début de la course à la chefferie, nous avions eu un entretien ouvert et très cordial. Il respectait mon choix d'appuyer Raymond Bachand. À cette occasion, je lui avais confirmé mon appui advenant sa victoire. D'ailleurs il m'a aussi toujours assuré de son soutien pour les dossiers trifluviens.»
La députée a poursuivi en disant qu'elle avait eu une longue conversation avec Philippe Couillard, neurochirurgien de formation, au sujet de son état de santé. «Tu es assez bien conseillée quand ton chef est un neurochirurgien, a-t-elle blagué. La décision finale nous a peinés tous les deux. Je l'ai rencontré jeudi passé et mes derniers mots ont été pour lui offrir mon soutien indéfectible. Je suis convaincue qu'il sera notre prochain premier ministre. Ceux qui en doutent, retournez voir les sondages de 2003» a-t-elle lancé d'un ton ferme.
Danielle St-Amand a aussi eu une pensée pour ses collègues de la chambre qu'elle a quittés sans pouvoir les saluer, avant la relâche parlementaire. Elle a eu un petit mot spécial pour son parrain politique, Raymond Bachand. Enfin, elle a aussi assuré qu'une «personne de choix», «une personne de coeur» sera là pour reprendre les rênes du comté et assurer la victoire aux prochaines élections». La députée a même ajouté que le parti n'était pas en recherche de candidats mais plutôt en attente d'une réponse de candidats déjà pressentis. L'annonce devrait être faite dans quelques jours.
«Je me sens comme quelqu'un qui part en voyage, qui ne sait pas trop s'il va revenir et qui veut que les enfants soient entre bonnes mains.» C'est au moment de faire ses remerciements à sa famille, son personnel et son équipe, dont Marianne Méthot («la deuxième députée de Trois-Rivières»), puis en faisant allusion à la population trifluvienne qu'elle a servie, que la voix de la députée s'est étranglée.
Travailler à Québec pour les représenter a été, assure-t-elle, un grand privilège et chaque fois qu'elle remontait Grande-Allée en direction de l'Assemblée nationale, dans le soleil du matin, «elle ne sait combien de fois elle a remercié la vie de faire ce métier.»
Elle quitte satisfaite de son travail, en particulier dans le dossier du CHRTR (phase 2, désignation médicale, hémodynamie), le dossier pour lequel elle avait fait le saut en politique ... tout en étant consciente que l'économie de Trois-Rivières a encore besoin d'un bon coup de pouce. Au futur candidat libéral, elle compte parler du dossier InterVal.
C'est en citant Jean Charest qu'elle a conclu son mot d'adieu: «Avant la politique, il y a la vie.» Elle aura 50 ans ce printemps et elle espère qu'elle aura la possibilité de relever d'autres défis «pour réaliser son plein potentiel».