Pierre Michel Auger du Parti libéral célèbre sa victoire avec ses supporters dans Champlain.

Auger déloge Noëlla Champagne

Un jeu de chaise musicale semble s'être installé dans la circonscription de Champlain alors que le libéral Pierre Michel Auger a repris le siège de député que lui avait ravi Noëlla Champagne.
Les deux, lundi soir, avait l'air un peu assommé: l'une par une rude défaite (elle a fini troisième derrière le caquiste Andrew D'Amours!) et l'autre par une victoire qu'il n'avait jamais osé espérer si magistrale pour son parti.
Noëlla Champagne est apparue très digne à la grande salle qu'elle avait réservée et où l'attendait un bon groupe de supporters. «Je ne vais pas pleurer ni faire une crise,  a-t-elle lancé à ses troupes dès son arrivée, tout en admettant que son parti «était en train d'en manger toute une.»
Au moment où elle prononçait ces mots, apparaissait derrière elle sur grand écran le résultat dans Charlevoix où Pauline Marois était en train de perdre.
Mme Champagne a reconnu que le dernier mandat avait été intense et souligné fièrement que son bureau de comté avait joué le rôle de bureau régional du Parti québécois «en tout respect pour Yves-François Blanchet» le ministre responsable de la région, avec qui, a-t-elle avoué, elle a d'abord commencé par se crêper le chignon avant de devenir bons amis.
Mme Champagne assure s'être lancée dans cette dernière campagne pour gagner et avoir tout fait pour l'emporter. Le scénario qu'elle avait prévu ne s'est pas réalisé. La fermeture de Gentilly-2  a fait très mal a-t-elle reconnu.
«Les libéraux ont réussi leur coup avec la peur d'un référendum et la charte qui divise. S'ils gagnent, c'est qu'ils ont réussi quelque chose.»
Elle a aussi admis que son parti a fait des erreurs dans la campagne mais sans les nommer.  «On va faire un debriefing. Pas ce soir. Maintenant, il faut vider le bureau et céder la place. C'est la deuxième fois que je le fais et je vais le faire avec sérénité», a-t-elle déclaré tout en remerciant chaudement son équipe. «Je vais passer à autre chose, mais pas une retraite. Je ne connais pas ça. Je vais sortir avec toi, a-t-elle lancé affectueusement à son mari. Il y a longtemps qu'on ne sort plus ensemble.»
Un peu plus bas sur la rue Saint-Laurent, le nouveau député libéral, Pierre Michel Auger célébrait sa victoire avec son équipe de bénévoles et des membres de sa famille. Il assure n'avoir jamais douté de sa victoire, et ce dès le début de la campagne.
«Sincèrement, sur le terrain je le sentais depuis le début, pour toute la Mauricie même. Bien sûr, à la fin, il y avait une remontée de la CAQ  mais pas assez. On a maintenu notre plan de match sans y déroger. Moi,  j'ai parlé de tourisme, de Cloutier du Rivage et ça a bien fonctionné. Le chef a bien joué sa stratégie aussi. À cinq, on va tirer fort pour relever la Mauricie.»
M.  Auger a tenu à rendre hommage à son adversaire péquiste. «Mme Champagne a été 10 ans députée et 6 ans attachée politique. C'est 16 ans au service de la population de Champlain. Je l'en remercie de la part des électeurs et lui lève mon chapeau. Moi maintenant,  je suis un député avant tout, et je veux reprendre le travail où je l'ai laissé.»