Jean-François Royal, directeur du Musée des religions du monde de Nicolet.

Au secours des musées

Comme plusieurs de ses collègues, Jean-François Royal est ravi que le ministre de la Culture et des Communications Maka Kotto s'intéresse au sort des musées. Mais le directeur du Musée des religions du monde de Nicolet souhaiterait que les mesures annoncées mercredi par le ministre puissent s'actualiser plus rapidement ou que du moins, des dispositions transitoires permettent aux musées de reprendre leur souffle.
«Le milieu muséal est essoufflé. On doit toujours faire plus avec moins. On manque d'argent, on manque de ressources professionnelles parce qu'on n'est pas capable de payer nos employés qui font leurs classes chez nous et s'en vont ailleurs après», illustrait M. Royal au lendemain de la présentation d'un plan d'action du ministère de la Culture et des Communications concernant l'avenir du réseau muséal québécois.
Axé autour de six grandes orientations, ce plan fait suite à la publication, en octobre dernier, du rapport du Groupe de travail sur l'avenir du réseau muséal québécois.
«Le point positif, c'est que ça fait dix ans qu'on ne s'occupe pas de nous et là, on voit une volonté réelle de soutenir le réseau muséal. Mais comme on a du retard accumulé depuis dix ans, on aurait aimé avoir des mesures transitoires, des montants en attendant que les orientations se concrétisent», résume M. Royal.
«On gère la décroissance. Rien n'est indexé depuis 10 ans. Nous, on ne reçoit pas plus d'argent, mais l'électricité, les salaires, les matériaux dont on se sert sont indexés, eux...», ajoute-t-il en surlignant l'enjeu majeur qui fragilise la survie et le développement des musées: le financement.
Une des orientations du plan prévoit «la création d'une table interministérielle des affaires muséales veillant à l'harmonisation des actions des différents ministères concernés». Jean-François Royal y voit une bonne idée dans la mesure où d'autres ministères que celui de la Culture pourraient contribuer au financement de certaines institutions, ou mettre en place des mesures favorisant la fréquentation des musées.
Il donne l'exemple du ministère des Ressources naturelles, qui pourrait aider le Centre de la biodiversité de Bécancour, ou encore du Secrétariat aux affaires autochtones, potentiellement utile au Musée des Abénakis d'Odanak. Il suggérerait aussi au ministère de l'Éducation d'intégrer dans les cursus scolaires des visites dans les musées comme incitatifs à la consommation de la culture.
Un autre point du plan d'action instaurerait «une typologie et un mécanisme d'agrément des musées». En clair, les musées seraient soumis à une évaluation qui permettrait une caractérisation plus précise, assortie d'un financement correspondant.
En 2012, on recensait 437 établissements muséaux au Québec dont trois musées d'État. Le ministère «reconnaît» 188 établissements muséaux. De ce nombre, 123 sont reconnus et soutenus et 65 sont reconnus et non soutenus, donc privés de soutien financier récurrent, mais admissibles à des subventions ponctuelles.
En Mauricie on compte 22 établissements, dont huit reconnus et soutenus, cinq reconnus et non soutenus (Musée des Ursulines, Boréalis...) et neuf non reconnus et non soutenus. Au Centre-du-Québec, six établissements sont reconnus et soutenus (Musées des abénakis, Maison Rodolphe-Duguay...), deux sont reconnus (dont le Centre de la biodiversité) et six ne sont ni l'un ni l'autre.