Claude Vaugeois, ex-président de l'APL.

Asphaltage au lac à la Tortue: «Une question d'équité»

Dans l'esprit de Claude Vaugeois, ex-président de l'Association pour la protection du lac à la Tortue, l'accord obtenu l'an dernier avec la Ville de Shawinigan pour que le pavage dans le cadre du projet d'assainissement des eaux usées soit assumé par l'ensemble de la collectivité n'était aucunement lié à la générosité de l'aide financière consentie par Québec et Ottawa. Son approche était plutôt motivée par une question d'équité.
Ce débat s'est enflammé lors de la dernière séance publique régulière du conseil municipal de Shawinigan, mardi soir. Il porte sur la décision des élus de retraiter sur l'engagement annoncé en mars 2016, selon lequel les coûts d'asphaltage seraient assumés par l'ensemble de la collectivité et non uniquement par les résidents visés par le projet.
Le conseil municipal a profité d'une aide financière plus généreuse accordée dans le cadre du Fonds pour l'eau potable et le traitement des eaux usées pour balayer son engagement sous le tapis.
Aujourd'hui, M. Vaugeois suit cette controverse de loin, puisqu'il a déménagé dans le secteur Saint-Jean-des-Piles; il ne fait donc plus partie de l'APL. Mais dans son esprit, la hauteur de l'aide financière accordée par les paliers supérieurs ne devrait pas influencer la philosophie du conseil municipal.
«C'est une question d'équité», explique-t-il. «Quand la Ville fait un projet de réfection de rue à Shawinigan-Sud, les citoyens ne paient pas pour les services qu'ils ont déjà payés. Quand c'est un projet de réfection, l'ensemble des citoyens contribuent.»
Le maire, Michel Angers, a déjà mentionné que dans l'esprit du conseil municipal, le projet d'assainissement des eaux usées et d'aqueduc autour du lac à la Tortue doit être considéré au même titre qu'un nouveau développement, puisque ce secteur ne disposait pas de ces services. Or, M. Vaugeois rétorque qu'il existe bel et bien une rue à l'heure actuelle.
«Les gens de Lac-à-la-Tortue ont déjà payé pour la voirie», fait-il remarquer. «C'est plus que l'asphalte; c'est aussi les fondations! Ça a été fait avec les normes de l'époque.»
Sur un projet de 43 millions $, la part des travaux d'asphaltage payée directement par les résidents du secteur équivaut à un montant de 440 000 $, selon la Ville. 
«Étant sorti du périmètre qui va être taxé, ça fait mon affaire que je n'aie pas à payer pour le lac à la Tortue!», rigole M. Vaugeois.
«Mais je ne trouve pas ça correct. Je suis resté naïf malgré mon âge, j'ai toujours défendu certains idéaux. Je trouve que la position de la Ville n'est pas équitable. Ce n'est pas une question de prix, mais d'équité. À Shawinigan, est-ce que les citoyens ont déjà payé deux fois pour un service qu'ils avaient déjà payé?»
M. Vaugeois respecte néanmoins la nouvelle position de l'APL, qui n'a rien trouvé à redire au sujet du changement de cap de la Ville. L'actuelle présidente, Kathy Béliveau, se rallie aux arguments de M. Angers en notant que la décision du conseil municipal de qualifier le projet dans un nouveau programme permettra aux riverains d'épargner beaucoup d'argent.
«C'est rendu très abordable», convient M. Vaugeois. «Rendu à 17 % alors qu'on avait déjà parlé de 50 %... Il ne faut pas se leurrer: la position financière de la Ville étant ce qu'elle est, si elle peut économiser quelques centaines de milliers de dollars, ils vont le faire. Le dossier a quand même progressé avec ce maire, contrairement à ce qui s'était passé avec les autres. Parfois, il faut choisir ses batailles!»
Le conseil municipal pourrait-il revenir sur sa position? En répondant à Robert Despins à la fin de la période de questions mardi soir, alors que ce citoyen réclamait aussi que la communauté «participe à l'ensemble des travaux», le maire a répondu que les élus «allaient prendre note de cela». Le sujet sera assurément abordé lors de la prochaine séance privée, surtout que le conseiller du secteur concerné, Martin Asselin, sera revenu de vacances.
En attendant, la Ville de Shawinigan a annoncé, mercredi après-midi, qu'elle avait créé une page d'information sur son site web concernant les conséquences des travaux à venir autour du lac à la Tortue.