Annie Blanchard vient de lancer son troisième album aux inspirations country et folk.

Annie Blanchard: l'amour du country et du folk

«Je suis une fille de country et de folk. Je n'ai pas pris le chemin facile: j'aurais pu prendre l'autoroute, mais j'ai pris les chemins de campagne. Je voulais rester qui je suis.» Cette déclaration illustre l'essence d'Annie Blanchard, à la fois sous l'angle de sa personnalité que sous celui de la trajectoire de sa carrière.
Avec son troisième album, la chanteuse d'origine acadienne a l'impression d'être parvenue le plus près du son qui l'identifie, qui correspond le plus à ce qu'elle est. «J'ai eu un gros hit avec Évangéline au début de ma carrière. Mais après je me suis demandée: «Je suis qui, moi? Qu'est-ce que je veux?» Évangéline était tellement unique, il fallait que je trouve mon son», explique l'artiste qui s'est fait connaître du grand public grâce à sa participation à Star Académie en 2005.
Même si elle exprime sa fierté vis-à-vis ses deux premiers albums, Annie Blanchard considère que c'est la complicité avec deux nouveaux musiciens qui a contribué à l'atteinte du fameux son qui miroite sa personnalité musicale. «Je suis très fière de mes deux albums, mais pour celui-ci, je me sens plus comme une chanteuse avec mon band plutôt que comme une chanteuse solo. J'ai toujours été une fille de gang, une fille d'équipe», indique-t-elle.
Ces deux complices, ce sont les musiciens Jean-Philippe Lagueux et Louis-Philippe Quesnel, qui ont accompagné la chanteuse en 2010. «Je m'en allais en Suisse pour faire deux spectacles et j'avais besoin de musiciens parce que les miens n'étaient pas disponibles. Je cherchais des musiciens qui jouaient bien, mais aussi qui chantent bien, pour m'accompagner dans les choeurs», raconte Annie Blanchard en se remémorant le contexte de la rencontre avec le duo qui a conçu son album avec elle.
«Dès qu'on a été les trois ensemble, ça a été une chimie incroyable. L'album, on l'a travaillé sur scène. C'est là que le son s'est vraiment formé. Quand on a décidé de faire l'album, on se rencontrait une fois par semaine pour écrire des chansons, des mélodies. On a fait beaucoup de recherche et de travail. On s'est rendus compte que nos forces étaient dans la composition de la musique, alors on a demandé à des auteurs de participer aux textes», explique la chanteuse.
Nelson Minville, Steve Marin, Amélie Larocque et Alexandre Poulin comptent parmi les auteurs qui ont prêté leur plume à la chanteuse, parfois pour les textes, parfois pour les paroles et la musique.
À entendre Annie Blanchard décrire chacune de ses chansons, on constate qu'elle a pu y exploiter ses penchants pour le folk et le country, particulièrement ceux des années 1970. Ses influences s'énumèrent à mesure qu'elle décortique ses chansons.
En parlant de Je dirai je t'aime, elle affirme: «J'aime Joni Mitchell des années 1970, du temps de Big Yellow Taxi. J'aime ces riffs de guitare, tellement uniques. J'ai un côté hippie (mais hippie clean!) en moi. Je voulais trouver une mélodie qui allait chercher ça, quelque chose de simple. C'est mon coup de coeur musical au niveau spectacle».
«Retrouver l'horizon, c'est notre chanson road trip à la Band on the Run, de Paul McCartney, tandis que Mon étoile est la chanson country rock assumée. C'est quand je me prends pour Dolly Parton, avec un petit côté Johnny Cash! C'est une chanson de liberté», explique-t-elle aussi. Si ses chansons parlent beaucoup d'amour et de route, Annie Blanchard conclut son album par sa pièce la plus personnelle, Je vous vois encore mieux.
Amélie Larocque a offert cette composition à Annie Blanchard pour l'aider à traverser le deuil de deux de se proches décédés du cancer en 2012 dans un intervalle rapproché. Le texte transmet le message réconfortant de la personne qui part vers l'au-delà.
Coiffeuse de formation, Annie Blanchard gagne sa vie avec la musique depuis neuf ans maintenant. Elle est satisfaite du chemin parcouru. «Je suis restée fidèle à qui j'étais. Je voulais être heureuse dans ce que je faisais, rester vraie». Et rester vraie signifiait choisir de mettre de l'avant la musique qu'elle aimait.
«J'aime la chaleur de cette musique-là, qui vient tellement du coeur. À 15 ans, j'écoutais du country américain. J'aime le côté famille de cette musique-là, c'est rassembleur. C'est une musique qui fait du bien», apprécie-t-elle.