La première est une charmante chanteuse de 19 ans, la deuxième une pétillante bassiste de 20 ans, Anne Tremblay et Alice Munger sont toutes les deux pratiquement nées dans les coulisses de Québec Issime.

Anne et Alice passent du rêve à la réalité

La première est une charmante chanteuse de 19 ans, la deuxième une pétillante bassiste de 20 ans, Anne Tremblay et Alice Munger sont toutes les deux pratiquement nées dans les coulisses de Québec Issime, rêvent d'intégrer les différentes productions de la troupe depuis leur prime enfance et y sont drôlement bien parvenues. Cet été, les deux jeunes femmes passeront l'été sur les planches de la salle J.-Antonio-Thompson pour le spectacle De Céline Dion à La Bolduc, une aventure musicale qu'elles abordent avec une belle fébrilité.
Le rêve d'ANNE...
Anne Tremblay est la fille de Karine Riverin, chanteuse pionnière de Québec Issime qui est aujourd'hui dans la distribution du spectacle Cowboys, présenté cet été à Sherbrooke.
Il y a 19 ans, à la toute première saison du spectacle De Céline Dion à la Bolduc, la dame était aux premiers rangs de cette cuvée initiale, mais a dû s'arrêter le temps de quelques représentations pour donner naissance à Anne, une fillette qui a grandi dans les coulisses en attendant de gagner naturellement les planches. D'aussi loin qu'elle se souvienne, Anne Tremblay a toujours cru en son rêve.
«Je passais tous les étés avec mes grands-parents dans les coulisses, dans les loges, assise dans la salle pour regarder le spectacle ou dans les marches s'il n'y avait plus de place. C'était l'activité de l'été. On y allait tous les soirs si possible et, de retour à la maison, ma soeur et moi, on enfilait des grandes robes, on mettait le disque du show dans le radio et on chantait toutes les chansons», défile l'interprète.
Il y a belle lurette que le répertoire du spectacle De Céline Dion à la Bolduc est incrusté dans la mémoire d'Anne Tremblay, mais c'est en gravissant les échelons qu'elle est parvenue à se l'approprier sur scène.
À l'âge de 8 ans, elle a joué le rôle de La petite fille aux allumettes dans le spectacle Décembre. À 11 et 12 ans, elle a gagné la distribution du spectacle Expressio pour y camper le personnage d'un enfant. C'est à 15 ans qu'elle a concrétisé son rêve en intégrant De Céline Dion à La Bolduc, un défi qu'elle relève avec passion et qu'elle peaufine d'année en année.
Au moment de l'entrevue, elle confiait avoir vécu tout juste la veille, à Trois-Rivières, un très beau moment de son jeune parcours en entonnant Monopolis, classique de Starmania. «J'ai travaillé dur pour me rendre là», souffle-t-elle. «Monopolis n'est pas nécessairement dans mon registre et hier (lundi), je l'ai vraiment bien eue. Ma coach vocale était contente et j'ai vraiment senti que j'avais grimpé un couple de marches.»
Sur le spectacle qui sera présenté à Trois-Rivières cet été, on la retrouvera aussi dans des pièces de Lynda Lemay, Marie Carmen, Clémence Desrochers, Renée Claude, Dominique Michel, Jenny Rock et Pauline Julien.
Anne Tremblay aimerait bien un jour avoir l'occasion de chanter avec sa mère sur scène, plaisir qu'elles n'ont connu qu'une seule fois il y a une dizaine d'années, sur le spectacle Décembre. En fait, elle passerait volontiers sa vie avec Québec Issime, en partageant au besoin la scène avec l'enseignement au primaire. Car c'est dans cette branche qu'elle étudiera, après avoir terminé son DEC en sciences humaines. La jeune femme connaît trop le milieu de la chanson. «Le rêve est là. Si l'occasion de faire carrière comme chanteuse se présente tant mieux, mais je sais que c'est un métier très difficile.»
Elle plisse le nez timidement quand on évoque des émissions comme La Voix ou Star Académie. «Je ne pense pas que j'y serais bien... Je suis bien là où je suis. Québec Issime, c'est très familial comme ambiance et c'est ce que j'aime. Il n'y a pas de vedettariat ici et je me trouve tellement chanceuse d'être là», dit-elle.
La jeune interprète était de la distribution à Trois-Rivières l'été dernier et elle rêvait d'y revenir cette année. Elle aime l'ambiance de la ville, les terrasses de la rue des Forges, l'accueil reçu, le public. «Les gens prennent bien le spectacle, ils embarquent beaucoup et l'ambiance est vraiment agréable», dit-elle en envisageant la suite avec enthousiasme. «Ce sera un été plein d'énergie, de plaisir et de fous rires», prédit-elle.
La chanteuse sourit d'ailleurs déjà en écoutant Alice Munger raconter son propre parcours avec fougue. Bien au-delà de Québec Issime ou de la musique, les deux jeunes filles se sont connues à l'école primaire, avant de se perdre de vue.
«Et je peux vous dire qu'elle était attendue, Alice!», lance sa collègue. «C'était spécial pour nous, les chanteuses, de voir arriver une fille dans le band. Elle est comme un vent de fraîcheur!»
L'histoire d'Alice...
Alice, c'est Alice Munger, toute première fille à avoir intégré un band de Québec Issime dans toute l'histoire de la troupe, et elle n'en est pas peu fière. L'occasion s'est présentée en mars dernier, lorsque le bassiste de la formation a été engagé par les Forces armées canadiennes.
«Il était mon premier professeur!», raconte la musicienne. «Quand j'ai commencé à jouer de la basse, mon tout premier but était de jouer avec Québec Issime et lui, il était en train d'apprendre le show... Six ans plus tard, il m'appelle et me dit que je suis digne de prendre sa gig», souffle-t-elle. «C'est une belle histoire d'élève-prof, je trouve. J'ai toujours tellement admiré ceux qui faisaient partie de Québec Issime...»
Avec une mère chorégraphe et un père saxophoniste pour la troupe, Alice est pratiquement née dans les coulisses elle aussi, d'autant plus qu'enfant, elle habitait la même rue que Le Palace, théâtre de la troupe à Arvida.
Passionnée de musique depuis l'enfance, c'est néanmoins en ballet classique qu'elle a performé pendant 12 ans avant d'en arriver au constat que le statut de ballerine ne lui souriait plus. Surtout pas avec les critères qui exigent un corps presque fait sur mesure pour cette discipline, à défaut de quoi l'estime de soi en prend un solide coup, explique-t-elle.
La jeune femme a alors rejoint ses premières amours, elle qui est issue d'une famille et d'une parenté de musiciens. Alice a touché à la flûte, au saxophone et au piano avant de penser à la guitare, pour finalement choisir la basse. Aujourd'hui, elle étudie la musique à l'UQAM et vise un jour pouvoir voyager avec la musique.
Mais tout d'abord cet été, elle concrétise déjà son premier rêve, celui de joindre les rangs de Québec Issime. La jeune femme n'a pas fait dix représentations encore comme musicienne que déjà, elle adore. «C'est vraiment merveilleux. Comme si j'avais toujours été là», sourit-elle.
Elle préfère cette expérience à celle du groupe de filles auquel elle appartenait et qui lui a donné à vivre quelques clichés bien sentis, dit-elle. «L'énergie du public était un peu démesuré. Ça filmait, ça prenait des photos, j'avais l'impression que les gens nous écoutaient plus avec leurs yeux...», dit-elle.
Aujourd'hui non seulement elle intègre une troupe à l'esprit familial, mais elle retrouve aussi Anne Tremblay, après toutes ces années. «Disons que ce sera autre chose que de se faire des peurs en arrière des vieilles écoles!», rigolent-elles.