Anik Jean se tourne vers la lumière

Le Nouvelliste
Depuis six mois, Anik Jean est passée du côté de la lumière,  une nouvelle sphère que la chanteuse relie essentiellement à son nouvel état d'amoureuse. Avec ses deux premiers albums, elle avait habitué son public à visiter la noirceur et les états d'âme torturés mais dans son troisième opus, elle témoigne nettement de la transition qui s'est opérée chez elle.
«C'est vraiment un album en trois parties», fait-elle remarquer. La première partie est porteuse de textes plus sombres, inspirés d'une relation malsaine qui la minait jusqu'à ce qu'elle y mette fin en novembre dernier. La seconde portion de l'album reflète la suite, notamment son rendez-vous difficile avec elle-même, alors que dans le troisième tiers de l'album, on retrouve les pièces d'une grande amoureuse.
Dans cet esprit, la chanteuse s'est d'ailleurs permise  de reprendre ses deux chansons d'amour préférées, Mon Dieu, un cri du coeur d'Édith Piaf, et Wild is the Wind, pièce de son idole de toujours, David Bowie. Or cette pièce, non seulement elle la reprend avec enthousiasme, mais elle la chante entourée des musiciens de Bowie lui-même.
Il faut dire que côté musique, Anik Jean profite d'opportunités inouïes, et ce, depuis ses débuts avec la rencontre décisive de Jean Leloup. «Celui-là, je lui en dois une à vie!» sourit-elle.
Or aujourd'hui, sa chance se poursuit. Pour son 2e album, elle s'était alliée les services du réalisateur Mark Plati, qui avait oeuvré avec les Bowie, The Cure, Les Rita Mitsouko et compagnie, ses inspirations.
De là est née son amitié avec le guitariste de David Bowie, Earl Slick. Or non seulement ce dernier lui a offert la possibilité de réunir les musiciens de Bowie pour enregistrer son album mais il lui a aussi organisé un rendez-vous musical avec Robert Smith, chanteur du groupe britannique The Cure.
Un rêve pour elle, qui s'est traduit sur son album avec la chanson J'aurai tout essayé, qu'elle interprète avec Smith. «Lui, il était en Angleterre. Il m'a fait parvenir ses tracks», raconte-t-elle avec fébrilité. «J'avais les tracks de Robert Smith! Je capotais.»
C'est Anik Jean elle-même qui a dirigé tout ce beau monde puisqu'elle a réalisé son album complètement, en plus de mixer les chansons et de signer les arrangements. Et cette fois-ci, plus question de se dissimuler derrière la musique, comme elle le faisait auparavant par insécurité, dit-elle.
«Cette fois-ci, je laisse voir mon côté plus vulnérable. Avant, j'écrivais dans des moments d'amour-torture alors tout ce qui sortait était évidemment ténébreux. C'est tout nouveau pour moi d'écrire dans cet état-là, plus lumineux», dit-elle. «De la façon dont je me sens maintenant avec Patrick (Huard), je voulais chanter quelque chose qui me ressemble plus. Tout ça, c'est la faute à un clown!»
La chance tourne aussi au grand écran
Anik Jean a saisi aussi une fort belle occasion de se révéler au grand écran, elle qui a toujours porté un soin particulier à ses vidéoclips, si bien que les réalisateurs voyaient en elle un potentiel certain.
Profitant cette fois d'une amitié de quatre ans avec Patrick Huard, elle lui avait déjà manifesté son désir de cinéma, ce à quoi il a répondu en novembre dernier par une offre pour son prochain film Filière 13, qui sortira le 6 août. Anik Jean y sera entourée de  Guillaume Lemay-Thivierge, Claude Legault et Paul Doucet et y incarnera la blonde d'un des trois compères, une fille pétillante et ultra-joyeuse, à mille lieues de ce qu'elle vivait.
Car au jour de son audition, parmi 16 autres comédiennes, Anik Jean venait de vivre une tumultueuse dispute conjugale. «Je me suis fait deux tresses, je me suis habillée comme le personnage et j'y suis allée. Patrick se demandait ce que j'avais mangé ce matin-là...»
Au retour, résolue, elle a signalé la porte de sortie à son conjoint des deux dernières années. Si bien que le soir, lorsque Huard l'a rappelée pour lui annoncer qu'elle obtenait le rôle, elle lui a révélé le lot de ses deux derniers jours. On connaît la suite, avec transfert d'une amitié en sentiment amoureux sur le plateau de tournage.
Anik Jean est ressortie éblouie de sa première expérience  cinématographique, et n'en revient toujours pas de sa chance d'avoir enregistré son album avec l'entourage de David Bowie. «David Bowie, c'était mon premier show à vie en 1988. J'avais 8 ans! Et aujourd'hui je me ramasse avec ses musiciens...» Autant d'événements qui font qu'aujourd'hui, elle considère que peu importe les albums à venir, celui-ci demeurera son préféré, dit-elle.