Le pianiste André Laplante sera l'invité de l'OSTR dimanche.

André Laplante et l'OSTR joueront Brahms

En octobre 2011, le pianiste André Laplante éblouissait le public de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières en interprétant dans le même programme deux concertos de Liszt. Dimanche prochain, le musicien et l'orchestre s'uniront à nouveau, mais dans un programme dédié à Brahms. André Laplante livrera le deuxième concerto du compositeur allemand avant la présentation de sa première symphonie par l'orchestre en seconde partie de concert.
Après avoir mutuellement apprécié l'expérience de travailler ensemble en 2011, le pianiste et le chef de l'OSTR Jacques Lacombe se sont dit qu'il faudrait bien réitérer la collaboration. Le Concerto no 2 en si bémol majeur de Brahms figurait parmi les oeuvres proposées par André Laplante pour cette prochaine rencontre artistique, alors Maestro Lacombe a choisi de combiner la première symphonie du compositeur à son deuxième concerto.
«Brahms est un des très grands compositeurs allemands, avec Beethoven. Il est dans une classe à part. Chacune de ses oeuvres est un monument», soutient le chef en justifiant son idée de consacrer un concert au complet à Johannes Brahms, né en 1833, soit six ans après le décès de son compatriote Beethoven.
«Brahms a vécu longtemps avec un complexe d'infériorité face à Beethoven. Il a attendu 10, 15 ans avant de publier sa première symphonie. Cette symphonie, en do mineur, fait même un clin d'oeil à la cinquième de Beethoven qui est aussi en do mineur. Mais même s'il y a une filiation, ce n'est pas du sous-Beethoven. On ne la jouerait plus aujourd'hui si c'était le cas», poursuit-il.
Cette symphonie a été créée en 1876 par l'orchestre grand-ducal de Karlsruhe. Brahms composa les trois autres symphonies de son répertoire entre 1877 et 1885.
Le concerto
André Laplante a mérité plusieurs prix prestigieux au cours de sa carrière et a joué en Asie, en Europe, en Océanie et en Amérique du Nord. Il a enregistré plusieurs albums, dont un consacré à Brahms, lauréat d'un Félix en 1996.
«Brahms avait un don lyrique incroyable. Sa construction est plutôt classique, mais avec un pied dans l'expression romantique, ce qui donne une flexibilité assez spéciale», observe le pianiste originaire de Rimouski.
«Le mot qui décrit le mieux Brahms est la grandeur. Il a une vision énorme. C'est un défi de tenir cette ligne, cette grandeur. C'est très difficile, et on ne peut pas s'en sortir seulement avec la technique. Il faut une certaine virtuosité», ajoute celui qui partage son savoir avec les élèves du Conservatoire de musique de Montréal.
M. Laplante indique que les quatre mouvements du concerto qu'il interprétera dimanche sont «très indépendants» et demandent à être joués avec des caractères différents. Il parle notamment d'un élan passionné pour décrire les premier et deuxième mouvements, alors qu'il vante le troisième pour, entre autres, ce qu'il considère comme «un des plus beaux solos de violoncelle».
«Le piano entre après ce solo dans une espèce de méditation, et ça redevient dramatique avec l'orchestre. C'est énorme. Tout est joué gros», poursuit le pianiste. Plus léger, le quatrième mouvement est selon lui «beau comme une journée de printemps». (Si André Laplante pouvait faire venir le printemps avec ce quatrième mouvement, ce serait apprécié...!) «Ça finit très grandiose. Le mot-clé est grandeur», conclut le soliste invité en évoquant le deuxième concerto de Brahms.
Le concert est prévu ce dimanche 30 mars à 14 h 30 à la salle J.-Antonio-Thompson.