La scène mouillée a rendu les atterrissages des acrobates beaucoup plus périlleux.

Amos Daragon, toujours une formule gagnante

Les plus grandes quêtes héroïques ne se réalisent pas toujours à l'abri des aléas de la météo. Celle qu'a entrepris, pour la troisième et dernière année, le jeune Amos Daragon, à la Cité de l'énergie mardi soir, n'a certes pas été lancée dans les meilleures conditions météorologiques mais la formule déjà bien rodée n'a pas trop souffert de cette jambette de Dame Nature.
En revoyant le spectacle créé et mis en scène par Bryan Perro, on cherche inévitablement les différences. J'en ai trouvé une seule qui vaut la peine d'être notée et c'est pas faute d'avoir essayé d'en débusquer. La roue allemande avait disparu.
J'ai spontanément pensé que sa disparition pouvait avoir un lien avec les forts vents de mardi, que ces derniers l'avaient peut-être fait rouler dans les eaux de la rivière Saint-Maurice...
Craignant un fait divers, je suis allée aux informations mais on m'a expliqué que c'est un changement d'artiste dans la distribution qui est en cause. Pas d'inquiétude à avoir, l'acrobate n'était pas en danger.
Pour le reste, cette troisième mouture est tout en continuité. En tout cas, c'est ce que me dit mon département d'archives mentales. Probablement finement peaufinée ici et là, mais on ne s'est pas risqué à bousculer ce qui fonctionne.
Les numéros d'acrobaties sont toujours aussi spectaculaires et à couper le souffle. La trame narrative remplit toujours bien sa fonction de nous accompagner dans le récit et les images projetées sur les décors lui servent d'appui de façon ludique et amusante. Tout comme la trame sonore de Jeannot Bournival qu'on écoute avec le même bonheur.
Ce décor qui utilise en toile de fond le site de la Cité de l'énergie est toujours aussi impressionnant. Les différents points de vue que nous offrent l'amphithéâtre tournant (et heureusement couvert!) sont exploités avec lamême ingéniosité qui écarquille les yeux des spectateurs depuis deux ans.
La rivière et ses fontaines, la reconstitution du village et le dessous rocailleux de la grande tour sont autant de tableaux qui proposent des ambiances uniques tout en servant aussi efficacement le récit que nos yeux affamés. Mais à la représentation de mardi, il n'y avait pas de décor plus grandiose que celui de la forêt. Les arbres qui tanguent sous la force du vent et l'inlassable pluie ont ajouté de la crédibilité à l'univers fantastique. C'était magique. Tout comme les feux d'artifice qui ont éclaboussé un ciel illuminé par les éclairs. Wow! Le pouvoir de Robert Trudel n'a vraiment pas de limite.
Pour les acrobates, par contre, la performance de mardi devait être des plus éreintantes. Deux d'entre eux ont d'ailleurs glissé sur la scène mouillée, et ce, malgré les efforts du personnel pour assécher leur espace de travail. Heureusement, les modules qui sont escaladés par plusieurs artistes sont antidérapants mais ils ne cachaient pas qu'il fallait prendre plus de précautions.
Les artistes ont donc fait preuve d'une plus grande retenue dans leur prestation. On peut les comprendre. Malgré l'empathie qu'on pouvait ressentir, il y avait un certain plaisir coupable à les voir s'exécuter avec un tel professionnalisme dans de telles conditions. C'était stressant et spectaculaire.
Ils ont prouvé que même Dame Nature ne peut empêcher un porteur de masque de se rendre au bout de sa quête.
L'an prochain Bryan Perro présentera un autre volet des aventures d'Amos Daragon, je vous suggère donc de saisir l'occasion de voir ce premier chapitre avant la fin de l'été. Beau temps, mauvais temps.