Le candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, a eu de bons mots, lundi matin, pour Pierre Karl Péladeau.

Alexis Deschênes vante Péladeau

Le candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, a encore une fois été rattrapé par son ancien métier de journaliste.
<p>L'annonce de la candidature de Pierre Karl Péladeau pour le Parti québécois dans Saint Jérôme, par la première ministre Pauline Marois, a suscité nombre de réactions dans la région, lundi.</p>
Alors que l'ex-courriériste parlementaire avait dû vivre avec l'inconfortable décision de la première ministre de ne pas répondre aux questions des journalistes des médias nationaux lors du lancement de sa campagne à Trois-Rivières, ce qui le plaçait en porte-à-faux avec ses anciens collègues, voici que son passé le rejoint à nouveau, cette fois dans le dossier de la candidature du patron de presse Pierre Karl Péladeau, comme candidat péquiste dans Saint-Jérôme.
Ses anciens collègues de la tribune parlementaire ont beau prétendre que M. Deschênes, ex-employé de Québecor, ne faisait pas de cachette de sa piètre opinion de ce groupe de presse et que surtout, il avait déclaré à son départ qu'il en avait assez «de se faire dicter ses reportages par la haute direction», lundi, l'ex-journaliste faisait plutôt dans la nuance et soutenait «qu'il n'avait jamais eu de mots très durs à l'endroit de Pierre Karl Péladeau».
Il a ajouté qu'il accueillait sa candidature à bras ouverts et que cette dernière démontrait que le Parti québécois, comme il l'était en 1976, est encore un grand parti de coalition qui rassemble des gens de divers horizons. «Et moi, j'accueille Pierre Karl Péladeau parce que c'est un atout, un ajout, un candidat d'envergure, un homme qui est à la tête d'un des plus grands fleurons de l'entrepreneuriat québécois. C'est une fierté, ça vient étoffer notre équipe davantage. Dans une famille, il y a des gens qui ont des opinions différentes mais il y a toujours un lien. Dans notre famille, le lien c'est notre désir de faire du Québec un pays. Et là-dedans, ça va me faire un grand plaisir de travailler avec M. Péladeau.»
Comme pour faire contrepoids aux déclarations étonnées des journalistes qui l'ont bien connu, parues dans La Presse lundi, le candidat péquiste a aussi tenu à rappeler que lors de son départ de la tribune de la presse à Québec, dont il était le vice-président, on avait dit de lui «Alexis est droit comme un chêne». «Alors moi je voudrais qu'on retienne ça. Je serai toujours droit comme un chêne face à mes responsabilités lorsque je serai élu député.»
Le candidat s'est dit par ailleurs au courant de l'émoi qu'avait semé dans la profession journalistique le lock-out au Journal de Montréal, et des démarches entreprises par la suite pour changer les dispositions du Code du travail afin de tenir compte des progrès technologiques en informatique et de ne plus se retrouver dans une situation semblable, alors que M. Péladeau avait pu faire imprimer ses journaux ailleurs pendant le conflit, en toute impunité.
Le Parti québécois, dans l'opposition à l'époque, avait réclamé cette modernisation des lois du travail. C'est par ailleurs un fait connu que M. Péladeau était contre l'idée. Or, récemment, le PQ l'a abandonnée.
Interrogé à savoir s'il était à l'aise avec cette décision de sa formation politique, M. Deschênes a déclaré «qu'il est vrai que la plateforme ne parle pas de la réforme du Code du travail.»
«Agnès Maltais nous l'a dit récemment. Elle a fait le tour des intervenants et ce qui a été retenu, c'est que la priorité était de moderniser la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Ça va être le chantier de travail sur lequel le gouvernement s'engage et c'est ce qui est dans la plateforme électorale.»
Lorsqu'on lui demande si, dans l'avenir, une fois devenu député, il s'engage à défendre le dossier de la réforme du Code du travail pour protéger les conditions de travail des journalistes en grève ou victimes de lock-out, Alexis Deschênes répond «que s'il devient député, il s'engage à appliquer la plateforme électorale du Parti québécois. Je suis tout à fait à l'aise avec la plateforme du Parti québécois. Je pense que c'est le meilleur plan, ça touche plusieurs secteurs d'activités», a-t-il conclu.
M. Deschênes a répondu aux questions des médias alors que tous les candidats péquistes de la Mauricie tenaient un point de presse, lundi matin, pour une présentation officielle de leur candidature. Ils ont aussi lancé le message aux électeurs que plus les députés péquistes seront nombreux «dans le prochain gouvernement péquiste majoritaire» mieux ils pourront défendre les intérêts de la région.