Alexis Deschênes: «Je suis fier d'avoir été choisi» (vidéo)

Pour son premier point de presse, le candidat du Parti québécois dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes, qu'on a présenté officiellement jeudi aux médias, s'est retrouvé au peu malgré lui au coeur du débat sur la pertinence ou non de présenter un candidat parachuté dans la circonscription trifluvienne.
<p>Le ministre de l'Environnement, responsable de la région, Yves-François Blanchet, le candidat péquiste dans Trois-Rivières, Alexis Deschênes et le président de l'Association péquiste de Trois-Rivières, Yves Rocheleau.</p>
Alors que le jeune candidat avait livré un discours teinté de lyrisme où il confiait «serrer la main de son destin» en se lançant enfin en politique et où il précisait se présenter pour l'indépendance du Québec, la promotion de l'égalité des chances et pour le développement des régions du Québec, les premières questions ont plutôt porté sur les circonstances de son arrivée dans la circonscription.
Le président de l'association péquiste de Trois-Rivières, Yves Rocheleau, s'est dit heureux de répondre à cette question et de préciser que lorsqu'il avait appris qu'Alexis Deschênes cherchait un comté, il l'avait invité à venir rencontrer l'exécutif. Une entrevue de 90 minutes s'en est suivie, d'où l'exécutif serait ressorti impressionné.
M. Rocheleau a chaudement vanté les qualités du candidat, particulièrement ses convictions indépendantistes, qualités qu'il n'a vraisemblablement pas trouvées chez les autres candidats locaux.
M. Rocheleau a avoué qu'il n'y a pas eu de rencontres formelles avec d'autres candidats potentiels. «Il y a eu des invitations qui ont fait l'objet d'un refus.» Quand on a essayé de savoir pourquoi, étonnamment, ces personnes n'ont pas voulu rencontrer le président de l'association trifluvienne, ce dernier s'est un peu empêtré dans ses réponses, parlant de «cédules de fonctionnement», etc.
Visiblement agacé par la tournure que prenait le point de presse, le ministre responsable de la région, Yves François Blanchet, a tenté de faire dévier le débat reprochant aux médias d'en faire tout un plat et prétextant que «la régie interne du parti» n'était pas le sujet de la conférence de presse.
Mais cela dit, lorsqu'on a demandé à Alexis Deschênes comment il comptait refaire l'unité chez les péquistes de sa circonscription, il a répondu qu'il comprenait les réactions exprimées jusqu'à maintenant. Qu'il avait pris contact avec l'ex-députée Paule Brunelle et l'ex-ministre Guy Julien.
«Je tends la main à ces gens-là. Mme Brunelle m'a dit qu'elle aurait mieux aimé quelqu'un de la région... mais que ce n'était pas insurmontable. J'ai laissé mon numéro de téléphone et lui ai dit que je serai à son écoute. M. Guy Julien, je dois dîner avec lui la semaine prochaine. On a discuté et il m'a dit qu'il est prêt à travailler avec moi. Me Rioux, je l'ai appelé aussi. Un appel de courtoisie. J'espère pouvoir le rencontrer dans l'avenir. Je vais tendre la main aux souverainistes de Trois-Rivières. C'est notre responsabilité de gagner dans Trois-Rivières. Pour le comté mais aussi pour l'indépendance», a-t-il déclaré.
Lors de son discours, M. Deschênes a confié que la politique faisait partie de lui depuis toujours (il a été désigné maire d'un jour de sa localité en Gaspésie lorsqu'il était enfant). À 35 ans, père de trois enfants, avec un diplôme de droit tout frais en poche, l'ex-journaliste affirme vouloir contribuer et travailler au développement des régions et particulièrement de Trois-Rivières.
Si sa chef, Pauline Marois, pense pouvoir parler seulement à mots couverts du projet souverainiste, son candidat dans Trois-Rivières, lui, ne met pas de gants blancs et annonce franchement ses couleurs.
«Il n'y a pas plus beau projet politique que de se battre pour la liberté de sa patrie. Il y a la dépendance et l'indépendance, a-t-il lancé. L'indépendance, c'est se permettre de vivre dans une société qui est plus cohérente avec nos valeurs. Se permettre d'avoir un État plus efficace et se donner les moyens d'être plus riches. (...) a-t-il insisté. Plus tard, il a d'ailleurs décoché quelques flèches en direction du fédéral, particulièrement dans les dossiers du port de Trois-Rivières («plombé par Ottawa»), du Parc national des Forges-du-Saint-Maurice et de la pyrrhotite.
Le candidat a déclaré qu'il était fier que l'exécutif de Trois-Rivières ait retenu sa candidature et a promis de tout faire «pour être à la hauteur de cette confiance.»