Sylvain Pronovost

34 ans au Tournoi bantam de Trois-Rivières

En entrant dans son bureau, à l'aréna Claude-Mongrain, Sylvain Pronovost lance: «C'est ma deuxième demeure». Voilà une courte phrase qui résume bien le niveau de son implication dans le Tournoi de hockey bantam de Trois-Rivières, auquel il est associé depuis les débuts. Au fil des 35 éditions, il a gravi les échelons et en préside les destinées depuis 2001.
Son père était bénévole dès les premières heures du Tournoi, et fiston, alors âgé de 14 ans, le suivait à l'aréna. C'est ainsi qu'il a fait ses débuts dans le bénévolat. Depuis, il a tout fait: ambassadeur (préparer la logistique des équipes), juge de but, directeur technique (voir à la logistique au niveau de la réglementation et de l'horaire du tournoi), guichetier, etc.
Même si on est polyvalent, on ne peut tout faire en même temps. D'où l'importance d'être entouré d'une solide organisation et d'une armée de 125 bénévoles. En plus, il peut compter sur une grande stabilité au sein de ses principaux lieutenants, ce qui assure une machine bien huilée. «Depuis des années, ce sont des gens en qui j'ai une pleine confiance. Ils ont la responsabilité de leur secteur respectif. En moyenne, ils comptent 15 ans d'implication au minimum.»
Comme chacun sait ce qu'il a à faire, cela facilite la tâche de tous. «On n'a pas à faire réunion après réunion. J'ai tout le temps dit: c'est un travail d'équipe. Si chacun fait son travail sans mettre son nez dans celui de l'autre, on va avancer et ça va aller mieux. Les gens qui m'entourent sont extraordinaires. C'est une famille. C'est comme ma deuxième famille.»
À chaque année, les membres de l'exécutif se réunissent pendant le tournoi, et le président en profite pour leur demander s'ils seront de retour l'année suivante. «Et ils me répondent toujours: on revient à la condition que tu reviennes», fait savoir celui qui a eu 50 ans dimanche.
Pour lui, chaque bénévole bénéficie de son respect. «Celui qui passe le balai dans les chambres est aussi important que celui qui est à la tête. Parce que s'ils ne sont pas là, il n'y a pas de tournoi.»
Malgré la stabilité de son noyau d'adjoints, les uns quittent et de nouveaux arrivent. Mais le tout se fait en douceur. «Un de nos défis est de préparer la relève. Avec le temps, on a été chanceux. Il y a toujours eu une transition entre les arrivées et les départs. Ceux qui pensent à se retirer préparent leur propre relève. Et quand celle-ci est prête, ils quittent l'esprit en paix.»
Des quelque 80 équipes que le Tournoi accueille annuellement, la moitié provient de l'extérieur. M. Pronovost est fier de ce que l'événement apporte à la ville de Trois-Rivières.
«Le tournoi a une réputation. On a la renommée de bien recevoir les gens et de leur montrer qu'on est fier de notre ville.» En plus, ça survient à une période de l'année (après les Fêtes) où c'est plus tranquille sur le plan économique. «Le tournoi a des retombées économiques pour la ville», confirme notre Tête d'affiche, en faisant allusion à l'argent que dépensent les visiteurs en chambres d'hôtel et en repas dans les restaurants.
Outre la présidence du Tournoi, M. Pronovost s'occupe depuis une trentaine d'années des Mahgs - c'est ainsi qu'on appelle les jeunes qui suivent la Méthode d'apprentissage de hockey sur glace - au Hockey mineur de Trois-Rivières. Il a aussi été entraîneur pendant 30 ans dont cinq au hockey féminin. Il lui est même arrivé de coacher simultanément son gars et une de ses deux filles. En plus, il jouait lui-même au hockey à la même époque. Comme quelqu'un lui a déjà dit: «C'est une bonne partie d'une vie, ça!»
Assurément, M. Pronovost est un amoureux du hockey. Il aurait pu se contenter de jouer à son sport préféré. Mais ça lui prenait plus. «J'ai tout le temps aimé le hockey. Ç'a été comme un coup de foudre. Ç'a été une école de la vie, veut, veut pas. La journée où je n'aurai plus la passion et le plaisir de faire ça, ça va probablement être le temps de céder la place à quelqu'un d'autre.» Mais il n'en est aucunement question pour le moment, car il a toujours la flamme.
Vous pouvez entendre l'entrevue avec notre Tête d'affiche dans l'émission matinale Chez nous le matin, animée par Frédéric Laflamme, au 96,5 FM, entre 6 h et 9 h, ainsi que le reportage présenté au Téléjournal Mauricie du dimanche.