Catherine Silvan est propriétaire de Toilettage Pile au poil.
Catherine Silvan est propriétaire de Toilettage Pile au poil.

Vivement une réouverture pour la santé de l’animal

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Les propriétaires de salon de toilettage lancent un cri d’alarme au gouvernement afin qu’il autorise le plus rapidement possible la réouverture de leur commerce pour assurer la santé et le bien-être des animaux.

«Ce n’est pas une question d’esthétique mais bien de santé animale. Il est temps que le gouvernement se réveille et se mette à la place des animaux», martèle Catherine Silvan, propriétaire du salon Toilettage Pile au poil à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Même son de cloche de la part de Julie Viau, propriétaire du salon Beauté royale à Trois-Rivières. «Les maréchaux-ferrants ont été autorisés à s’occuper des chevaux mais il n’y a rien pour les chiens et les chats. C’est illogique!», déplore-t-elle.

Avec le temps qui s’écoule, les griffes des animaux de compagnie s’allongent au point d’entrer dans les coussinets et de causer des blessures importantes. On constate aussi que l’absence d’un entretien régulier des poils et d’une tonte entraîne des dermatites, des otites, des problèmes oculaires, et par conséquent de plus en plus de consultations en urgence chez les vétérinaires.

Le gouvernement soutient que les salons de toilettage sont des commerces de services au même titre que les salons de coiffure ou d’esthétique et ne peuvent donc pas reprendre leurs activités pour l’instant. Mme Silvan est d’un tout autre avis.

«On ne peut pas comparer le toilettage des animaux aux salons de coiffure. L’être humain peut toujours réussir à s’organiser avec sa teinture et sa coupe de cheveux. L’animal, c’est autre chose. La plupart des personnes ne sont pas équipées pour tondre un animal, elles n’ont pas les bons outils, les bons équipements. Il y a des endroits plus à risques sur un animal qui demandent du savoir-faire. De toute façon, plusieurs propriétaires d’animaux ne sont pas à l’aise de le faire. Autant pour la tonte que la coupe des griffes, car ils ont trop peur de les blesser», a indiqué Mme Sylvan.

Et au dire de Maude Beaumier Messier, propriétaire du Centre canin de Trois-Rivières, le risque de blessures est véritablement accru chez l’animal pour ceux qui s’improvisent toiletteurs, car les coupures ne seront pas toujours apparentes et peuvent s’infecter. «Il est vraiment temps que ça bouge à ce niveau», mentionne-t-elle.

Maude Beaumier Messier du Centre canin de Trois-Rivières en compagnie de Mao.

Présentement, le téléphone ne dérougit pas dans les salons de toilettage, les clients voulant tous savoir s’ils sont ouverts, quand ils le seront, s’ils peuvent être inscrits sur une liste d’attente et quels sont les délais à prévoir avant que l’animal ne soit pris en charge.

«J’ai actuellement 250 personnes sur la liste d’attente. Je n’ai pas le choix. Je vais devoir ouvrir une seconde succursale à Trois-Rivières pour répondre à la demande», souligne Mme Viau.

Julie Viau du salon Beauté royale va ouvrir une seconde succursale

Dans ces salons, on s’explique mal ne pas encore avoir reçu le feu vert pour redémarrer les activités puisque généralement, les toiletteurs sont seuls avec les animaux dans un local ou sinon, les mesures de distanciation sociale demeurent toujours possibles. «Les gens peuvent nous laisser leur animal dans l’entrée et repartir pour revenir les chercher plus tard. Je ne comprends pas pourquoi les pensions pour animaux, par exemple, ont justement eu le droit d’ouvrir et pas nous», ajoute Mme Silvan.

À ce sujet, Mme Beaumier Messier du Centre canin de Trois-Rivières a justement été autorisée à ouvrir sa pension pour animaux. Les activités ont repris lundi. Si, au départ, les contacts entre chiens étaient totalement interdits, cette restriction aurait été levée dernièrement.

Les propriétaires doivent cependant appliquer plusieurs mesures, c’est-à-dire demeurer dans le portique de la pension à leur arrivée avec leur animal en laisse et apporter seulement la nourriture. Les lits et autres jouets sont désormais interdits.

Des produits sont également appliqués sur les animaux pour éliminer les microbes.

Or, la clientèle ne se bouscule pas aux portes des pensions.

«Ça va prendre un bout de temps avant que ça revienne comme avant. Avec le confinement, les gens ont changé leurs habitudes avec leur animal. Ils ont passé beaucoup de temps avec lui. Et ce dernier a probablement appris à être seul à l’occasion. Il reste peut-être tous ceux qui ont adopté un nouvel animal ces dernier mois. Un impact pourrait se faire sentir avec eux lors du retour au travail régulier.

«Actuellement, nous avons moins de clients qu’à notre ouverture. Les réservations à long terme ont été annulées, surtout que les gens risquent de moins voyager au cours des prochains mois. Il y aura des gros défis à surmonter pour s’adapter dans ce domaine, sans compter le fait que je suis toujours à la recherche d’une toiletteuse pour améliorer mon offre de services, ce qui n’est pas chose simple actuellement», conclut Mme Beaumier Messier.