Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan, devant la Place du marché.
Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan, devant la Place du marché.

Vivement une date pour les restaurateurs qui s'impatientent

Shawinigan — Même si les projets de terrasses sur les voies publiques cheminent bien à Trois-Rivières et à Shawinigan, le milieu de la restauration s’impatiente en constatant que le gouvernement tarde à lui donner un signal clair pour la saison cruciale qui s’amorce.

Mardi, les commentaires d’un restaurateur de Drummondville ont beaucoup attiré l’attention à travers le Québec. Laurent Proulx, propriétaire du Vieux-Saint-Charles, menaçait d’ouvrir sa terrasse d’ici la fin de la semaine. En milieu de journée, plusieurs médias indiquaient qu’il se disait prêt à patienter, le temps que le gouvernement du Québec procède à une annonce très attendue, vraisemblablement en début de semaine prochaine.

Cette saute d’humeur n’étonne pas du tout Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan.

«Je ne comprends pas», commente-t-il. 


« Le gouvernement n’annonce rien, zéro! Pourtant, la personne qui mangerait sur une terrasse, à deux mètres d’une autre table, ce ne serait pas plus dangereux qu’aller chez la coiffeuse! »
Claude Villemure, président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan

M. Villemure observe que certains restaurateurs de Shawinigan, qui se débrouillent déjà avec les commandes pour emporter, font preuve d’imagination pour jouer sur la limite des recommandations de la santé publique en permettant aux gens de manger pas très loin de leur établissement, sans que ce soit sur une terrasse à proprement parler.

«Je reçois des messages de restaurateurs qui m’avisent qu’un tel fait ça, pourquoi pas moi», raconte-t-il, pour illustrer la confusion qui règne. «Certains sont imaginatifs, jouent sur la ligne.»

Gena Déziel, directrice générale de Trois-Rivières Centre, croit que la majorité des restaurateurs se plient toujours aux consignes pour le moment.

«Mais on s’entend sur le fait qu’ils ont hâte», détecte-t-elle. «Ça fait déjà très longtemps qu’ils attendent. En fait, ils veulent une date, de l’information. Pour l’instant, ils sont encore dans le néant. L’inquiétude, c’est de ne pas savoir.»

La frustration a monté d’un cran depuis que le gouvernement a autorisé les rassemblements de dix personnes venant de trois familles, le 22 mai.

«Comme me disait un restaurateur, leur plus gros compétiteur, c’est le BBQ à la maison!», cite Mme Déziel. «On peut se rassembler dans les cours arrière, mais pas dans un restaurant...»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, relève aussi l’«incohérence» entre l’annonce des rassemblements chez les particuliers et le brouillard entourant les terrasses. Il comprend les restaurateurs de taper du pied.

«Ils n’ont aucune indication», déplore-t-il. «Ceux qui sont les plus en danger, ce sont nos restaurateurs. On donne toutes sortes d’opportunités pour des ouvertures dans plusieurs domaines, mais pas encore pour les restaurateurs. Je ne comprends absolument pas pourquoi on ne leur a pas encore donné de perspective.»

«L’été est très court», rappelle M. Angers. «Si on ne leur permet pas d’engranger un peu de profit d’ici l’automne, ils seront plus qu’en difficulté et à ce moment, on se demandera pourquoi tout le monde est en train de fermer. Je trouve ça triste que le gouvernement n’ait encore donné aucune indication aux restaurants. C’est ce qui presse le plus!»

Sur la voie publique

En mai, Mme Déziel et M. Villemure avaient expliqué qu’ils travaillaient sur un projet pour permettre l’aménagement ou le prolongement de terrasses sur la voie publique pour cette période exceptionnelle. L’accord de la Régie des alcools, des courses et des jeux ne représenterait plus qu’une formalité, mais il faut évidemment que le gouvernement du Québec donne le signal de réouverture des restaurants pour que ce projet soit finalement lancé.

À Shawinigan, Place du marché ne pourrait accueillir plus de 80 visiteurs, en raison des mesures de distanciation physique imposées.

«Par contre, nous n’aurons pas besoin de bloquer la 5e Rue, en raison de la largeur des trottoirs», prévoit M. Villemure. «Pour la majorité des restaurateurs, nous essayons de redonner au moins ce qu’ils avaient en terrasse ou de compenser ce qu’ils perdent à l’intérieur. Par exemple, au Chenapan, on fermerait la moitié de la rue Mercier et sa terrasse serait carrément dans la rue. Tamarac serait aussi fermée pour le 462 Tamarac et la Pointe à Bernard. Nos plans ont été acceptés par la Ville de Shawinigan.»

Sur Willow, la fermeture de cette petite avenue permettra au pub du Trou du diable d’agrandir sa terrasse.

À Trois-Rivières, la société de développement commercial travaille sur l’agrandissement de terrasses, principalement sur la rue des Forges mais aussi ailleurs au centre-ville.

Mme Déziel souligne également l’ouverture de la RACJ pour modifier ces espaces d’accueil. Par exemple, en ne réclamant pas de nouveaux plans d’architecte pour ces agrandissements temporaires.

«On pave la voie pour le Québec», se réjouit-elle.