Me Nicolas Courcy exerce principalement en droit du travail et de l’emploi au sein du cabinet Lavery à Trois-Rivières.
Me Nicolas Courcy exerce principalement en droit du travail et de l’emploi au sein du cabinet Lavery à Trois-Rivières.

Vivement un plan d’action quotidien

TROIS-RIVIÈRES — «C’est un plan d’action quotidien qui doit être ni plus ni moins revu car ça change de jour en jour, pour ne pas dire d’heure en heure».

Voilà comment l’avocat chez Lavery, à Trois-Rivières, Me Nicolas Courcy, perçoit les défis auxquels doivent faire face actuellement les employeurs dans la gestion des impacts de la COVID-19 au sein de leurs organisations.

Le but? Favoriser la prévention, gérer les situations de contagion possibles ou avérées parmi les effectifs et assurer la continuation des affaires de l’entreprise.

Et pour y parvenir, deux éléments sont déterminants: chaque jour, obtenir l’information juste des autorités compétentes et tenir compte de cette information dans le choix des moyens à prendre afin de respecter ses obligations envers ses employés, mais également de permettre la poursuite des activités.

«L’employeur a l’obligation d’assurer un environnement de travail sain et sécuritaire pour ses employés tout en essayant tant bien que mal de maintenir ses opérations», résume Me Courcy.

Selon lui, la recherche de solutions pour gérer la présence des salariés sur les lieux de travail doit se faire de façon raisonnable et posée.

«On ne part pas à la chasse aux sorcières. Tout part du fait qu’un employeur à la base devrait être très informé au quotidien des mesures qui sont prises par nos autorités gouvernementales. Si l’employeur demeure très bien informé, il sera en mesure de prendre les mesures appropriées ou conformes à l’état de la situation», croit cet avocat spécialisé en droit du travail et de l’emploi.

«On encourage également les employeurs à tenir informés les employés, à leur dire qu’est-ce qu’on s’attend d’eux et quelles sont les mesures qui sont mises en place, que ce soit à l’égard des mesures sanitaires ou de la conduite des affaires de l’entreprise. Tenir informés les employés sur ce qui s’en vient», renchérit-il.

Par ailleurs, celui-ci considère que les organisations peuvent trouver un avantage à moduler différemment la prestation de travail de leurs employés.

«Il y a le télétravail, mais dans le milieu manufacturier, ça va être difficile. Pour certains employeurs de la région, ça cause un problème car il y en a certains qui ont plus de 250 salariés sur le plancher. On peut faire des horaires de travail de façon à en réduire le nombre», propose le spécialiste.

Et pour lui, l’employeur doit user de flexibilité et de compréhension envers les employés qui doivent s’absenter. Ainsi, dans le cas d’un voyage professionnel effectué à la demande de l’employeur avant les directives gouvernementales du 12 mars dernier, la période d’isolement devrait être rémunérée. Mais si le voyage était personnel, le versement et la forme d’une rémunération pendant la période d’isolement peuvent dépendre de certains éléments.

Finalement, Me Courcy salue les mesures annoncées en début de semaine par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

«Évidemment, les salariés ne sont pas dépourvus. Ils ont les programmes gouvernementaux, l’assurance-emploi, ils peuvent avoir des programmes d’assurance collective, des mesures mises en place par les employeurs pour assurer pendant leur isolement une certaine source de revenus, mais pour certains, c’était impossible. Alors, les mesures qui ont été mises en place par le ministre Boulet et le gouvernement Legault visaient à combler ce vide pour l’instant», a-t-il conclu.