L’AFMQ lance une campagne visant à mieux faire connaître les meubles québécois auprès des consommateurs.

Visibilité pour les produits d’ici

LOUISEVILLE — L’Association des fabricants de meubles du Québec lance une campagne visant à mieux faire connaître les meubles québécois auprès des consommateurs d’ici.

«Meuble du Québec» est la signature choisie par l’AFMQ. L’Association proposera aux détaillants d’afficher cette signature en magasin sur les meubles manufacturés ici pour guider le consommateur dans son choix d’ameublement.

«On fait un produit exceptionnel, mais peu connu. Dans un sondage qu’on a commandé il y a un an et demi, 98 % des répondants disent qu’ils ont une bonne impression face au meuble québécois, mais qu’il est difficile à trouver. Donc, pourquoi ne pas faciliter la vie au consommateur?», mentionne Pierre Richard, président et directeur général de l’AFMQ.

M. Richard soutient que le meuble fabriqué au Québec offre une haute qualité. De plus, encourager l’achat local est un phénomène sur lequel les intervenants économiques tablent de plus en plus.

«Quand on achète un meuble qui vient de l’autre partie du monde, on a une empreinte écologique importante, soutient le pdg. Et ici, nous avons des normes à respecter pour l’emploi de produits sains comme les vernis, les mousses, les produits dans les tissus, etc.»

Michel Deveault, président et chef des opérations de Meubles Canadel de Louiseville, rappelle que ce genre de campagne a déjà existé au sein de l’AFMQ il y a une dizaine d’années. Selon l’homme d’affaires, l’idée de ramener une telle campagne a plein d’allure.

«Quand un consommateur va dans un magasin de meubles, il n’est pas conscient qu’il y a tant de meubles du Québec disponibles. Des fois, les vendeurs ne connaissent pas le produit québécois. Et il faut expliquer pourquoi un produit québécois se vend plus cher. Oui, il y a le coût de la main-d’œuvre. Mais il y a la qualité du produit, la qualité du service. En Asie, ils travaillent avec de la planche courte de rubberwood assemblée. Pour camoufler les défauts, le meuble est dans des couleurs foncées. Nous, on offre du merisier, de l’érable, on a de la belle grande planche. Tu peux offrir des couleurs pâles à ton consommateur. Si tu veux acheter un meuble avec une teinture naturelle, tu vas acheter un meuble d’ici.»

Le développement dans les petits marchés est un principe qui amènera le produit québécois à être plus populaire, croit Nancy Villemure, vice-présidente au marketing au Groupe Bermex.

«Le consommateur québécois est sensibilisé à l’achat local, il est à la recherche du meuble fabriqué ici, mais ce n’est pas toujours évident de le trouver en magasin. Cet outil de marketing va contribuer à notre visibilité en tant que manufacturier québécois. Des gens peuvent avoir entendu parler de Bermex, d’autres pas. Ce n’est pas donné à tout le monde de réaliser que la table de cuisine solide est fabriquée ici. On est fier de dire que notre produit est fabriqué au Québec, au Canada.»

Mme Villemure s’attend à ce que cette initiative entraîne des retombées sur les ventes des manufacturiers.

«On va voir les bienfaits. Ça aura un effet positif sur les commandes, pour un produit semblable à un prix semblable. On parle de plus en plus de l’achat local. C’est super important d’encourager le fabricant de meubles d’ici comme c’est important d’encourager le producteur maraîcher, le designer de vêtements.»

D’après Michel Deveault, cette campagne a aussi l’objectif de conscientiser les gens à toute la dynamique économique.

«Si j’ai les moyens, pourquoi ne pas acheter un produit d’ici? Demain, s’il n’y a plus de manufacturing au Canada, il reste quoi? On va tous être ingénieurs? On fait quoi avec ces employés qui n’ont pas la capacité de devenir ingénieurs ou architectes? Acheter un produit d’ici, c’est bon pour l’économie.»