Claude Villemure souhaite que les commerçants du centre-ville se donnent les moyens de leurs ambitions.

Villemure veut une société de développement commercial

Shawinigan — Le président du Regroupement des gens d’affaires du centre-ville de Shawinigan réserve son lundi pour convoquer les commerçants à une importante rencontre qui dictera l’avenir du mouvement. En effet, six mois après son arrivée, Claude Villemure comprend mieux l’essoufflement de ses prédécesseurs et dans son esprit, il faut donner à cette association les moyens de ses ambitions.

Cet objectif passera inévitablement par une plus grande mobilisation de la communauté d’affaires, qui pourrait se traduire par la création d’une société de développement commercial. Cet organisme permettrait d’obtenir un financement fiable et récurrent de tous les commerçants du périmètre visé, de sorte qu’une ressource pourrait être embauchée à temps partiel. Une meilleure collaboration avec l’hôtel de ville de Shawinigan est également souhaitée.

M. Villemure est arrivé à la présidence du RGACVS en juin avec la tête pleine d’idées. Par contre, la réalité l’a rattrapé au fil des mois. L’organisation des activités repose toujours sur les quatre ou cinq mêmes bénévoles, une situation qu’il ne peut plus tolérer. Il lance donc un appel à l’examen de conscience.

«Je me suis aperçu de bien des choses», raconte-t-il. «Je comprends un peu mieux maintenant pourquoi les associations de gens d’affaires meurent, revivent, vivotent... Les entrepreneurs sont des bénévoles et à la longue, ils s’essoufflent.»

M. Villemure cite l’exemple de l’organisation du dernier Marché de Noël à la Place du marché. Il a dû monter lui-même les cabanes avec quelques membres de son conseil d’administration, après un appel aux commerçants qui a visiblement été classé dans la filière 13. Même chose l’été dernier, lors des 4 à 7 organisés avant les spectacles du vendredi soir. Des bénévoles du RGACVS devaient s’occuper de l’installation de barrières de sécurité.

«Ce n’est pas à nous de faire ça», fait-il remarquer. «J’en jase à l’hôtel de ville. Ça avance... tranquillement. Tout le monde est d’accord pour que le centre-ville bouge, mais je me fais répondre qu’on n’a pas les effectifs pour nous aider.»

Son message de lundi sera toutefois particulièrement orienté vers les commerçants. Il se désole de voir le peu d’implication de certains d’entre eux. Il souhaiterait des membres plus mobilisés, plus solidaires, plus conscients de l’importance de l’achat, surtout lorsque le produit recherché peut être obtenu à deux coins de rue.

«Soit qu’on se relève tous les manches ou qu’on paye davantage pour engager du monde», résume-t-il. «Présentement, avec une cotisation annuelle de 100 $, on ne va pas très loin. En plus, chez certains commerçants, il faut retourner cinq ou six fois avant d’être payé. Pendant ce temps-là, je ne mets pas mes efforts ailleurs.»

Nouveau modèle

Lors de sa participation au dernier Sommet international de l’innovation en villes médianes à Espace Shawinigan, M. Villemure a pris connaissance d’exemples à suivre pour dynamiser le coeur commercial d’une municipalité. Il envie le dynamisme de Victoriaville et de Trois-Rivières, qui s’appuient sur des outils modernes de communication ou sur une synergie enviable avec d’autres organismes de leur milieu pour permettre à leur centre-ville de se démarquer.

«Il faut arrêter de regretter comment ça se passait dans les années 70!», fait-il remarquer. «On n’est plus là! Alors qu’est-ce qu’on fait, on s’apitoie sur notre sort? Souvent, les gens qui critiquent le plus sont ceux qui s’impliquent le moins.»

M. Villemure rassemblera donc les commerçants lors de deux rencontres lundi au Pacini, une première le matin et l’autre en après-midi. Il testera l’intérêt pour entreprendre une démarche afin de former une société de développement commercial. Cette structure rendrait la cotisation obligatoire chez les membres d’un périmètre établi, contrant ainsi ceux qui ne lèvent jamais le petit doigt tout en profitant des retombées des grands rassemblements au centre-ville. Ces contributions pourraient être modulées selon l’espace du commerce ou d’autres critères.

«Je suis ouvert aux discussions», assure le président du RGACVS. «Mais on ne peut plus simplement demander une cotisation annuelle de 100 $ si on veut vraiment qu’il se passe de quoi. Est-ce normal qu’il y ait plein de stationnements disponibles au centre-ville le samedi soir?»

Les rencontres de lundi s’annoncent déterminantes, puisque M. Villemure veut savoir à quoi s’en tenir avant la fin de l’année. Parallèlement, il continue à plancher sur un festival de musiciens de rues en 2020. «Des artistes sont déjà réservés», avance-t-il.