C’est à Trois-Rivières, mardi, que la ministre Chantal Rouleau a amorcé sa tournée régionale en y rencontrant des intervenants du milieu, avant de se rendre jeudi à Bécancour.

Vers une stratégie maritime 2.0

Trois-Rivières — La ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, a choisi Trois-Rivières et Bécancour pour y lancer cette semaine sa tournée des régions du Québec en vue d’un plan d’action sur 15 ans qui aura pour effet de remettre en question la stratégie maritime du gouvernement précédent et les fameuses zones industrialo-portuaires (ZIP).

«Contrairement à ce qui s’est fait auparavant, quand il y a eu la première version de la stratégie maritime, qui est issue du projet Saint-Laurent du premier ministre, l’ancien gouvernement s’éparpillait dans 82 actions et on ne savait pas trop où ça allait tout ça. Nous, on veut plutôt axer notre action sur deux objectifs bien clairs: développer le corridor maritime intelligent du Saint-Laurent et stimuler le développement économique durable et responsable de l’économie bleue», a-t-elle expliqué, jeudi, au Nouvelliste, en marge de sa visite au port de Bécancour.

«On peut parler des biotechnologies marines, de mettre en valeur la biomasse du Saint-Laurent, les pêches, le transport. On n’utilise pas suffisamment le Saint-Laurent pour le transport des marchandises et des personnes. On peut développer mieux les transports courte distance comme longue distance. Et ça a un impact extrêmement important sur la qualité de l’environnement, par exemple, sur la réduction des GES», renchérit la ministre responsable de la mise en œuvre de la stratégie maritime.

À son avis, «ce qui a de très bon dans la stratégie maritime, c’est que ça a permis de mobiliser les communautés qui veulent travailler ensemble et pour le Saint-Laurent». «Mais ils ne savaient pas trop comment le faire. Alors là, c’est d’organiser ce travail ensemble. On est un gouvernement très pragmatique, on est dans l’action, non plus dans les études», explique Mme Rouleau, qui plaide pour l’efficience du secteur maritime et la pérennité du fleuve.

Et que pense-t-elle des ZIP? «Encore là, il y a du bon là-dedans. On ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, mais l’ancien gouvernement avait identifié 16 ZIP, ce qui est beaucoup. Nous, on veut rationaliser, on veut de l’efficience. Ça va être revu, il y en a trop et ce n’est pas efficace, c’était parsemer de l’argent ici et là. Ce n’est pas comme ça qu’on va réussir. On veut vraiment avoir une vision d’ensemble», insiste la ministre.

Son idée consiste donc à «se donner un plan d’action sur 15 ans pour qu’en 2035, on ait atteint des objectifs». «On veut des indicateurs clairs qui vont nous permettre de voir la progression, notamment au niveau du PIB. Parce qu’on parle de développement économique, social, protection de l’environnement, et tout ça est lié à une augmentation du niveau de richesse des populations. On a cet objectif», précise-t-elle.

En ce sens, le Saint-Laurent doit être considéré dans sa globalité, dit la ministre. «À l’automne prochain, on aura quelque chose d’assez consistant, et avec l’assentiment du premier ministre et du conseil des ministres, on pourra mettre de l’avant cette politique-là qui va démarrer pour 2020», conclut-elle par rapport au résultat qui découlera de la présente consultation.