Guy Cormier
Guy Cormier

Vers une récupération de l’économie mauricienne d’ici 2022, selon Desjardins

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
Trois-Rivières - Si la croissance économique des régions manufacturières du Québec sera négative en 2020 en raison du contexte de pandémie, il faudra vraisemblablement attendre la fin de 2021 pour retrouver les niveaux d’avant la COVID-19. Voilà l’un des constats de l’étude économique dévoilée mercredi par Desjardins lors du webinaire organisé conjointement avec la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ).

«La Mauricie est une région manufacturière beaucoup plus vieillissante qu’ailleurs au Québec. Une récupération économique est déjà commencée, mais elle va prendre plus de temps que pour la province. À l’instar de ses consoeurs manufacturières, la récupération devrait se terminer d’ici 2022», a fait savoir au Nouvelliste l’économiste senior chez Desjardins, Chantal Routhier, par rapport à ce survol des régions manufacturières du Québec en 2020-2021.

Et pour le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, tant la Mauricie que le Centre-du-Québec ont été impactées par la crise pandémique.

«On ne se mettra pas de lunettes roses. La chute du PIB dans les derniers mois a été forte, les pertes d’emplois ont été un petit peu plus fortes qu’ailleurs dans la province. Ça, c’est beaucoup relié au tissu économique», a-t-il confié en entrevue.

D’ailleurs, Mme Routhier souligne que la Mauricie reste concentrée dans des secteurs manufacturiers plus traditionnels, notamment le papier, le meuble, l’exploitation forestière, les produits en bois et les produits métalliques.

«Et dans l’ensemble, c’est des industries où l’âge des travailleurs est élevé. On a encore des besoins de main-d’oeuvre assez importants à remplir dans ces industries-là, ne serait-ce que pour répondre aux départs à la retraite. Dans l’ensemble des entreprises manufacturières, il y a des besoins d’attraction et de rétention de main-d’oeuvre», a-t-elle indiqué.

Celle-ci explique que même s’il y a davantage de personnes qui sont disponibles pour travailler, comme le démontre le taux de chômage élevé, «c’est des travailleurs qui sont plus difficilement transférables d’un secteur à l’autre».

«On a surtout observé les mises à pied dans les secteurs de la restauration, du tourisme, de l’hébergement. Donc c’est plus dur de prendre ces travailleurs-là qui sont laissés sur le marché du travail et de les amener vers l’industrie manufacturière qui, elle, se modernise, prend le virage de l’innovation. Il faut du temps pour former ces nouveaux travailleurs-là et qu’ils s’adaptent, tout comme les entreprises», signale Mme Routhier.

Mais pour son patron, la bonne nouvelle, c’est que dès 2021, «on anticipe une reprise positive au niveau de la croissance économique en Mauricie et au Centre-du-Québec d’à peu près 5 % de croissance de PIB».

«Cela dit, on voit qu’on est présentement en deuxième vague au Québec. Dépendamment de la sévérité de la deuxième vague, s’il y a un nouveau confinement qui est généralisé ou qui devrait durer sur une longue période, c’est sûr que cette relance-là pourrait être compromise ou revue à la baisse», prévient toutefois la spécialiste.

En raison du contexte, Desjardins a décidé de maintenir ses mesures d’allègement et ce, même après avoir constaté au cours des deux derniers mois une baisse de la demande de moratoires, de reports de paiements pour les entreprises et même pour les particuliers.

«On a pris la décision que pour les entreprises qui arrivent avec des dossiers de renouvellement de leur financement, on ne les pénalisera pas. On va leur donner les mêmes conditions de financement, la même tarification qu’avant la COVID, même si on constate que leur résultat financier a baissé ou que la qualité des garanties n’est plus la même», a annoncé M. Cormier.

Selon lui, avec la quantité d’entreprises qui ont été en mesure de mettre leurs employés en télétravail, deuxième vague ou pas, «l’opération économique peut continuer comme telle».

«La reprise économique est variable d’un secteur d’activité à l’autre. Il y a des secteurs d’activités qui vont déjà très bien, médical, biopharmaceutique et même le manufacturier dans certains cas. Mais il y a d’autres secteurs, hébergement, tourisme, restauration, commerce de détail, aéronautique où eux, la reprise va être beaucoup plus longue. Quel va être l’impact de la deuxième vague sur ces secteurs d’activités-là?», soulève-t-il comme interrogation.

D’où la nécessité, dit-il, de se rallier aux messages gouvernementaux et de poser les bons gestes, individuellement et collectivement, pour éviter une deuxième vague qui a trop d’impact dans l’économie et la société.

«Desjardins a toujours été là pour les régions du Québec. Desjardins va continuer de l’être dans cette pandémie-là et après», a affirmé M. Cormier.

Des propos tenus en marge de la tournée virtuelle En Mouvement pour la relance socioéconomique du Québec qui fut présentée en région.

«Cette tournée est importante parce qu’elle me permet tout simplement de rester brancher sur le terrain, d’aller écouter les entrepreneurs pour voir comment ça se passe depuis les derniers mois, de leur partager ce que fait Desjardins pour les aider et de les rassurer sur l’accompagnement que Desjardins va leur accorder», a-t-il tenu à mentionner.

«En Mauricie et dans le Centre-du-Québec, on constate que le report ou l’annulation d’évènements importants est le principal impact identifié par les entrepreneurs, ce qui a évidemment eu des conséquences importantes sur les secteurs touristique et culturel. On note également que malgré la crise et un taux de chômage plus élevé, les difficultés de main-d’œuvre représentent encore le principal défi des entreprises de ces régions», a conclu Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ.