Gary Frost
Peu importe le secteur d’activité dans lequel évolue le commerçant itinérant, il est conseillé de ne jamais signer un contrat sur-le-champ et encore moins de le faire pour se soustraire à la pression dont certains font usage.
Peu importe le secteur d’activité dans lequel évolue le commerçant itinérant, il est conseillé de ne jamais signer un contrat sur-le-champ et encore moins de le faire pour se soustraire à la pression dont certains font usage.

Vente itinérante : des signes évidents de déconfinement

Selon un ordonnancement établi par les autorités gouvernementales, les entreprises évoluant dans la plupart des secteurs d’activités commerciales ont graduellement repris le cours normal des affaires malgré les contraintes qui président à cette reprise des activités. De leur côté et dans une moindre mesure sans doute, les consommateurs ont également été ralentis alors que le Québec observait une pause imposée par la pandémie.

Plusieurs indicateurs témoignent maintenant du fait que la consommation reprend de la vigueur.

Du point de vue de l’Office de la protection du consommateur, les signes de cette reprise sont indéniables considérant la croissance rapide du nombre de litiges rapportés et de plaintes déposées par les consommateurs qui s’approche des seuils habituels observés antérieurement à la pandémie.

Vendeurs itinérants déconfinés

La saison aidant, l’on peut notamment signaler le retour des vendeurs itinérants. Arpentant les quartiers au sens propre et figuré, ceux-ci sollicitent les consommateurs afin de leur proposer leurs produits et services. Parmi les classiques de saison, il convient de réitérer les messages de prévention à l’encontre de pratiques trompeuses ou abusives que l’on observe chaque année chez certains commerçants itinérants, le début de l’été 2020 ne faisant pas défaut à cet égard.

Trois classiques

Sans ordre particulier, passons en revue trois domaines où la prudence est de mise pour les consommateurs devant le risque de conclure un contrat sous de fausses représentations ou sous la pression de vendeurs trop insistants.

• Vente de meubles sur invitation

Parmi les problèmes vécus par les consommateurs, les pratiques de certains commerçants de meubles qui utilisent un prétexte pour solliciter la clientèle sont sporadiquement signalées. En faisant miroiter la remise de prix ou de cadeaux, on invite les consommateurs à des séances de vente VIP dans des locaux temporaires de fortune. Une fois sur les lieux, les consommateurs sont soumis à d’intenses pressions pour conclure l’achat de meubles qui selon plusieurs, sont hors de prix.

• Climatisation et chauffage

Dans la catégorie pratiques abusives, le secteur de la vente itinérante d’appareils de climatisation et chauffage se distingue par les agissements préjudiciables de certains commerçants qui ont recours à des pratiques allant des représentations trompeuses sur l’efficacité du produit aux prix abusifs qu’ils exigent quand on les compare au prix demandé par des commerçants locaux ayant pignon sur rue. Il ne faut pas sous-estimer l’efficacité redoutable de plusieurs vendeurs qui ont tôt fait de mystifier un consommateur qui ne serait pas sur ses gardes.

• Pavage résidentiel

Autre classique de saison, la sollicitation de contrats de réfection d’entrée résidentielle a également été signalée récemment par des consommateurs. Les aventuriers de ce domaine d’activité ont souvent recours aux mêmes tactiques.

Prétendant effectuer des travaux de même nature dans votre secteur, il se dit prêt à vous laisser au rabais l’asphalte invendu pour peu que vous donniez votre accord sur-le-champ. Le plus souvent, il demandera d’être payé en argent comptant et ne produira ni évaluation ni contrat écrit. Dans ces conditions, il peut s’avérer plus difficile d’exercer un retour en cas de problème.

Laissez-moi réfléchir

Peu importe le secteur d’activité dans lequel évolue le commerçant itinérant, il est conseillé de ne jamais signer un contrat sur-le-champ et encore moins de le faire pour se soustraire à la pression dont certains font usage.

L’enjeu s’élevant souvent à plusieurs milliers de dollars, il est impératif de procéder à un certain nombre de vérifications, ne serait-ce que pour vérifier les prétentions du vendeur ainsi que pour comparer les prix du marché. Il faut également s’assurer que le commerçant est bien titulaire d’un permis de commerçant itinérant actif et, le cas échéant selon le secteur d’activité, qu’il est titulaire des licences certifiant ses compétences.

Enfin, rappelons qu’en vertu de la loi, vous disposez de 10 jours pour annuler le contrat lorsqu’il s’agit d’une vente itinérante. Ce délai peut par ailleurs aller jusqu’à un an dans certains cas. Il s’agit d’un droit que vous pouvez faire valoir à votre discrétion sans avoir à invoquer un motif particulier. Pour ce faire, vous devez envoyer un avis écrit à cet effet et le contrat est dès lors annulé. Le commerçant doit, le cas échéant rembourser les sommes perçues auprès du consommateur.

Gary Frost est directeur des services aux clientèles à l’Office de la protection du consommateur