Les États-Unis ne sont pas la destination la plus populaire cet été chez les Québécois, bien que les propos controversés de Donald Trump n’en soient pas nécessairement responsables.

Vacances au pays de Trump: l'intérêt des Québécois se dégonfle

Personne ne fait la file dans les agences de voyages pour annuler son périple estival au pays du controversé Donald Trump.

«N’empêche que l’on constate que les États-Unis ne sont pas la destination la plus populaire cet été», affirme André Collette, président de l’Association des agents de voyages du Québec. Ce regroupement compte un peu plus de 800 membres dans la Belle Province.

«Elle ne fait pas l’objet du même engouement que par les années passées auprès des voyageurs québécois. On voit que ces derniers s’intéressent à d’autres destinations.»

Cette baisse d’intérêt pourrait trouver une partie de ses explications dans les plus récents propos du puissant locataire de la Maison-Blanche «bien que l’on ne questionne pas les motivations des clients d’aller à un endroit plutôt qu’à un autre. Nous traitons rarement de questions politiques dans une agence de voyages.»

La semaine dernière, le président américain accusait les Canadiens de magasiner aux États-Unis et de rapporter clandestinement leurs achats au pays pour éviter de payer les tarifs imposés sur les produits américains. Il soutenait que le Canada imposait des tarifs si élevés sur les produits américains - il citait les chaussures en exemple - que les Canadiens sont obligés de les « endommager » un peu afin de les « rapporter clandestinement » chez eux sans payer de taxes.

«Je pense que les gens d’ici en ont marre d’entendre ces accusations-là et de voir Donald Trump s’acharner sur le Canada», commente M. Collette.

S’il remarque que la demande pour le produit américain est «moins forte», André Collette constate, par ailleurs, qu’il n’y a pas une vague d’annulation de réservations.

«Ceux et celles qui ont décidé de mettre le cap sur Virginia Beach ne changeront certainement pas leur plan. Par contre, les Québécois qui commencent à peine à planifier leurs vacances estivales se posent des questions et pourraient regarder ailleurs. Cuba connaît une hausse de popularité. Et l’Europe demeure une destination gagnante.»

Plus que les coups de gueule de Donald Trump, c’est la météo qui peut inciter les Québécois à ne pas choisir les États-Unis cet été, selon André Collette. «Si Dame Nature réserve de la pluie et du temps maussade pour la côte-est américaine, les Québécois iront certainement se faire voir ailleurs.»

Impacts en 2019

En mai, CAA-Québec dévoilait les résultats de son sondage sur les intentions de vacances estivales 2018 des Québécois.

Réalisé en avril, le coup de sonde montrait que 13% des répondants avaient choisi les États-Unis. Un pourcentage similaire à 2018 (11%). Il s’agissait de la deuxième destination de choix des Québécois derrière le Québec (35%) et devant le reste du Canada (12%) et l’Europe (8%). Parmi les personnes questionnées, 16% d'entre elles ont mentionné qu’elles allaient rester sagement à la maison.

«C’était avant la dernière polémique entourant Donald Trump, bien qu’il y avait des gens qui, déjà, ne l’aimaient pas», précise Annie Gauthier, porte-parole du CCA-Québec.

«Évidemment, nous ne referons pas le sondage cette année. Toutefois, il sera intéressant de constater les impacts de tout ça à l’égard des intentions de vacances pour 2019.»

La semaine dernière, le CAA-Québec a cherché à savoir si la dernière controverse soulevée par le président américain avait provoqué dans ses centres de voyages des annulations ou encore des chambardements complets des projets de vacances des membres.

«Quelques clients ont évoqué l’effet Trump, mais nous ne remarquons pas une quelconque tendance de fond», rapporte Mme Gauthier.

L’impact du prix de l’essence et de la dévaluation du huard par rapport à la devise américaine sur le choix des États-Unis comme destination de vacances est minime, signale la porte-parole.
«C’est comme les gens étaient résignés à leur sort. Ils modulent leur budget en conséquence afin de profiter de la mer et des plages de la côte-est américaine.»