Le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

Usine d'urée et de méthanol: «C’est un projet important»

BÉCANCOUR — Alors que l’appui du gouvernement Legault envers une usine d’urée et de méthanol à Bécancour semble en faire sourciller plus d’un au sein de son cabinet en raison du caractère polluant des futures installations, le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, parle d’un projet «qui est très important».

«Notre gouvernement est d’accord avec le principe de regarder le projet de façon très rigoureuse. Je souhaite qu’on fasse toute l’évaluation environnementale nécessaire. Le projet d’origine avait passé toutes les étapes et avait eu une approbation du BAPE. Le projet a été considérablement modifié de sorte qu’il émet beaucoup moins de CO2 que le projet original», a-t-il confié en entrevue au Nouvelliste.

Selon La Presse, l’émission annuelle de 630 000 tonnes métriques de gaz à effet de serre (GES), soit l’équivalent de 180 000 automobiles de plus sur les routes du Québec, inquiétait plusieurs ministres, au point de les amener à s’opposer au projet. Mais leur patron aurait tranché en faveur de sa réalisation, d’où ce feu vert gouvernemental accordé pour la poursuite du processus d’évaluation environnementale.

«Je ne suis pas sûr que tout ce qui a été rapporté est conforme à ce qui est arrivé», a indiqué le député Martel par rapport à cette histoire de dissension au sein du caucus.

Celui-ci souligne que le projet est maintenant complémentaire avec la production de méthane. «Et les fertilisants agricoles, c’est nécessaire. On les fait venir souvent de la Chine ou de la Russie où c’est produit à partir du charbon. Donc, pour toutes ces considérations-là, je pense que c’est dans notre intérêt et notre devoir de faire une évaluation rigoureuse du projet», ajoute l’adjoint parlementaire du premier ministre pour les volets Projet Saint-Laurent et zones d’innovation.

En ayant recours aux meilleures technologies pour minimiser l’impact environnemental de son concept intégré et en combinant deux usines (méthanol et urée) en une, ProjetBécancour.ag réutilise environ 55 % des GES produits par le méthanol comme matière première à la fabrication d’urée.

Or, le projet intégré produira effectivement environ 630 000 tonnes de CO2 par an. «C’est un impact jugé fort», avait admis Lina Lachapelle, de SNC-Lavalin, lors de la récente soirée d’information publique. Du même souffle, elle avait mentionné que deux usines séparées émettraient environ 930 000 tonnes de CO2 par an.

Le député Martel reconnaît que 630 000 tonnes de CO2, «c’est considérable». «L’émission des CO2, c’est planétaire. Je ne suis pas un expert, mais je prétends que l’émission des CO2 est moins importante si c’était produit à partir du projet de Bécancour que des producteurs de la Russie», soutient-il.

Et ce dernier rappelle que le parc industriel de Bécancour est là pour accueillir la grande entreprise. «Il n’y a pas eu de gros projets depuis plus que 15 ans. Donc, quand il y a un projet comme ça, moi, comme député du coin, je veux qu’on regarde ça de façon très attentive et positive. Mais je ne suis pas prêt à faire des compromis au niveau des procédures réglementaires», a-t-il fait savoir.

Quand on lui fait remarquer la longueur du processus environnemental, Donald Martel rétorque que son gouvernement entend relever le défi de diminuer les délais.«On a un bel exemple là. À mon avis, l’une des causes qui a fait avorter en quelque sorte le projet original, c’est qu’au moment où on a présenté le projet, et au moment où on pouvait aller un peu plus de l’avant, le marché avait changé considérablement. Donc, le projet, c’était moins intéressant», avance le représentant de la CAQ.

Projetbécancour.ag est présentement à finaliser son étude d’impact environnemental, qui sera déposée au gouvernement d’ici la fin de l’année et devrait mener à des audiences du BAPE en 2019.

«Nous avons confiance dans ce processus gouvernemental et croyons qu’il permettra de bien mettre en lumière les avantages de notre projet», a conclu le porte-parole de l’entreprise, Pierre Tessier.