EPC Canada est déjà en exploitation à Yamachiche par le biais d’espaces d’entreposage.
EPC Canada est déjà en exploitation à Yamachiche par le biais d’espaces d’entreposage.

Usine d’explosifs à Yamachiche: en production dans quelques mois

Yamachiche — Si tout va bien avec ses demandes de différents permis, l’entreprise EPC Canada lancera la production d’explosifs à sa future usine de Yamachiche à la fin de 2020 ou au début de 2021.

EPC Canada appartient à la compagnie française EPC, un chef de file mondial dans la fabrication et la distribution d’explosifs utilisés pour différents travaux civils. La compagnie prévoit investir entre 10 et 12 millions de dollars pour construire à Yamachiche une usine de quelque 10 000 pieds carrés et acquérir différents équipements. L’usine regroupera une quarantaine de travailleurs.

«On est devant la CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole du Québec) pour un changement de zonage. Ça prend une étude environnementale, on a une firme qui fait avancer le dossier. Tout ça progresse bien», déclare Pierre Poulin, responsable du développement des affaires d’EPC Canada.

L’entreprise veut s’installer sur le terrain d’une ancienne carrière située sur le chemin de la Concession. Selon M. Poulin, une promesse d’achat des lieux est liée à l’obtention des permis nécessaires à l’exploitation d’une telle usine.

La compagnie va fabriquer à Yamachiche deux types de produits, soit une émulsion en vrac et un explosif sec. L’émulsion en vrac est un produit dont la consistance ressemble à de la mayonnaise. Cette marchandise sert notamment à dynamiter la roche dans les carrières ou à dynamiter une section de rocher pour permettre le passage d’une route.

EPC a acheté il y a trois ans une compagnie ontarienne. L’entreprise a par la suite émis la volonté de s’implanter au Québec. Un bureau a été ouvert à Montréal. Mais dans l’esprit de M. Poulin, il fallait trouver un endroit où installer les bureaux administratifs et une usine de fabrication. De par sa situation géographique, Yamachiche a été choisie par la compagnie.

«Il y a aussi le côté de la main-d’œuvre. C’est plus facile de trouver de la main-d’œuvre en Mauricie», ajoute M. Poulin qui évalue à 85 % le nombre d’employés provenant de la région.

EPC Canada est déjà en exploitation à Yamachiche par le biais d’entrepôts. Elle a de plus installé ses bureaux administratifs à proximité. La Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie vient d’annoncer qu’elle a conclu un bail de cinq ans avec EPC Canada afin d’accueillir cette compagnie dans son centre de services de Yamachiche. EPC occupera un peu plus de 50 % des locaux. Cinq employés devraient s’ajouter aux cinq déjà en place depuis environ un mois.

Avec la fermeture des bureaux montréalais d’EPC, Yamachiche devrait devenir le siège social à court terme, une orientation qui plaît à Paul Carbonneau.

«C’est une très bonne compagnie, commente le maire de Yamachiche. Les emplois sont bien payés, ils ont des contrats. Ils ont choisi Yamachiche parce que c’est central, il y a le port de Trois-Rivières tout près, l’autoroute, les chemins de fer.»

M. Carbonneau rappelle qu’aucune activité de la compagnie n’est reliée au domaine militaire. De plus, il soutient que le secteur de la production d’explosifs est régi par une réglementation rigoureuse. Un employé doit posséder un dossier criminel vierge pour pouvoir travailler dans une telle industrie.

«On a eu une rencontre entre les gens d’EPC et nos pompiers. S’ils doivent intervenir, ils doivent savoir quoi faire. Les pompiers ont été rassurés», ajoute le maire qui a agi à titre d’entremetteur entre EPC et Desjardins pour la question de la location d’espaces de bureau.

De son côté, la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie mise sur un locataire qui permet une utilisation maximale du centre de services de Yamachiche construit il y a 15 ans au coût d’un million de dollars. Devant la baisse du volume de transactions au comptoir et la popularité des transactions par voie numérique, les lieux étaient devenus trop grands.

«Il faut savoir qu’il y a 10 ans, la tablette faisait son entrée tranquillement. Le téléphone intelligent aussi. Ça a vraiment changé la donne. Les choses se sont accélérées dans les cinq dernières années. La tablette et le téléphone intelligent ont pris le pas sur l’ordinateur de bureau pour faire les transactions. La majorité des transactions sont maintenant faites à partir d’une tablette ou d’un téléphone», explique Marie-Christine Hudon, directrice des communications, développement durable et jeunesse de la Caisse Desjardins de l’ouest de la Mauricie.