Nicolas Boivin, professeur à l'UQTR et fiscaliste.

UQTR: cours de culture financière au secondaire

D'ici environ un an et demi ou deux ans, les professeurs Nicolas Boivin et Marc Bachand du département des sciences comptables de l'UQTR vont mettre en ligne un programme de culture financière adapté aux élèves de cinquième secondaire.
Cet outil tout à fait gratuit sera d'abord offert à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy ainsi qu'aux écoles privées de la région en tant que projet-pilote afin d'aider les enseignants à appliquer le nouveau cours d'économie obligatoire qui s'apprête à revenir dans les écoles en 2017. «On va créer une version plus ludique pour les jeunes et on va la remettre entre les mains des enseignants», indique le professeur Boivin qui, avec son collègue, s'est fait connaître du grand public pour avoir créé un CLOM (cours en ligne ouvert aux masses) très populaire sur les finances personnelles.
La structure web créée pour les jeunes abordera tous les sujets comme l'endettement, les pièges de la consommation, les cartes de crédit, l'épargne et autres sujets du genre.
«Il faut s'adresser aux jeunes», insiste le professeur Boivin qui estime que toute une génération a été sacrifiée lorsque les cours d'éducation financière ont été abolis dans les écoles, il y a une quinzaine d'années. «C'est trop tard pour ces pauvres sacrifiés», estime-t-il.
«Ce n'est pas trop tard pour apprendre, mais les grandes décisions ont été prises, les erreurs ont été faites. On peut faire un parallèle avec l'hygiène dentaire. Si tu l'apprends à 45 ans, c'est mieux que rien, mais il y a eu des dommages toutes ces années-là», dit-il. «Ce n'est pas parce qu'on a de nouvelles connaissances à 45 ans qu'on peut tout effacer le passé et rétroactivement repartir ça à zéro», fait-il valoir.
L'idée de faire cette démarche est d'ailleurs venue aux deux professeurs après avoir créé leur CLOM sur la culture financière. Plusieurs personnes à la retraite ont pris les cours et ont fait savoir qu'elles auraient vraiment aimé savoir toutes ces choses quand elles étaient jeunes, raconte le professeur Boivin.
Les deux professeurs de l'UQTR auraient bien voulu que le ministère de l'Éducation vienne appuyer leur démarche, «car nous nous considérons un peu comme des tentacules de l'État. On est payé par les fonds publics», raconte Nicolas Boivin.
Ils ont plutôt été invités à se soumettre à la concurrence et à laisser les enseignants juger si leur produit mérite d'être choisi. C'est décevant comme fermeture d'esprit», déplore-t-il.
Le ministère, lui, ne fait parvenir aux écoles qu'une grille de connaissances à livrer aux élèves et 67 connaissances à leur transmettre sur la culture financière. Le CLOM que l'UQTR mettra au point pour les jeunes «va être un matériel pédagogique clef en main et ce sera collé à la grille des connaissances déclinées par le ministère de l'Éducation, indique M. Boivin. Et il sera complètement gratuit, tout comme le CLOM que les deux professeurs offrent depuis 2015 au grand public. Pas moins de 14 000 personnes l'ont suivi jusqu'à présent. «Tant que la population s'inscrira au CLOM lorsqu'on l'anime, ça va nous faire plaisir de continuer à l'animer.»