Guy Bourassa, président - directeur général de Nemaska Lithium, prévoit la fin de la construction de l’usine commerciale de Shawinigan en août 2020.

Une usine de production en août 2020

SHAWINIGAN — Même si les derniers mois ont permis à Nemaska Lithium de compléter un exigeant montage financier pour la réalisation de ses projets à la mine Whabouchi et de l’usine de production de Shawinigan, les investisseurs se font encore tirer l’oreille et cette réserve explique la timidité du titre, qui a perdu plus de 60 % de sa valeur depuis le début de l’année. Malgré tout, la direction maintient le cap et précise que la construction de l’usine commerciale de Shawinigan sera complétée en août 2020.

Le président - directeur général du groupe, Guy Bourassa, a présenté une conférence téléphonique avec les analystes financiers en fin de matinée mardi. L’exercice, une première, consistait à faire le point sur les échéanciers et les budgets de ces projets, maintenant estimés à 875 millions $.

Sur ce montant, pas moins de 272,4 millions $ avaient été investis ou engagés au 1er septembre 2018, dont 126,1 millions $ à Shawinigan. À terme, le projet d’usine électrochimique doit entraîner des débours de près de 471 millions $ sur le site de l’ancienne papeterie Laurentide. Ces montants n’incluent pas la réalisation de l’usine phase I, en exploitation depuis le printemps 2017, qui a nécessité un investissement de 38 millions $.

Rappelons qu’à la fin mai, Nemaska Lithium annonçait la finalisation de sa structure de financement de 1,1 milliard $. M. Bourassa se considère maintenant bien outillé pour préciser les différents échéanciers, qui ont beaucoup bougé depuis l’annonce du projet de Shawinigan, en septembre 2015. L’entrée en exploitation de l’usine commerciale devrait se produire au quatrième trimestre de 2020 et à ce moment, une centaine de personnes y travailleront. «Nous sommes en contrôle», assure M. Bourassa. «Il peut toujours se produire des choses, mais l’échéancier critique touchait les commandes de nos équipements à longs délais de livraison. Nous avons maintenant des dates qui nous permettent d’être plus fermes dans notre échéancier.»

À Shawinigan, la construction de l’immeuble qui accueillera les bureaux administratifs se déroule rondement. L’équipe devrait intégrer ses nouveaux quartiers avant la fin de l’année en cours. Par ailleurs, l’aire du four de calcination est en cours de préparation et l’ancienne dalle de béton de la papeterie a été retirée. Les travaux intérieurs se poursuivent afin de recevoir les équipements de l’usine électrochimique. Au site minier de Whabouchi également, Nemaska Lithium se réjouit de l’avancement des travaux. Sa mise en exploitation est prévue pour la fin 2019.

Envol difficile

Or, malgré l’avancement du projet, le titre ronronne autour de 0,80 $ à la bourse de croissance TSX de Toronto, après avoir atteint un sommet à 2,33 $ au début de l’année. M. Bourassa reconnaît que le marché en général et un rapport pessimiste de Morgan Stanley sur l’offre mondiale jouent dans l’équation, mais il croit que les forces de Nemaska Lithium ne sont pas suffisamment prises en considération dans cette évaluation.

«On pense qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire sur le marché financier», reconnaît-il. «On s’ingénie à trouver des façons pour être les plus présents possibles dans les différents forums d’investisseurs pour les rencontrer, participer aux journées organisées par les firmes de courtage pour parler aux clients institutionnels. On veut que les gens comprennent la distinction entre notre compagnie et les autres qui sont dans le même secteur.»

Par exemple, le degré de pureté de l’hydroxyde de lithium qui sera produit à Shawinigan ne doit pas être confondu avec le marché général du carbonate de lithium, explique M. Bourassa. «Il n’y a pas beaucoup de fabrication d’hydroxyde et encore moins de qualité batterie», fait-il remarquer. «Et il y a une croissance phénoménale de la demande d’hydroxyde pour les batteries. En général, les marchés rapportent les capacités de production en équivalent carbonate. En ne faisant pas la distinction, les gens ne sont pas en mesure de réaliser qu’il n’y a pas suffisamment de nouvelles capacités pour rencontrer cette demande.»

L’usine commerciale de Shawinigan doit produire 36 000 tonnes équivalent hydroxyde de lithium par année. «La demande mondiale doit être de 250 000 tonnes en 2021 et de 550 000 tonnes en 2026. Il y a de la place!», constate le dirigeant.

Enfin, notons que dans le volet santé et sécurité, Nemaska Lithium n’a déclaré aucune perte de temps causée par une blessure au cours des 149 367 heures d’ingénierie et de construction travaillées aux sites de Whabouchi et de Shawinigan. «En fait, depuis novembre 2016, nous avons une perte de temps dans nos activités hors construction et aucune dans nos activités de construction», précise M. Bourassa. «Nous sommes immensément fiers de ça.»