Une page d’histoire est sur le point de se tourner à Trois-Rivières, alors que le propriétaire du restaurant le Guéridon, Lucien Leblanc, entamera son dernier service ce samedi.

Une page d’histoire se tourne à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Une page d’histoire est sur le point de se tourner à Trois-Rivières, alors que le propriétaire du restaurant le Guéridon, Lucien Leblanc, entamera son dernier service ce samedi afin de profiter d’une retraite bien méritée, après plus de 43 ans à exercer le métier.

Bien connu dans la région au cours des dernières années en raison de son caractère unique, le restaurant le Guéridon fermera ainsi ses portes ce samedi 30 décembre, après plus de 22 ans de service.

Alors que la date fatidique approche à grands pas, c’est avec beaucoup d’émotions que Lucien Leblanc effectuera pour une dernière fois son dernier service, avec son fidèle ami le guéridon, qui a fait sa renommée depuis le début. 

«J’ai décidé de penser plus à ma famille en prenant ma retraite. Pour l’instant, l’adrénaline est là, mais le 30 au soir, j’ai vu dans le cahier de réservation que c’était tous des gens que je connais bien et qui sont fidèles depuis les débuts, donc je crois que c’est plus moi qui vais avoir les yeux pleins d’eau, samedi», avoue le spécialiste du chateaubriand et de la crêpe Suzette. 

Un domaine qui évolue

En deux décennies, Lucien Leblanc, qui en a vu de toutes les couleurs dans le domaine de la restauration est d’avis que plusieurs éléments ont changé dans le domaine au fil du temps. Parmi ces changements, c’est toutefois les habitudes des clients qui ont le plus évolué, selon le spécialiste du guéridon, depuis ses débuts dans le domaine, il y a maintenant 43 ans.

«La clientèle est rendue de plus en plus informée avec toutes les émissions de télévision. Ils ont donc des demandes plus précises, ce qui nous aligne sur leurs besoins précis. En étant plus informés, ils vont également plus dans les établissements spécialisés comme ici au Guéridon. Les gens ont aussi évolué beaucoup au niveau des cuissons, car maintenant, on cuit moins les viandes, qu’avant», précise-t-il.

Si Lucien Leblanc a vu de nombreux changements se produire dans le domaine de la restauration depuis plusieurs années, sa vision quant à de futurs changements chez les restaurateurs au cours des prochaines années est un peu plus posée.

«Je crois que le domaine va rester le même, car toutes les avenues ont été exploitées selon moi jusqu’à maintenant. Certains changent un peu, mais l’essence même est toujours le même. Donc il n’y aura pas de gros changements à venir prochainement chez les restaurateurs.»

Des solutions pour contrer la pénurie de main-d’œuvre

Bien conscient de la pénurie de main-d’œuvre actuelle qui affecte le domaine de la restauration, notamment chez les restaurateurs de la Mauricie, Lucien Leblanc est d’avis qu’une réflexion s’impose afin d’offrir de meilleures conditions salariales aux cuisiniers.

«La pénurie de main-d’œuvre s’explique puisque les salaires des cuisiniers ne sont pas adéquats, car il y a une grosse différence entre le salaire d’un chef et d’un cuisiner . On peut parfois parler de deux fois et demie de différence entre les deux. Si on veut motiver les cuisiniers, selon moi, on devrait faire en sorte que les salaires soient plus adaptés et qu’il y ait un partage de pourboire entre les gens de la cuisine et les employés de plancher. Ça ne se fera pas demain, mais il faut y penser. Ça fonctionnait d’ailleurs comme ça dans les années 70 et tout allait bien.»

Avenir des restaurants 

Même s’il quitte le domaine de la restauration, la clé du succès pour assurer le futur des restaurateurs passe selon Lucien Leblanc par la diversification de tous, afin d’assurer la pérennité du marché.

«Actuellement, il y a beaucoup de restaurants à Trois-Rivières qui se ressemblent. Il faudrait donc avoir selon moi plus de restaurants qui sont spécialisés. Il faut donc que les restaurateurs arrêtent de se copier, car ça diminue leur popularité. Pour les prochaines années à Trois-Rivières, je crois que leur nombre va s’éclaircir, ce qui va amener plus de restaurants spécialisés. On parlera donc moins de pénurie de main-d’oeuvre», précise-t-il.

Une page qui se tourne pour Lucien Leblanc

Malgré la fin qui approche à grands pas pour le restaurant le Guéridon, ce ne sera toutefois pas véritablement la fin pour Lucien Leblanc, lui qui se déplacera prochainement avec son guéridon à la maison, à la rencontre de ses clients. Une charge de travail qui sera toutefois moindre que ce qu’il connaît depuis les 43 dernières années, tient-il à préciser.

Celui qui n’a aucun souvenir de sa dernière fin de semaine de congé depuis ses débuts dans le domaine de la restauration avoue être désormais prêt à découvrir ces petites joies qui lui ont échappé au cours des dernières années et assure qu’il en profitera pleinement, même si le fait de quitter son restaurant lui fait un petit pincement au cœur.