Une quarantaine de personnes travaillent chez AddÉnergie à Shawinigan et les perspectives de croissance s’annoncent prometteuses au cours des prochains mois.

Une nouvelle étape marquante pour AddÉnergie

SHAWINIGAN — L’incursion des bornes de recharge pour véhicules électriques AddÉnergie à New York constituera une nouvelle étape marquante de l’histoire de cette jeune entreprise, dont l’atelier de fabrication est situé dans le Technoparc de Shawinigan.

En visite dans la mégapole américaine lundi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dévoilé les grandes lignes de ce contrat. Une centaine de bornes seront installées dans les rues de New York, dans un horizon plus ou moins défini pour le moment.

«Nous avions prévu quelques annonces conjointes au cours des prochains mois, sauf qu’avec le dossier d’exportation d’électricité, le premier ministre n’a pu cacher son enthousiasme!», sourit Alexandre Louis, vice-président, expérience client et ventes chez AddÉnergie. «On n’a pas de problème avec ça. Plusieurs autres activités seront prévues pour le déploiement de cette nouvelle infrastructure.»

M. Louis précise que l’entreprise «finalise» l’entente avec la Ville de New York. Il ne peut encore avancer à quel moment ces livraisons seront effectuées. Mais déjà, on peut prévoir des retombées positives pour l’usine de Shawinigan, où travaillent présentement une quarantaine de personnes.

«Nous avons déjà annoncé un projet d’agrandissement», rappelle le vice-président. «Ça va consolider les plans. L’adoption des véhicules électriques n’est pas facile à prédire, mais ça aura assurément des retombées très positives pour Shawinigan.»

En janvier, le gouvernement du Québec annonçait une aide financière de 4,5 millions $ à AddÉnergie, dont le siège social est situé à Québec. Cette annonce laissait entrevoir la création de 130 emplois sur trois ans, dont une cinquantaine à Shawinigan, où la capacité de production devrait doubler.

«Nous sommes assez avancés, même si nous n’avons pas encore procédé à la première pelletée de terre», commente M. Louis. «C’est en gestation sur plusieurs mois. Le but est de procéder de manière ordonnée, selon le volume de ventes. Nous avons des prévisions, mais parfois, le résultat de certains dossiers, comme celui de New York, va pousser l’organisation.»

La croissance est donc directement liée à l’intérêt des consommateurs vers les véhicules électriques ou hybrides branchables. Les libéraux en visaient 100 000 sur les routes du Québec en 2020. Selon Le Soleil, la moitié de cet objectif n’est pas encore atteint. Le rabais de 5000 $ à l’achat de ces véhicules, annoncé par le gouvernement fédéral dans le dernier budget, pourrait cependant donner une nouvelle impulsion aux ventes.

«Le gouvernement peut avoir un objectif, mais il faut que l’infrastructure soit présente», fait remarquer M. Louis.

«L’autre aspect, c’est la disponibilité des véhicules. On s’aperçoit d’un changement de ce côté, au sens où il existe de plus en plus de véhicules qui satisfont les besoins des utilisateurs.»

Test montréalais

Il ne s’agit pas d’une première incursion de l’entreprise en sol américain. Depuis l’an dernier, elle fournit des bornes résidentielles à la suite d’une entente avec Green Mountain Power, au Vermont. Plus de 300 sont déjà installées. Cette entente a pavé la voie à celle à venir avec New York.

«Ça a été un apprentissage du marché américain, de la structure administrative à mettre en place», convient M. Louis. «Nous travaillons au Canada depuis plus de dix ans. Faire affaire aux États-Unis, où il existe des particularités régionales, ça a été une occasion de nous préparer au niveau organisationnel, pour des ventes à plus haut volume.»

D’ailleurs, le représentant fait remarquer que «plusieurs autres villes nord-américaines» s’intéressent aux bornes fabriquées par AddÉnergie. Bien que les perspectives de l’opportunité new-yorkaise fassent saliver, l’expérience de Montréal a constitué toute une carte de visite pour cette jeune entreprise. Environ 600 bornes de recharge y ont été installées depuis 2014, sur un objectif d’un millier. Le déploiement devrait être complété en 2021.

«Il existait très peu d’expertise semblable dans le monde», fait remarquer M. Louis. «Une fois que nous avons fait Montréal, ça nous a facilité la tâche pour New York, car nous avions appris à interagir avec une Ville et ses diverses parties prenantes.»