Pour souligner ses 30 ans, le Fonds LaPrade Saint-Maurice a réuni une centaine de personnes au DigiHub, mercredi en fin d’après-midi. Parmi elles, on comptait notamment Simon Charlebois (directeur général), France Brisson (présidente), Jacques Samson (ex-président), Paul Desaulniers (ex-président) et Laurent Richard (membre de l’un des premiers conseils d’administration, en 1989).

Une mauvaise nouvelle qui a bien tourné

Shawinigan — Une centaine de personnes se sont rassemblées au DigiHub de Shawinigan, mercredi en fin d’après-midi, pour trinquer au trentième anniversaire du Fonds de développement économique LaPrade, un organisme qui a traversé l’épreuve du temps en injectant 10,5 millions $ dans les entreprises de l’ancien comté fédéral de Saint-Maurice depuis 1987. Ce levier a entraîné des investissements de 23,4 millions $, en plus de contribuer à créer ou à maintenir 3500 emplois.

Des retombées enviables pour un fonds qui, au départ, était considéré comme un prix de consolation. Car à la fin des années 80, onze Fonds LaPrade avaient été créés dans la région pour compenser la décision du gouvernement fédéral, en 1978, de mettre un terme au projet d’usine d’eau lourde du même nom, dans le secteur Gentilly. Le Fonds LaPrade Saint-Maurice héritera de trois millions $ pour lancer ses activités.

«Notre fonds a prospéré et a servi d’effet de levier pour beaucoup de projets dans la région», fait remarquer Simon Charlebois, directeur général de l’organisme. «Nous avons investi plus de 10 millions $ directement dans les entreprises, mais aussi environ 12 millions $ en subventions que nous sommes allés chercher auprès de différents paliers gouvernementaux pour aider divers projets.»

Lors du point de presse organisé pour souligner cet anniversaire, quelques intervenants ont rappelé qu’à la fin des années 80, le Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice souhaitait se concentrer sur... la création et l’expansion de petites et moyennes entreprises!

«Nous avions perdu CIL, DuPont, Wabasso», rappelle Laurent Richard, qui avait remplacé Michel Matteau sur le conseil d’administration en 1989 comme représentant du milieu des affaires de Shawinigan. «Dans les usines, on parlait de fermeture, de rationalisation. Des leaders se sont levés!»

En 1997, le gouvernement fédéral décidait de remettre les fonds au milieu, rendant les organisations complètement autonomes. Parmi les onze fonds créés dix ans plus tôt, certains ont disparu, d’autres ont fusionné avec des organismes de développement économique. Après avoir survécu au démantèlement du Groupe Forces, le Fonds LaPrade Saint-Maurice est devenu un modèle unique en son genre dans le réseau. Il pouvait notamment se qualifier comme partenaire privé dans des projets requérant des aides gouvernementales.

«L’orientation stratégique qui a été prise à l’époque, de garder l’organisme intact et de travailler en partenariat avec la SADC Centre-de-la-Mauricie, a permis au Fonds LaPrade d’avoir accès, avec des moyens financiers limités, à des ressources humaines qualifiées et à jouer des rôles déterminants en multipliant l’effet de ses fonds», témoigne France Brisson, actuelle présidente du conseil d’administration.

Nombreuses initiatives

Après 30 ans, le Fonds LaPrade Saint-Maurice peut évidemment s’enorgueillir d’une impressionnante liste d’investissements, non seulement en entreprises, mais aussi dans des fonds spécifiques tels que le Fonds Soutien, Cycle C3E et V3 Venture. 

En terme de développement technologique, il a également été impliqué dans le lancement du Carrefour virtuel de la Mauricie, TGV Net Mauricie, le programme Régionalisation des affaires électroniques, les projets Apprentissage virtuel Centre-Mauricie et Techno@înés. 

Le Fonds LaPrade Saint-Maurice s’implique aussi dans le Comité de diversification et de développement économique de Shawinigan, créé à la suite de l’annonce de la fermeture de la Belgo en 2007. Il a également participé à l’embauche d’un délégué commercial en efficacité énergétique en 2010 et d’une ressource en accompagnement à la croissance des entreprises et à la réalisation d’études sur le potentiel de reconversion de l’ancienne papeterie Laurentide, en 2015.

«Le Fonds LaPrade est assez méconnu du grand public, mais pas des organismes de développement économique», souligne M. Charlebois. «Plusieurs fois par mois, on m’appelle de partout à travers le Québec pour s’inspirer de notre fonds.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers et le député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, se sont déplacés à cette célébration pour souligner l’implication de cet organisme dans le développement économique local. Notons également que le triathlète Pierre Lavoie s’est adressé aux invités en fin d’après-midi. Sa conférence portait sur le «pouvoir de l’engagement».