Francis Michaud et Paul Duchesneau, propriétaires d’Innova-tech inc, présentent leur gratte Denti.

Une invention latuquoise pour rouler la neige au lieu de la pousser

La Tuque — Deux entrepreneurs latuquois viennent de lancer une nouvelle gratte à neige, qui espère-t-on, pourrait révolutionner le marché. Francis Michaud et Paul Duchesneau souhaitent, avec leur produit 100 % québécois, améliorer de façon significative les performances des grattes à neige.

«On est fiers et pas à peu près. On a réussi même si ce n’est pas toujours évident. Il a fallu s’investir au maximum», lance Paul Duchesneau.

Sauver du temps, de l’argent et du carburant sont trois des principaux avantages du Denti, la nouvelle gratte à neige imaginée et construite par les deux Latuquois. Le principe: rouler la neige au lieu de la pousser.

En raison de la courbure et de l’angle du couteau, la résistance est donc à la baisse et la vitesse d’exécution à la hausse. Certaines composantes du Denti ont d’ailleurs été brevetées.

«C’est comme si on roulait un pneu au lieu de le pousser couché sur le côté, il y a donc une grosse différence d’énergie et de vitesse d’exécution de travail. La neige roule toute seule. Les pivots sont devant la gratte, c’est ce que l’on a breveté. Ça permet de faire une courbe», souligne Paul Duchesneau.

«Il y a 80 % d’oxygène dans la neige et 20 % de matière. Le fait de la rouler, ça casse les flocons et ça se compacte. Ce sont des particularités de plus. Il faut beaucoup moins d’essence aussi», ajoute-t-il.

Les deux entrepreneurs ont testé le produit l’hiver dernier et eux-mêmes ont été surpris par la réponse et l’efficacité.

«C’était toujours meilleur que ce qu’on pensait», assure M. Duchesneau.

On a jumelé deux équipements dans un pour sauver des coûts d’opération.

«Le quartier Bel-Air (à La Tuque) se gratte en 4 h ou 4 h 30 environ. Je l’ai gratté deux fois en 2 heures, 2 h 15. On n’a même pas poussé la machine. On a été surpris», note Francis Michaud.

Ce n’est pas les seules particularités de cette gratte. Les deux inventeurs ont inclus un peigne de déglaçage qui permet d’enlever la glace en laissant la surface rugueuse.

«C’est antidérapant et ça remplace le sable. Il faut le voir pour le croire», lance M. Michaud.

«C’est une solution pour l’avenir. Ça déglace sans avoir besoin d’autre machinerie pour le sable et le sel, c’est vraiment efficace», ajoute Paul Duchesneau.

Les deux «patenteux dans l’âme» travaillent d’arrache-pied depuis plusieurs mois pour mettre en place «la gratte à neige la plus performante de l’industrie».

«On a débuté avec le résultat qu’on voulait et on a tout fait pour s’y rendre. On avait en tête le produit fini et il fallait une solution pour se rendre là», souligne Paul Duchesneau.

On est d’ailleurs prêt à accueillir les commandes pour les grattes qui se vendront à prix très compétitifs, assurent-ils.

La Ville de La Tuque a d’ailleurs déjà démontré de l’intérêt pour cet équipement.

«On regarde la machinerie pour être encore plus performant l’an prochain […] On va probablement aller cet hiver vers l’achat et la démonstration d’une gratte inventée ici. On regarde la possibilité d’installer ça sur un de nos tracteurs. Cette gratte-là fait deux opérations. On va fortement recommander cet accessoire-là», a souligné le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

La liste des clients pourrait être longue pour Innova-tech puisque l’équipement est très mobile, du forestier au particulier. On n’a pas manqué de faire des tests de l’entrée privée aux chemins forestiers en passant par les rues du centre-ville, la piste cyclable et l’aéroport de La Tuque.

«C’est une gratte très polyvalente que ce soit pour une ruelle, du commercial, des rangs de campagne… On l’a testée en milieu forestier aussi et l’expérience a été concluante», indique Francis Michaud.

«On vise le marché des villes et le milieu militaire aussi. C’est un produit heavy duty. […] C’est un équipement très durable qui ne nécessite pas beaucoup d’entretien. C’est solide et construit avec du bon matériel. Ça va en prendre une à tout le monde», ajoute-t-il.

Cette gratte pourrait également être une solution dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. On estime que la gratte a beaucoup d’avantages pour l’entrepreneur, mais aussi pour les municipalités «qui pourraient sauver des coûts d’opération s’ils exigeaient le peigne».

«On a comparé avec les équipements de notre ville et on pense que ça peut sauver. Deux gars pourraient faire le travail de trois. […] S’il faut 9 heures au lieu de 12 par exemple, la machine est stationnée pendant 3 heures. Elle ne dépense pas et elle ne s’use pas. Quand tu en as 50, il y a un coût de rattaché à ça. Tu sauves trois heures par machine, mais tu sauves aussi sur le temps des mécaniciens, les changements d’huile, etc. Avec la pénurie de mécaniciens, ça peut paraître aussi», concluent les entrepreneurs.