Sur la photo: la jeune thanatologue Émilie Laverdure, Marie Eve Garneau, directrice aux opérations, Valérie Garneau, directrice aux finances et Lise Benoît, conseillère aux familles.

Une histoire de famille... et de filles!

SAINTE-ANNE-DE-LA-PÉRADE — Solidement implanté dans la région Chaudière-Appalaches et riche d’une histoire qui a jadis commencé en Mauricie, le Groupe Garneau thanatologue a récemment apporté d’importantes modifications à la Résidence funéraire Roland Hivon, acquise en 2013.

Cet investissement de plus de 80 000 $ de l’entreprise dirigée par les sœurs Valérie et Marie Eve Garneau s’inscrit dans une volonté des deux thanatologues devenues femmes d’affaires d’occuper encore plus de place dans la région où leur arrière-grand-père, Joseph Diogene Garneau, a pratiqué la carrière de thanatologue et fondé la résidence funéraire portant son nom dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières. L’établissement péradien fait d’ailleurs partie des trois que le Groupe Garneau a acquis en 2013 dans la région. L’entreprise est également propriétaire de la Résidence funéraire Châteaudun de Trois-Rivières et de la succursale de Sainte-Geneviève-de-Batiscan de la Résidence Roland Hivon. Cette dernière a d’ailleurs été rénovée au coût de 20 000 $ il y a quelques années. Ces acquisitions viennent s’ajouter à la dizaine d’autres établissements que possède le groupe sur la rive sud de Québec et en Beauce. Un complexe dont la construction nécessitera un investissement de six millions de dollars est d’ailleurs présentement en chantier à Lévis.

Concrètement, les améliorations apportées à la résidence de Sainte-Anne-de-la-Pérade touchent à la capacité d’accueil de l’endroit. Les membres des familles des défunts qui y seront exposés bénéficieront donc de plus d’espace pour se recueillir et recevoir les condoléances des visiteurs. L’embaumement et la crémation se feront par contre à Trois-Rivières, comme pour la résidence de Sainte-Geneviève-de-Batiscan.

«Notre père, Jean Garneau, a commencé sa carrière ici dans les années 1970. Nous voulons pouvoir offrir un service funéraire de qualité aux gens d’ici. C’est un retour aux sources pour le Groupe Garneau. Les investissements que nous faisons ont donc pour nous une symbolique particulière», indique Marie Eve Garneau, qui agit à titre de directrice aux opérations.

Les femmes à l’avant
Outre les deux dirigeantes du groupe, qui sont toujours appuyées par leur père dans leurs tâches, l’équipe œuvrant à la résidence nouvellement rénovée et à celle de Sainte-Geneviève-de-Batiscan est composée de deux autres femmes, soit Lise Benoît, conseillère aux familles, et Émilie Laverdure, une jeune thanatologue fraîchement diplômée qui commencera sa carrière sous peu. Elle est donc bien loin l’époque où cette industrie était presque exclusivement réservée aux hommes. Il semble d’ailleurs que les femmes occupent maintenant une place plus importante que leurs collègues masculins.

«Dans les générations de notre arrière-grand-père, de notre grand-père et de notre père, c’était des hommes. La première femme a d’ailleurs étudié en même temps que lui [leur père]. Il y en a donc une qui s’est glissée au travers. Dans notre génération, c’est le contraire. Il y a parfois un homme qui se glisse au travers», explique Marie Eve Garneau.

«Quand j’étudiais en 1995, nous étions 17 femmes et 7 hommes», ajoute sa sœur qui occupe les fonctions de directrice aux finances au sein du groupe.

Le fort contingentement de la formation, qui est exclusivement donnée au Collège de Rosemont à Montréal, la nécessité de faire preuve d’une grande empathie ainsi que l’aspect esthétique du métier favorisent les femmes selon les deux femmes d’affaires.

«En premier lieu, ce qui n’aide pas les hommes, c’est que ça prend des bonnes notes au secondaire pour entrer. Et malheureusement, c’est connu que les filles sont généralement un peu plus sérieuses à ce niveau», indique Valérie Garneau, sous l’œil approbateur d’Émilie Laverdure, qui indique qu’il y avait seulement trois hommes sur une cinquantaine de candidats dans sa promotion lorsqu’elle a commencé sa formation.

«J’ai toujours cru que le côté esthétique était important lorsque vient le temps de s’occuper des dépouilles. C’est certain qu’il y a des hommes qui sont très bons de ce côté-là, mais il y en a d’autres que mettre un rouge à lèvres et du vernis à ongles, ça ne marche pas. J’ai déjà vu des hommes qui sont venus me voir pour me demander si ça ‘‘matchait’’ ensemble», raconte Valérie Garneau. Elle précise que les thanatologues doivent également coiffer les dépouilles dans le cadre de leur travail.

La cinquième génération s’en vient
Tout comme sa mère et sa tante l’ont fait avant lui, le fils de l’aînée des deux sœurs Garneau, Raphaël, a décidé d’entreprendre le parcours académique afin de joindre l’entreprise familiale. Il commencera donc ses études au Collège de Rosemont à l’automne prochain. Une fois ses études complétées, il représentera la cinquième génération de la famille Garneau à devenir thanatologue.

«Il sera donc un des rares garçons», lance sa mère. Cette dernière tient cependant à préciser que tout comme son père l’avait fait, elle n’a jamais poussé son fils à suivre ses traces ainsi que celles de son père, qui est également thanatologue pour le Groupe Garceau.