Les propriétaires de la distillerie Mariana, Jonathan Couturier et Jean-Philippe Roussy.

Une forte croissance pour Mariana

LOUISEVILLE — Une absinthe, un amaretto, un deuxième gin et une boisson à la crème déjà en rupture de stock! Voilà les quatre produits lancés en 2018 par la distillerie Mariana et la décision de diversifier sa production a été payante pour l’équipe qui maintiendra la cadence en 2019 avec trois nouveaux produits.

Cette distillerie de Louiseville adopte une stratégie reconnue dans le domaine économique pour confirmer sa présence dans le marché des spiritueux et pour assurer sa longévité. Et la recette fonctionne: la production de 2018 approchera les 250 000 bouteilles. C’est trois fois plus qu’en 2017 (80 000 bouteilles) et huit fois plus qu’en 2016 (30 000 bouteilles).

«C’est une question de volume», analyse Jean-Philippe Roussy, copropriétaire de Mariana avec Jonathan Couturier. «C’est difficile d’avoir un volume de production avec un seul produit. Pour que tout le monde y trouve son compte, on a divergé de la stratégie classique qui est de mousser le produit progressivement. On mise plutôt sur l’image de la distillerie et sur notre dynamisme en tant qu’entreprise. On y va beaucoup par lancement de produits qui sont dans l’air du temps et de classiques qu’on réinvente.»

La concurrence dans le marché du gin et de la vodka, deux produits de Mariana, pousse cette dernière à innover. Elle a développé des produits de niche comme une absinthe (la Balzac) et aussi à y aller avec un produit de plus en plus populaire comme la boisson à la crème. Mariana vient à peine de lancer le Saint-Crème, une boisson à saveur de sucre à la crème. Le produit s’envole des tablettes de la Société des alcools du Québec qui est en rupture de stock depuis quelques jours. La situation devrait toutefois se replacer dès mardi avec la réception de quelque 10 000 bouteilles.

«On avait envoyé 1200 bouteilles de Saint-Crème et tout a été vendu la semaine dernière, en une semaine. Selon la SAQ, c’est un des plus gros succès. Dans une seule succursale de Trois-Rivières, 360 bouteilles ont été vendues mardi dernier. Les gens sont hystériques. Des gens de la Gaspésie étaient prêts à se déplacer à Louiseville vendredi pour acheter la crème à la distillerie. Je leur ai dit de ne pas faire ça et d’attendre à cette semaine!», ajoute Jonathan Couturier, qui avoue chercher la raison exacte de cette popularité, mais qui est bien content du succès.

«Canopée, notre premier gin, est encore notre produit fort. Sur les 250 000 bouteilles produites en 2018, le Canopée en représente 65 000. Mais Avril, notre amaretto, s’en vient en force et va peut-être le dépasser d’ici un an. On va en produire 55 000 en 2018. Et notre absinthe est la plus vendue à la SAQ, avec 500 bouteilles par mois», indique M. Roussy.

La stratégie de diversification a eu l’effet escompté sur la flambée de la croissance en 2018. Cette volonté de grandir a été accompagnée d’un bon investissement dans les équipements. Quelque 250 000 $ ont été consacrés à l’achat notamment d’un alambic, d’une étiqueteuse et d’une cuve.

Les deux promoteurs vont poursuivre sur leur élan en 2019. Sur les trois produits planifiés, on sait déjà qu’un rhum épicé noir au chocolat sortira en février. Ce produit sera sur les tablettes de la SAQ juste à temps pour profiter de la vague chocolatée associée à la fête de la Saint-Valentin.

Le lancement de ces produits devrait permettre à l’entreprise de continuer à accroître sa production. Les promoteurs visent à atteindre 350 000 bouteilles en 2019, même 400 000 bouteilles. Pour y parvenir, Mariana a besoin de deux employés de plus à son équipe actuelle de trois. Une personne sera affectée à la production, tandis qu’un employé prendra en charge la représentation.

Au hub agroalimentaire

Devant les prévisions de croissance, la direction de Mariana s’installera dans de nouveaux locaux en 2019. L’entreprise quittera l’incubateur industriel de la MRC de Maskinongé situé à Louiseville pour aménager dans le futur centre d’expertise en agroalimentaire, un projet également piloté par la MRC. «On a besoin d’espace. On va passer de 4000 pieds carrés à 8000 pieds carrés. Sur place, il y aura une boutique aménagée pour les gens qui pourront déguster les produits sur place», ajoute M. Roussy.

L’augmentation de l’espace disponible sera utile à la distillerie Mariana pour l’entreposage de ses barils de whisky. Ce produit demande plusieurs années de vieillissement. Mariana prévoit attendre minimalement jusqu’en 2020 avant de commercialiser son whisky.