De gauche à droite: Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, Charles-André Horth, président de Factora, Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Luc Pellerin, directeur général du Collège Laflèche, Louis Gendron, directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Catherine Parissier, vice-rectrice aux études et à la formation, Éric Milette, directeur général du Collège Shawinigan, Alexandre Ollive, directeur général de GROUPÉ, et Marie-Pier Matteau, présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail.

Une formation plus adaptée aux besoins des entreprises

Trois-Rivières — Plus de 80 acteurs des milieux entrepreneurial et de l’enseignement se sont rassemblés vendredi à l’Université du Québec à Trois-Rivières, pour s’attaquer au défi de la formation de la main-d’œuvre dans le secteur des technologies de l’information (TI). À l’issue de cette réflexion, plusieurs programmes offerts par des cégeps et l’université de la Mauricie devraient être revus, afin de mieux répondre aux besoins des entreprises.

Ces besoins seront grands dans les prochaines années, assurent ces intervenants. Un peu plus de 400 emplois ont été créés en Mauricie dans ce secteur en deux ans seulement et 800 autres seront créés au cours des trois prochaines années.

«Il y a des entreprises qui sont des utilisatrices de TI, comme le groupe Somavrac, qui a un département de TI et qui recherche de la main-d’œuvre qualifiée, illustre Alexandre Ollive, directeur général de GROUPÉ Mauricie + Rive-Sud, qui regroupe près de 400 entreprises de la région. Il y a des entreprises qui vendent des solutions et des services en TI et qui cherchent des programmeurs et des analystes dans différents domaines. C’est un écosystème très large et très riche.»

M. Ollive souligne par ailleurs que les entreprises de la région ont investi 42 millions $ dans ce secteur au cours des dernières années. Il souhaite même que la région devienne le troisième pôle en TI au Québec.

Formation revue

Une trentaine d’entreprises étaient invitées, vendredi, à présenter leurs besoins en ce qui concerne la formation de leur main-d’œuvre, qu’elle soit déjà embauchée ou non. L’UQTR, le Cégep de Trois-Rivières et le Collège Shawinigan tiendront compte de ces besoins pour ajuster les programmes qu’ils offrent à leurs étudiants, notamment en génie et en informatique. En plus de modifier la formation régulière, de la formation continue en fonction des besoins plus spécifiques des entreprises pourra également être offerte.

«Ce qu’on a essayé de faire, c’est de voir jusqu’à quel point une portion de besoins est commune aux entreprises, explique Daniel McMahon, recteur de l’UQTR. Les besoins communs, ce sera facile de les intégrer dans notre curriculum régulier et pour les besoins spécifiques, on peut faire de la formation ad hoc.»

M. McMahon a bon espoir qu’il sera possible d’ajuster les programmes existants en modifiant ou en remplaçant certains cours, sans avoir à créer de nouveaux programmes, ce qui serait plus long à faire, alors que le temps presse.

Le recteur de l’UQTR insiste également sur l’importance de créer des «passerelles» entre les différentes institutions d’enseignement postsecondaire de la région, c’est-à-dire de faciliter la reconnaissance d’acquis pour les diplômés qui souhaiteront retourner aux études pour parfaire leur formation ou pour se réorienter.

«Il y a des types d’emplois qui demandent une formation technique et d’autres, universitaire, précise-t-il. Il est important de se parler pour faciliter les passerelles d’un programme à l’autre, parce qu’un jeune qui démarre dans un type d’emploi va probablement, au cours de sa carrière, vouloir améliorer sa situation (en retournant aux études).»

Pénurie de main-d’œuvre

Aussi prometteur que soit le secteur des TI, il n’échappera pas à la pénurie de main-d’œuvre qui inquiète le milieu des affaires et le gouvernement du Québec depuis plusieurs années. Les établissements d’enseignement font également face à ce défi, qui devient double: attirer des étudiants dans la région et les convaincre de rester une fois leur formation terminée. Le directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Louis Gendron, croit que les entreprises ont un rôle à jouer pour développer ce pouvoir d’attraction et de rétention.

«Il faut que les entreprises soient plus présentes dans nos institutions, soutient-il. Au Cégep, les employeurs viennent rencontrer les diplômés à leur graduation. On leur a dit d’arrêter de faire ça et de venir, plutôt, aux journées portes ouvertes.»

L’exemple du Collège Shawinigan semble d’ailleurs prometteur dans cette logique d’attraction. Selon son directeur général, Éric Milette, le nombre d’inscriptions dans les programmes reliés aux TI a augmenté de façon significative au cours des dernières années, phénomène qu’il attribue au développement du DigiHub.

«On a beaucoup d’étudiants qui viennent d’un peu partout dans le monde pour se former ici, ajoute-t-il. C’est une bonne nouvelle, parce que beaucoup d’entre eux choisissent ensuite un emploi dans la région et s’y installent pour de bon.»

La journée de vendredi était planifiée depuis plus d’un an. Pour les partenaires qui l’ont organisée, soit GROUPÉ et l’UQTR, avec le soutien du Conseil régional des partenaires du marché du travail, elle était l’aboutissement de deux ans de travail.