Le taux de chômage a diminué de 0,1 point à Trois-Rivières en juillet, pour se situer à 5,6 pour cent, contre 6,4 pour cent il y a un an.

Une faible baisse du taux de chômage à 5,6 % pour Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — En juillet, le taux de chômage a diminué de 0,1 point à Trois-Rivières, pour se situer à 5,6 pour cent, contre 6,4 pour cent il y a un an. Et le taux de chômage régional s’est aussi détérioré, se chiffrant à 5,8 pour cent le mois dernier, soit un point de plus qu’en juillet 2018.

«La Mauricie s’accommode toujours d’un taux d’activité inférieur à la moyenne provinciale, soit 55,9 % contre 64,7 %, ce qui signifie que, toutes proportions gardées, la population régionale participe moins au marché du travail régional que ce qui prévaut à l’échelle du Québec», fait remarquer l’économiste régional indépendant, Jules Bergeron. Dans l’agglomération trifluvienne, le résultat est meilleur, avec 60,3 pour cent.

Selon lui, les données de juillet 2019 demeurent relativement intéressantes pour le marché du travail mauricien et ce, même si on note un recul de l’emploi total par rapport au mois de juin 2019 (1900 postes ou 1,6 %). Par rapport à juillet 2018, la chute est plus marquée avec 2500 emplois de moins, pour une diminution de 2,1%.

«Le panorama demeure intéressant dans la mesure où des secteurs d’activité économique sont en progression, tout en signalant des pénuries de main-d’oeuvre constantes et tenaces», observe-t-il.

À son avis, cette conjoncture de l’emploi mauricien résulte d’un repli des personnes travaillant à temps plein de l’ordre de 3,6 % par rapport à juillet 2018, soit 3400 emplois de moins, alors que l’effectif à temps partiel a progressé de 1100 ou 3,9 % lors de la même période. Et la population activité a connu une baisse de 1,1 % en un an.

«Il faut noter aussi qu’avec 7300 personnes sans travail et officiellement à la recherche d’un travail, la Mauricie demeure aux prises avec un nombre relativement élevé de chômeurs et de chômeuses. De plus, les gens en chômage dans la région voient leur nombre s’accroître de manière constante depuis mai 2019 alors qu’auparavant, la baisse était quasi constante», poursuit M. Bergeron.

Au chapitre des secteurs d’activité, le spécialiste soulève le retard de l’agriculture qui n’atteindra vraisemblablement pas son niveau d’emploi de 2018. Pour sa part, la construction fonctionne rondement, dit-il, mais à un effectif moindre qu’à la même période l’an dernier.

«Néanmoins, l’emploi est en progression constante dans le secteur de la fabrication et ce, au moins depuis juillet 2018 alors que c’est l’inverse qui se constate dans le commerce. L’accroissement de l’emploi est constant au sein de la santé et des services sociaux tandis que les activités reliées au tourisme sont génératrices de nouveaux emplois, à commencer par l’hébergement et la restauration», poursuit-il.

Selon les chiffres publiés vendredi par Statistique Canada, la croissance des salaires s’est accélérée en juillet pour atteindre son rythme le plus rapide depuis plus de dix ans.

Cette hausse mensuelle de 4,5 pour cent - la plus forte depuis janvier 2009 - a toutefois eu des conséquences moins positives: le taux de chômage a grimpé à 5,7 pour cent alors que 24 200 emplois ont été perdus au pays.

L’augmentation des salaires, l’un des nombreux indicateurs étudiés par la Banque du Canada, avait été de 3,8 pour cent en juin et de 2,8 pour cent en mai. Au Québec, la croissance s’est établie à 6,2 pour cent le mois dernier, alors qu’en Ontario, la progression a été de 5,1 pour cent.

En ce qui a trait à la création d’emplois, l’économie a connu son trimestre le plus faible depuis le début de 2018. Jusqu’à la pause printanière, le Canada avait enregistré une belle progression de l’emploi mensuel depuis l’été dernier.

Mais en dépit de la baisse enregistrée en juillet par rapport à l’année précédente, les données signalent la création de 353 000 nouveaux postes au Canada, presque tous à temps plein, ce qui représente une augmentation encourageante de 1,9 pour cent.

Le taux de chômage de juillet est resté près des niveaux les plus bas jamais atteints, même après avoir légèrement augmenté, passant de 5,5 pour cent en juin à 5,7 pour cent. Le taux de chômage était de 5,4 pour cent en mai, - un creux depuis 1976.

Stephen Brown, économiste principal pour le Canada chez Capital Economics, a estimé que les données entourant les salaires suggèrent qu’elles sont enfin en train de s’ajuster au marché du travail, où le bassin de main-d’oeuvre est de moins en moins grand.

M. Brown a estimé qu’en dépit de données plus vigoureuses sur les salaires, la Banque du Canada devra probablement s’attaquer à quelque chose de beaucoup plus important dans les mois à venir: la détérioration de l’environnement économique mondial.

«Vous constatez que le marché du travail est solide, mais nous savons que la situation se détériore ailleurs dans le monde, a-t-il déclaré, au cours d’une entrevue. Les décideurs politiques doivent donc y réfléchir.»

M. Brown a ajouté que Capital Economics fait partie de la minorité des firmes qui prévoient que la banque centrale réduira les taux d’intérêt en octobre afin de réagir aux retombées de l’escalade des tensions commerciales et de la baisse de la demande provenant des États-Unis.

De son côté, l’économiste principale à la Banque TD Brian DePratto a écrit, dans un rapport publié vendredi, que la «Banque du Canada était coincée entre deux tendances opposées: une conjoncture économique intérieure relativement saine et un contexte extérieur qui se dégrade de plus en plus».

Les données sur l’emploi en juillet ont également révélé la perte de 69 300 emplois dans le secteur privé, alors que le secteur public a ajouté 17 500 postes. Au Québec, le taux de chômage est resté stable à 4,9 pour cent.

Avec La Presse canadienne