Le CAFE féminin prépare sa deuxième saison au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan.  Jacinthe Dumaine, participante l'an dernier, accompagne les deux initiatrices du service, les soeurs Lise et Ginette Dubuc.

Une deuxième saison pour le CAFE féminin

Après une première année concluante, le Centre d'apprentissage et de formation en entrepreneuriat féminin lance une deuxième cohorte à compter du mardi 3 octobre, à Shawinigan. Une fois de plus, les soeurs Lise et Ginette Dubuc souhaitent prendre sous leur aile une dizaine de femmes pour les accompagner vers un projet d'entreprise.
Les activités se déroulent au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, où le CAFE féminin est établi depuis l'an dernier. En 2016-2017, dix femmes ont traversé ce parcours de développement de compétences personnelles et cognitives et de profil entrepreneurial. Au bout de 30 semaines, deux entreprises ont été formées. Il s'agit de C'pratik, qui utilisait des morceaux de bois recyclés pour concevoir des sèche-bottes et des sèche-mitaines, de même que Fabrik d'occasion, spécialisée dans le recyclage de tissu.
«Ça a été beaucoup de travail, mais ce fut très enrichissant», résume Lise Dubuc, présidente de l'organisme à but non lucratif qui relevait un double défi pour cette première année, soit celui de se lancer en affaires tout en formant des aspirantes entrepreneures.
«Le but est d'aider les femmes qui ont de la difficulté à trouver leur place dans la société, en créant leur entreprise ou en les aidant à entreprendre quelque chose de significatif», précise Ginette Dubuc, vice-présidente du CAFE féminin.
L'organisme ne vise pas tant la pérennité des projets mis de l'avant que l'épanouissement des femmes qui, souvent, ont manqué de modèles pour avoir l'audace de se lancer en affaires. Malgré les progrès enregistrés sur le marché du travail, les moules demeurent tenaces.
«Les femmes n'ont pas eu autant de possibilités que les hommes dans la société», rappelle Ginette Dubuc. «Elles élèvent les enfants, s'occupent de leurs parents. Elles se retrouvent souvent en situation d'aide.»
«Le monde des affaires, on a encore l'impression que c'est un monde d'hommes», confirme Jacinthe Dumaine, un produit de cette première cohorte qui veut utiliser son bagage pour créer une entreprise d'économie sociale dont l'objectif consistera à venir en aide aux enfants diagnostiqués avec un trouble d'apprentissage ou de comportement.
«Quand j'ai pris connaissance de l'existence de cette formation, je me suis sentie interpellée en tant que femme. Ça a été une belle opportunité de développer mon potentiel et ma confiance». Pourtant, elle n'était pas dépourvue au plan de la formation, avec un baccalauréat en administration des affaires et des cours de maîtrise en ingénierie. Mais elle se sentait trop loin du monde de l'entrepreneuriat pour oser s'y aventurer.
«On partait de rien», se remémore Mme Dumaine à propos du projet C'pratik. «Où va-t-on chercher notre bois? Quels sont les besoins du marché? Quels sont les points forts dans notre équipe? À travers ça, on se rend compte qu'on n'est pas les seules au monde à rencontrer des difficultés. En entrepreneuriat, on entend plus souvent parler des bons coups que des mauvais...»
Six des dix femmes inscrites lors de la première cohorte ont entrepris l'élaboration d'un plan d'affaires pour éventuellement lancer leur entreprise.
Financement
Le CAFE féminin devait également surmonter l'obstacle toujours présent du financement pour une entreprise en économie sociale. Des contributions du Fonds RTA et du Fonds de développement des territoires ont permis le lancement, mais les démarches doivent être reprises. L'organisation d'un casino comme activité de financement, le 18 février, a siphonné beaucoup d'énergie aux deux partenaires pour des résultats plutôt tièdes, mais la soirée aura au moins permis de faire connaître la ressource et d'établir des contacts. Trop souvent, l'isolement des femmes les prive justement des fameux réseaux d'influence qui peuvent les aider à prendre leur envol.
Un nouveau programme d'aide gouvernemental pourrait donner un sérieux coup de pouce à l'organisme cette année, mais la confirmation d'une subvention n'est pas encore tombée.
«On vit dans un monde dans lequel s'il n'y a pas d'argent au bout d'un projet, ce n'est pas intéressant», se désole la présidente.
«Il existe plein d'études qui portent sur les retombées de l'économie sociale, sur les milliards de dollars que ça rapporte», renchérit Ginette Dubuc. «Malgré cela, ça reste très difficile d'avoir des appuis.»
Ces écueils n'empêchent pas les deux soeurs de poursuivre le projet. Cette année, elles ont décidé de faire passer de 35 à 30 ans et plus l'âge admissible pour la formation et l'accompagnement en entrepreneuriat. Elles ont déjà reçu cinq inscriptions, mais souhaitent au moins doubler ce nombre pour le lancement de la nouvelle cohorte. Emploi Québec et le Service d'éducation des adultes de la Commission scolaire de l'Énergie réfèrent des candidates au CAFE féminin.
Une porte ouverte est prévue le 27 septembre à compter de 13 h, au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan, pour présenter l'environnement et expliquer le concept.