Josée Villemure porte un bandeau à boutons qui sert à tenir un masque utilisé par les travailleurs du domaine de la santé et tient un masque artisanal.
Josée Villemure porte un bandeau à boutons qui sert à tenir un masque utilisé par les travailleurs du domaine de la santé et tient un masque artisanal.

Une demande florissante pour les masques et les bandeaux

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — La demande florissante pour des masques et des bandeaux comme point d’ancrage aux masques incite plusieurs entreprises de la Mauricie à ajuster leur offre ou à développer ce créneau durant cette pandémie de coronavirus.

Propriétaire de l’entreprise de fabrication de vêtements Fait par une maman, Josée Villemure utilise les retailles de ses créations pour fabriquer des bandeaux. Munis de boutons de chaque côté de la tête, ces bandeaux servent à fixer le masque tout en soulageant l’arrière des oreilles des professionnels de la santé.

La confection de ces bandeaux a commencé en début de semaine et la demande est forte, témoigne la femme d’affaires de Shawinigan.

«On va produire au moins 1000 bandeaux. Je reçois tellement de messages, des gens ont besoin de 50 bandeaux. On devrait en faire pendant une couple de semaines!»

Mme Villemure reçoit l’appui bénévole de son équipe mise en arrêt de travail temporaire en raison de la période de confinement, car elle donne les bandeaux aux travailleurs en centre hospitalier et en CHSLD. «Mon projet ne coûte presque rien. J’utilise mes retailles, tout le monde participe à ça. Ça prend du temps et des volontaires. Et j’en ai! Le but est de faire notre part dans un moment difficile. J’ai des amies qui sont infirmières. Elles font plein d’heures supplémentaires. Ça vient me chercher. C’est notre bénévolat de l’année», raconte celle qui remercie Tissus Berthiaume du secteur Grand-Mère pour sa contribution au projet.

Fait par une maman va aussi produire des masques artisanaux qui peuvent être utilisés notamment par les travailleurs de résidences pour aînés. L’entreprise commence par une production de 1000 masques qu’elle vendra au prix coûtant.

La boutique Rien ne se perd, tout se crée est en territoire connu quand on parle de bandeaux. L’entreprise de Saint-Sévère existe depuis 17 ans et fabrique ce produit depuis au moins 16 ans. Depuis un peu plus d’une semaine, la compagnie de Marie-Claude Trempe et d’Évelyne Gélinas s’adapte à la demande de clientes qui veulent des bandeaux avec des boutons pour y fixer leur masque de protection. L’atelier de création de vêtements et d’accessoires vient d’ajouter la confection de masques. Le produit trouve preneur. La compagnie a vendu cette semaine 1500 masques et plus de 400 bandeaux à la population en général, incluant les enfants.

«C’est vraiment la folie, note Mme Trempe. On est tellement débordées. On a cinq couturières qui travaillent de leur maison, une ici avec nous. Le téléphone ne dérougit pas.»

Marie-Claude Trempe et Évelyne Gélinas, propriétaires de l’atelier Rien ne se perd, tout se crée de Saint-Sévère.

Mme Trempe confie que la direction de la compagnie réfléchissait depuis un certain temps à fabriquer des masques. Les avis partagés concernant le port d’un tel équipement avaient retardé la production de ce produit jusqu’à samedi, alors que Mme Trempe a entendu les commentaires d’une personne spécialiste en épidémiologie qui recommandait le port du masque comme moyen supplémentaire de contrôler la propagation du coronavirus. «On a 70 points de vente au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et la plupart sont fermés. Le seul revenu est la boutique en ligne qui est bien organisée. Depuis la crise, il y a un bon mouvement pour l’achat local. Pour nous, c’est une bonne occasion d’affaires. Si on n’a pas de saison touristique cette année, il faut prendre tout ce qui passe. On travaille très fort et on ne se plaint pas!», ajoute Mme Trempe, en soulignant qu’un dollar est remis à la division québécoise du Club des petits déjeuners pour chaque vente d’un masque et d’un bandeau à boutons.

À Trois-Rivières, la compagnie Rafal & co vendait elle aussi des bandeaux. Nancy Lemyre répond à la demande de sa clientèle et ajoute maintenant des boutons aux bandeaux commandés à cette fin.

«Ma cousine travaille dans le domaine de la santé et c’est désagréable pour les oreilles de porter un masque. Depuis cette semaine, j’ai vendu près de 200 bandeaux et les commandes continuent d’entrer. Tant que la demande sera là, on va s’adapter», mentionne la propriétaire de cette entreprise qui fabrique des vêtements et des accessoires.

Mme Lemyre est consciente que cette demande sera temporaire, mais cette croissance arrive à point nommé durant une crise où des consommateurs ont moins d’argent et passent moins de commandes.

«On n’a pas le choix de s’adapter dans ce moment de crise. Pour l’entreprise, c’est une bonne affaire. Je suis chanceuse. J’ai une belle clientèle. Avec ce besoin, j’ai de nouvelles clientes. J’espère que cette clientèle va continuer de commander.»

Forcée de ranger ses ciseaux de coiffeuse, Marie Andrée Thibault s’est lancée dans la confection de masques. La femme d’affaires de Sainte-Anne-de-la-Pérade avait d’abord fabriqué un masque pour son usage personnel à son commerce avant l’imposition de la fermeture par le gouvernement. Ses clientes trouvaient que c’était une bonne idée. Elle a décidé d’y aller à fond dans la production de cet équipement. «J’ai fait presque 500 masques et je les vends par Facebook, par téléphone. Les petites familles achètent mes masques. C’est un masque rassurant.»

Fabriqué de coton, le masque lavable peut être muni d’une bande protectrice de type protège-dessous. La bande adhésive et aseptisée permet d’offrir un niveau d’imperméabilité au masque. Après usage, on jette la bande protectrice et on en installe une autre sur le masque qui peut s’utiliser sans bande.

«Je passe mes journées à faire ça. J’ai de belles couleurs. Je voulais que ce soit joyeux dans ce temps plate!»

Marie Andrée Thibault a l’intention de reprendre son métier lorsque le gouvernement lèvera la période de confinement. Mais elle n’hésitera pas à continuer de fabriquer des masques, à un rythme moindre, si la demande continue.